‹ Recueil général des sottiesChapitre 57 sur 91 · I. C'est-à-dire « ne signent · texte numérisé non relu

I. C'est-à-dire « ne signent

Le Second.

Pour quoy ? Ne sont ilz bien partiz?

Ils en avoient tant, mère Dieux !

Le Tiers.

Hz sont cachez en trop de lieux, Voyre, qu'on ne sçait ou ilz sont. 85

Massons qui vieilles maisons font En treuvent souvent a plains potz ; Mais, quant a nous, nescio vos *.

Le Second.

C'est ung point trop mal assorte :

Les gens vieulx ont tout emporté. 90

Hz ont fondé tant de chanoines,

Tant d'abayes, tant de moynes,

Que les gens nouveaulx en ont moins ^

Le Tiers.

Que servent un tas de nonnains Que mon père jadis fonda, 95

Et cinq cens livres leur donna, Dont j'en suis povre maintenant?

Le Premier.

J'en peulx bien dire peu ou tant.

Que peult estre tout devenu Que nous n'avons le résidu? 100

H nous devroit appartenir.

1. « At ille respondens ait : Amen dico vobis, nescio vos, » Matth., XXV, 12.

2. On doit peut-être voir dans ce couplet et dans le suivant des allusions aux fondations pieuses faites par Charles VU. Ces fondations furent très nombreuses. Vallet de Viriville a indiqué sommairement diverses pièces qui s'y rapportent (Histoire de Charles F//, t. III, p. 447).

C'est faulte de sa part tenir.

Le Tiers.

Or sus ! ilz sont mors, de par Dieu, Et si ne sçavons en quel lieu Estoyent leurs trésors souverains. io5

Fol. Aiij Le Premier.

Voulentiers a ses jours derrains Ung riche celé sa richesse.

Le Second.

Unde locus. Mais pour quoy esse?

Pour quoy n'en ont ilz souvenir?

Le Premier.

Hz cuident tousjours revenir ; i lo

Mais espérance les déçoit, Et par ainsi on apparçoit Que plusieurs ont esté deceuz.

Le Second.

Or prenons ung chemin : sus! sus!

Chascun en son propos se fonde. ii5

Le Tiers.

Il nous fault gouverner le Monde :

Vêla nostre faict tout conclus ; Aux anciens n'appartient plus; C'est nous qui devons gouverner.

Le Premier.

Riens ne nous vault le séjourner; 120

Allons veoir que le Monde faict.

DES GENS NOUVEAULX lïS

Le Monde.

Et que sera ce de mon faict?

Pour quoy m'a laissé Zephirus?

Je suis tout destruit et deffaict; Tous mes biens sont a Neptunus '. i25

Jamais asseuré je ne fus, Pour ce que j'avoye espérance ; Mais maintenant je n'en puis plus :

Le Monde vit en grant balance.

Le Premier.

Ho ! j'oy le Monde. Qu'on s'avance : 1 3o

Il faut tirer par devers luy.

Le Second .

Gardons nous de luy faire ennuy ; Traicter le convient doulcement.

Le Premier.

Et puis, Monde? Comment, comment?

Comment se porte la santé? i35

Le Monde.

Honneur et des biens a planté Vousdoint Dieu, mes bons gentilz hommes!

Le Premier.

Vous ne sçavez pas qui nous sommes ?

t3oa ho iay ouy.

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