Pièces inédites publiées par l'Académie d'Arras, p
2. Cf., par exemple, la Louange des plus excellents facteurs de ce temps de P. Crognet, ap. Montaiglon, Recueil, t. VII, p. 5.
XXIV INTRODUCTION
mandé aux sots de n'employer que des paroles décentes '.
M. Stecher cite à l'appui de sa thèse YAhen- Factie (Sottie des Elfes), représentée au concours d'Anvers par la chambre de rhétorique de Bois-le- Duc". Cette pièce, qui ne compte que i86 vers, ressemble fort à une sottie; mais nous devons dire que presque toutes les factien contenues dans le recueil de Silvius sont des farces, ayant la forme d'une moralité facétieuse, et non celle de la sottie. De plus \a. factie terminait la représentation au lieu de la commencer. On voit par le programme des fêtes d'Anvers que les pièces jouées par les chambres de rhétorique se succédaient dans Tordre suivant : prologhe, esbatement, spel van simien (moralité), factie. Cette dernière composition, à la suite de laquelle les acteurs faisaient entendre une « sotte chanson » {factie liedeken), correspondait, en réalité, à la. sotteîviie, ou, plutôt, sotte factie et sotternie étaient deux expressions synonymes. Si \ Alveii-Factie se rapproche d'une sottie française, cette ressemblance, à notre avis du moins, n'est pas due aux r'.gles du genre, mais à un caprice des rhétoriciens de Bois-le-Duc.
2. Spelen van sinne vol scoone moralisacien... ghespeelt. . . binnen der Stadt van Antwerpen (Antwerpen, Willem Silvius, i562, in-4), I. fol. B f è.
2. Spelen van sinne, i562, I, fol. Xiiij. Les personnages sont : Den Patroon vanden Alven, Alvinne, Peerken van Mal, Macs van Keyendael, Heyn van Sotteghem, Groote Laudate, Lijs Roomclosse, Jonckvrou Dante, Vrou Schieloose. Les noms grotesques des sots sont analogues à ceux qui figurent dans la sottie de Gringore (n" X).
INTRODUCTION XXV
La fête des fous fut célébrée en Angleterre, comme en France, pendant tout le moyen âge; elle ne fut même interdite que sous le règne de Henri VII'. Les fous pénétrèrent sur le théâtre anglais, soit pour y remplir le rôle de héraut ou prologueur ^ soit pour y personnifier les vices •". Lorsque les auteurs de la fin du xvp siècle essayèrent d'écrire des comédies régulières, ils laissèrent encore une large place aux improvisations des clowns ^; mais, malgré le goût du public pour les intermèdes bouffons, nous ne connaissons en Angleterre aucune pièce qui puisse être rapprochée de la sottie.
Le nom de sotelty fut cependant appliqué à certains divertissements donnés par des ménestrels dans les maisons particulières. Les corporations de Coventry, par exemple, se réunissaient dans des banquets que des chanteurs ou des acteurs ambulants venaient égayer par des sotelties. Un compte de l'année ibib, cité par M. Sharp ^ nous fournit à cet égard de précieuses indications :
ItemTp^yQÔi ïorÛiQ sotelty on Candelmase daye vj s. viijd.
1. W. Hone, Ancient Mysteries described ; London, 1823, in-8, p. 199.