La pluie détrempa, inonda
5. Le faible roi Henri VI avait accepté (3i octobre 1460) le duc d'York pour son successeur, au détriment de son propre fils ; mais la reine Marguerite d'Anjou refusa d'accepter le com-
Le Premier A sept francz et demy le porc, Combien seroit ce la vessie? 170
Le Second Bé! qui va aux champs et ne chie, Il ne fait pas ung gros estront.
Le Tiers Or, par saint Jacque, n'a plus ront ' En tout mon ostel que une bille.
Le Premier Je m'estore d'une faucille 175
Voulentiers dès la septembresse \
Le Second En trestout le pays de Bresse Il n'y a pas une montaine.
Le Tiers Fol. Av Point ne fault a gens qui ont taigne
Jou^r a tirer chapperon. 180
170 c Combien esse la vecye et le sains. Ce vers rime avec dessains (v. 327). Dans cette éditioriy notre vers i-jo se retrouve une seconde fois pour la rime, mais sans aucune raison, entre le vers 325 et le vers 171 :
Oncques cheual ne fut charme
combien cecoit [sic] ce la vecie.
promis imaginé par les lords, et continua la lutte contre l'usurpateur. Celui-ci, qui s'était enfermé dans le château de Sandal, près de Wakefield, se crut assez fort pour en sortir; il fut défait et tué (3o décembre 1460). Comme le remarquent MM. de Montaiglonet de Rothschild, le triomphe tout récent de la reine Marguerite, fille de René d'Anjou, était de nature à toucher en France le cœur des Normands — 180 c e/louer a chapperon tirer. Après ce vers viennent nos vers 239-266.
1 . Jeu de mots sur la monnaie qui est ronde. Rond avec le sens de « sou » n'est pas une locution moderne; il est cité par Cotgrave.
2. Je m'arme volontiers d'une faucille quand la moisson est faite.
8o III. — LES MENUS PROPOS
Le Premier Il fut bien fondé a raison Le droit de la Porte Baudaiz '.
Le Second.
C'est ung propre lieu pour Vauldaiz Que le chastel de Moliniaulx \
Le Tiers Qui vouldroit avoir bons cousteaulx, i85
Il fault droit aller a Saint Lo ^
Le Premier C'est bonne ville, Je m'en lo, Que celle de Constantinoble.
i8i a II fit. — c e/en raison. — i83/. prope. — 184 e Moulineaux — 186 a b c e f fault droit — 188 c Costentin noble.
1. M. Gaston Paris {Revue critique, 1877, I, p. 5o) a consacré une note à cet ancien proverbe parisien, dont la moitié seule nous est restée. « Les battus paieront l'amende, c'est le droit de la porte Baudais, » telle est la locution complète, fréquente aux xv et XVI' siècles, et dont le plus ancien exemple cité jusqu'ici se trouve dans le Dit des Mais, composé vers i320 par Gieffroy de Paris : « Qui batus est l'amende, c'est le droit de la porte Baudoier » (Jubinal, Contes, etc., I, p. 187). Le Roux de Lincy [Livre des proverbes, 2' éd., I, p. 3 12) cite un autre dicton sur la même porte : « Plus commun que la porte Baudet ». Laporte Baudais, ou Baudoyer était un reste de l'enceinte qui environnait Paris avant Philippe-Auguste. Elle était située sur la place actuelle de ce nom, à l'extrémité de la rue du Monceau-Saint- Germain, confondu maintenant avec la rue Saint-Antoine.
2. Les Moulineaux sont situés sur la rive gauche de la Seine, à i6kil. au-dessous de Rouen. Là s'élevait un château souvent cité au xiv° siècle, et qui fut notamment occupé par les Navarrais en 1364. Le château fut démantelé, mais il resta des ruines qui avaient sans doute une mauvaise réputation; aussi le lieu étaitil un refuge convenable pour des hérétiques. Nous avons déjà vu dans la première de nos sotties (v. 5), une allusion aux Vaudois. Au moment même où furent joués Les menus Propos, les chefs de l'inquisition dans le diocèse d'Arras multipliaient les supplices contre ceux qu'ils soupçonnaient de « vauderie ».