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3. La denrée de Limoges, ce sont les raves et les navets. François La Salla dit dans VEpistre de Vasne au coq dont il a fait précéder son édition de Chiche/ace (i53 7) :
Les Lymossins ont bon marché De ravez et petiz naveaulx.
(Montaiglon et Rothschild, Recueil, XI, p. 289.) La même année, Eustorg de Beaulieu, qui était Limousin, s'exprime ainsi dans ses Divers Rapport^ (fol. 6g v») : Et si tu dys qu"il n'y a montz et vaulz En Lymosin et n'y croist que naveaulx, Raves et glan, et que entre ces montaignes N'a bled, ne vin, ne fruict que des chastaignes
Rabelais fait dire par Pantagruel à l'écolier limousin (1. II, c. VI) : « Au diable soit le mascherable, tant il put ! ». Enfin Bran. tôme(éd.Lalanne,III,p.286) dit de Dorât et de Muret: «Deux aussi sçavans Lymozins qui jamais mangearent et crocquarent rabes ».
Si sent puant ou desployer.
Le Premier On a fait au matin cryer Que une femme avra deux maris ' ; 340
Mais on le sçaira a Paris Au devant qu'il soit demain nonne.
Le Second Quant ung povre meurt, l'en ne sonne Sinon les cloches d'un costé.
Le Tiers L'admirai Baquin ^ a jousté 845
338 c e f an — ce le segond — /le second — 339 a On fait — 341 ef scaura — 342 ce/ auant — 343 c e fie tiers — 345 ce/ le premier — c baquain — e/bouquain
1. Il s'agit peut-être d'un mandement émané d'une confrérie joyeuse, telle que la confrérie des conards. Nous possédons au moins quatre éditions, imprimées de i53o à i536, d'une Lettre nouvelle pour manière de provision a tous ceux qui désirent d'estre mariés deux ou trqys foys (voy. Harrisse, Excerpta Colombiniana, 1887, p. 121, nos 128, 129; Catalogue Rothschild, II, n° 1842; Éd. Fournier, Variétés historiques et littéraires, III, p. 141). Cette lettre permet aux maris d'avoir deux ou même trois femmes ; quelque autre ordonnance aura pu permettre aux femmes d'avoir deux maris. Ces mandements facétieux se renouvelaient avec quelques variantes de génération en génération; nous en avons cité plusieurs dans notre Spécimen du Catalogue de Chantilly, 1890, art. 26.
2. L'admirai Baquin c'est Vatnorabaquin, autrement dit le sultan des Turcs. Ce nom, qui n'est qu'une corruption de Murad-Beg, fut étendu à Bajazet (voy. Froissart, 1. IV, ch. 58, et Henri Estienne, Apologie pour Hérodote, éd. Ristelhueber, I, p. 348) et au sultan en général. Sébastien Mamerot, racontant le siège du château de Richo, en i386, dit dans ses Passages de oultre mer (éd. de Paris, Françoys Regnault, s. d., in-4° goth., fol. qvj ab) : « Ceulx de dedans sceurent bien la venue de l'amorabaquin et de ses gens pour combattre les chrestiens ».
On trouve dans une ballade envoyée par les Anglais aux Fran-
Contre le roy des ferineaulx.
Le Premier
Je fusse joueux de bateaux '
Se j'eusse ung ours ou une chievre.
Le Second
Se j'avoye ung chappeau de bievre,
Je feroye bien de l'advocat. 35o
Le Tiers
Le pardon que donna le chat A la souris vous soit donné !
Baissés la teste : In nomine Patris, qui vous garde d'enhen !
346 c farineaulx — e f fariniaulx — 347 c le segond — ef le second — b iouer — 349 c e / le tiers — ce chapel — 35i ce/ le premier — a cha — 353 ef intercalent avant ce vers : le second — 354 /que vous garde dahan — c ajoute après ce vers les mots : le segond, qui se trouve au bas du fol. bij r°. Au haut de la page suivante on lit en vedette : le premier, ce qui rétablit l'accord avec les autres éditions.
Tien cy, de peur de varier Et joue l'amourabaquin.
De ma chausse et de mon beguyn Jettez luy ung peu de farine.
(Rabelais, éd. Montaiglon, III, p. i53). Le roi des farineaux doit être un sot ou un badin enfariné.
çais en 1441, une forme intermédiaire entre amorabaquin et amiral Baquin :
De grant langaige trop avez Dont vous usez soir et matin, Et semble tousjours que devez Combatre l'amoral Baquin.
[Chronique de Charles VII, par Jean Chartier, éd. Vallet de Viriville, II, p. 29.) Ici Tamorabaquin doit être un personnage de carnaval, comme dans le chapitre xlii du livre V de Pantagruel. I. Bateleur.
96 m. — LES MENUS PROPOS
Le Premier Se tu as papa ou memmen, 355
Il puisse mescheoir a l'enfant !
Le Second Ung griffon et un éléphant Porteroient bien une maison.
Ergo^ par plus forte raison, Sans pescher nous avrons marée. 36o
Le Premier Pourceau blasme pomme parée ' Aussi fort que truye espices.
Le Second yo Autant les povres que les riches
Emporteront après leur mort.
Le Tiers Ung boiteulx se mocque d'ung tort, 365
Et ung bochu d'ung contrefait.
Le Premier C'est grant merveille que d'ung pet :
Il est mort avant qu'il soit né.
Le Second Les bottines de cuir tenné Si sont maintenant en usaige ' 370
359 a fort — 36o/ auons — 362 a croye — b troye — c trouye — e/ truye en — 365 / le second — a dun tor — e du tort — f du fort — 366 c e bossu — a b du — 367 e f que vng — 367 c / il mort — 370 e f maintenant m.
1 . C'est-à-dire : « Le porc ne se soucie pas qu'une pomme soit pelée ».
2. Marot parle aussi des chaussures dans son Epistre du coq a l'asne (v. 26-27) •
On porte souliers de veloux Ou de trippe, que je ne mente.
(Éd. Jannet, I, i85; éd. Guiffrey, III, 218.)
Dieulx vueil baillier par le visaige D'une tripe a ceulx qui les portent!
Le Premier Les malheureux se reconfortent Quant ilz trouvent d'autres meschans.
Le Second Autant en la ville que aux champs, SyS
J'ay autant icy comme la '.
Le Tiers Les petis enfans crient : « Hua! »
Quant ilz voyent voler une escoufle \
Le Premier On dit voulentiers que une mouffle Vault mieulx que gant en ung bisson \ 38o
Le Second Le plus tort en est au taisson ^ ; Se tu ne m'en crois, va sçaver.
Le Tiers J'estoye venu cy pour baver ^;
3ji a b g Dieulx quel — 373 /reconforte — 374c dauis mechans — 375 c e/ comme aux champs — 378 c/vng escoufle — 38o c f que vng gant — e que vng grant — 38i c le segond — a b c e talion — / tason — La rime et le sens nous paraissent justifier notre correction . — 382 c ef scauoir — 383 e cy venu — /si venu