‹ Recueil général des sottiesChapitre 12 sur 91 · Fournier, Variétés histor. etlittér., t . VIII, p. 8i · texte numérisé non relu

Fournier, Variétés histor. etlittér., t . VIII, p. 8i

2. A Paris, jouxte la coppie imprimée par Pierre Le Roux, 1616, in-8" de 16 pp.

?. Voy. le passage cité ci-dessus, p. v, en note.

XXII INTRODUCTION

ment du xvii' siècle, les dialogues facétieux que débitaient les soldats de VInfanterie dijonnoise, par exemple le Réveil de Bon Temps, composé en 1623, sont de véritables sotties.

On a vu ci-dessus la reproduction de trois dessins, choisis entre un très grand nombre de pièces du même genre, qui nous montrent des exercices de sots exécutés sous le règne de Louis XIV.

La sottie est un genre dramatique tout français, et qui paraît n'avoir eu que peu d'influence sur les théâtres étrangers. Son nom même [sotternié) a passé dans la littérature néerlandaise ; mais, au lieu de désigner une parade précédant la représentation», il s'applique à une farce jouée à la fin du spectacle. Ce point, déjà évident pour tous ceux qui connaissaient les sotteniien publiées par Hoffmann von Fallersleben ' et réimprimées par Van Vloten ' et parMoltzer -\ a été mis en lumière par M. Stecher'\

Le sens de « farce » donné par les Néerlandais au mot sotternié paraît avoir influé sur la signification du mot sottie dans la Flandre française ellemême. M. Stecher en cite un exemple curieux dans une relation écrite au xvi*^ siècle par un auteur artésien : « Près de Tolède, au premier mav », ra-

1. Horae belgicae ; Pars sexta; — Altniederlaendische Schaiibilhne ; Breslau, i838, in-S".

2. Het nederlandsche Khichtspel van de vecvtiende tôt de achttiende eemv ; Haarlem, 1854, pet. in-8".

3. De middelnederlandsche dramatiscite Poésie : Groningcn, 1875, in-8«.

4. La Sottie française et la Sotternié flamande; Bruxelles, 1877, in-8°, extr. des Bulletins de V Académie royale de Belgique, 2* sér., t. XLHI. n" 4.

INTRODUCTION XXIII

conte dom Jean Sarrazin, abbé de Saint-Vaast, « nos voyageurs prirent plaisir à une solde commune à beaucoup d'autres lieux. Ayant accoustré quelques filles richement pour en faire des juaj'as, qu'ils appellent, lesquelles tirent par les rues une longue traînée d'autres filles, à la façon des reignes que Ton contrefaict aultre part '... ».

M. Stecher a cru trouver ailleurs que dans la sotternie l'équivalent de la sottie française. « On le rencontre, dit-il, dans une des catégories des programmes [Charte de?' Rethorijcken) du célèbre « lantjuweel » et « haechspel », qui coûta tant de florins à la ville d'Anvers en i56i. Ce qui y correspond à un jeu de sots se nomme /ac//e ou sotte factie. »

Le « facteur » est le nom donné au poète attitré des chambres de rhétorique, et ce mot est souvent employé dans nos auteurs du xv= siècle et du commencement du xvi« pour désigner un poète en général ^; une « factie » doit donc être une œuvre poétique quelconque. M. Stecher pense que, pour arriver au sens de « sottie, le néerlandais/ac^/e a dû subir l'influence du français « farce ». Il y aurait eu ainsi dans la Flandre flamingante une interversion du sens spécial attribué aux deux expressions par les Français. Nous avouons que cette hypothèse nous paraît inutile. On à\sd.ix factie par abréviation pour sotte factie; les deux mots se trouvent réunis dans le paragraphe du programme où il estrecom-

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