‹ Recueil général des sottiesChapitre 11 sur 91 · Éd. Jannet, t. I, p. 224; éd. GuiftVcy, t. IH, p · texte numérisé non relu

Éd. Jannet, t. I, p. 224; éd. GuiftVcy, t. IH, p

INTRODUCTION

Lorsque les poètes de la Pléiade renouvelèrent le théâtre français, composèrent des tragédies et des comédies imitées des Grecs et des Latins, il semblait que la sottie devait être irrévocablement proscrite; mais les facéties des sots avaient si bien

Sots habillés à la mode de 1670 (environ).

le don d'exciter les rires des spectateurs qu'elles conservèrent leur vogue. Au commencement du xvii« siècle, la Confrérie des Sots était toujours en fonctions au milieu de Paris^ à l'Hôtel de Bourgogne. Elle avait alors pour « prince » Nicolas Joubert, sieur d'Angoulevent, qui eut, en i6o3, une

INTRODUCTION XXI

violente querelle avec un autre comédien, 1' «archipoète des Pois pillez ' ». Ce n'est pas ici le lieu de faire l'histoire d'Angoulevent, ni de la confrérie des sots parisiens; notre érudit collègue, M. Emile Roy, nous la donnera sans doute prochainement.

En i6i6, la sottie n'avait pas disparu de l'Hôtel de Bourgogne. Une facétie du Pont-Neuf, intitulée : Le Réveil du Chat qui dort,pa7- la cognoissance de la perte du pucelage de la plusparl des chambrières de Paris ^, se termine par un « coq à Tasne », à la fin duquel on lit :

Allons vistement, car je craint [51c] Qu'on nous face quelque vergogne; Desjà, dans l'Hostel de Bourgogne, Les maistres foux sont habillez Pour faire veoir les ]pois pille^.

En 1623, Malherbe parle encore, comme d'une chose courante, des sotties jouées à l'Hôtel de Bourgogne '-.

Les sots parisiens, comme les confrères de la Passion, ne furent dépossédés qu'à la suite du célèbre procès de i632. Dans les provinces, la sottie se maintint jusqu'à la même époque, soit sur le théâtre, soit même dans les rues, pendant les fêtes du carnaval. Les Depis des suppost^ du Seigneur de la Coquille, que les imprimeurs lyonnais récitaient encore dans les carrefours, au commence-

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