I. — FRAGMENT D UNE SOTTIE
copiste maladroit ; mais la mention du pont Saint- Esprit (v. 62) s'expliquerait mal dans la bouche d'un homme du nord. Le volume contient une ballade composée par Jayme Oliou, puis une moralité et diverses chansons recueillies, sinon composées, par le même personnage. Bien que notre sottie soit écrite d'une autre main, il n'y a pas de raison sérieuse pour lui attribuer une autre origine qu'aux pièces réunies dans le volume.
Le I®'" f. du manuscrit, qui a été lacéré, contient au r° un grossier dessin représentant un sot ou un fou. Oliou y a Joint le nom de « Jaquemart, bon compagnon », sous lequel il était peut-être connu comme joueur de farces. Au-dessous est sa signature latine : Olivi Jacobus (voy. la reproduction ci-contre).
Nous ne pouvons rien dire du plan général de la sottie ; le morceau qui nous en a été conservé nous montre seulement un personnage (le premier sot) aux prises avec deux autres acteurs (le second et le tiers) qui lui demandent l'aumône. Chacun des deux mendiants fait valoir les infirmités, le dénuement, les voyages, qui doivent lui permettre d'implorer la charité publique ; mais, chaque fois, le premier badin écarte la prière du mendiant par quelque réponse plaisante. Ces réponses sont tout à fait analogues à celles que fait le roi d'Angleterre au jongleur d'Ely dans une des rédactions de La Riote du Monde \ M. Gaston Paris a bien voulu attirer notre attention sur le rapport qui existe entre les deux compositions.
I. Zeitschrift fur romanische Philologie^ VIII (1884), p. 275. Cf. XXIV (igoo), pp. 117-120.
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