‹ Recueil général des sottiesChapitre 43 sur 91 · C'est-à-dire, sans doute, l'âne d'un cardinal · texte numérisé non relu

C'est-à-dire, sans doute, l'âne d'un cardinal

92 m. — LES MENUS PROPOS

Le Tiers Sur ma conscience, je cuide Qu'il conviendra les oues ferrer ' .

Le Premier >

Comme se fera enterrer Celuy qui mourra le derrain? 320

Le Second Je suis fillieul a mon parrain, Quel qu'i soit : je ne puis faillir.

Le Tiers Oseroit l'en bien assaillir Ung bibet ^ s'il estoit armé?

Le Premier Oncques cheval ne fut charmé 32 5

Au nom de Dieu ne de ses sainctz.

Le Second Les grans maistres qui vont dessaintz Ne despendent riens en saintures.

Le Tiers

Ce sont terribles créatures

Que ceulx de Gotz et de Magotz ; 33o

Hz ont les rains dessus le dos,

325 ce/, qui omettent les 40 vers précédents, portent ici : le second. — Saô Au lieu de ce vers, e répète ici le v. 170, qui n'a pas de sens; ef donnent ensuite nos vers 171-180. — 327, 329 c e f le premier

1. « Ferrer les oies », c'est faire une besogne inutile et ridicule. L'expression se trouve dans les Apologues de Laurent Valla, traduits par Guillaume Tardif (éd. Rocher, 1876, p. 172) dans Gringore (Les Abus du monde, v. 2629, 2 65i, 2658, 2668, 2683, 2693, 2798), dans Cotgrave (v* oye), etc.

2, Un moucheron.

m. — LES MENUS pRor^os 93

Et si ont tous chacun deux testes '.

Le Premier J'aymeroies encor mieulx deux fastes Que une jeune la moitié.

Le Second Jamais ung homme n'est haitié \ 335

Fol. Bij En yver, quant on le desloge.

Le Tiers Tousjours la desree de Lymoge '

333 c ef le segond — 335 c e f le tiers — c haitte — 337 c ef le premier

î. Nous n'avons pas à parler ici de la légende de Gog et Magog, ni à rappeler les passages de la Bible qui en ont été le point de départ; il nous suffira de renvoyer à la dissertation jointe par M. Graf à sa Roma nella memoria e nelle imagina^ioyii del medio evo (II, pp. 5o7-563) et à V Alexandre le Grand de M. Paul Meyer {II, pp. 586-589). Nous ne connaissons aucune représentation de Gog et de Magog qui corresponde à la description donnée par l'auteur des Menus Propos. Les deux célèbres statues de Guildhall, à Londres, nous montrent simplement deux géants revêtus d'armures. Voy. Hone, Ancient Mysteries described (London, 1823, in-S"), p. 264.

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