I . C'cst-à-dirc : Tous mes biens sont à l'eau
Le Monde.
yo Ma foy, ]e. ne vous cognoys rien '.
Le Premier.
Par ma foy, je vous en croy bien, 140
Monde; nous sommes gens nouveaulx.
Dieu vous guarisse de tous maulx, Gens nouveaulx! Que venez vous faire?
Le Second.
C'est pour penser de ton affaire Et de ton estât discerner. 145
. Le Tiers.
oc . Nous venons pour. te gouverner
Pour ung temps a nostre appétit.
Le Monde.
Vous y, cognoissés bien petit.. f,,, p.:, -o DieuTtanide gens m'ont gouverné Depuis riieure que Je fus né! i5o
En moy ne vis point d'asseurance:
J'ay esté tousjours en balance ; Encores suis je pour ceste heure.
Le peuple traveille et labeure, Et est de tous costez pillé; i55
'■- : Quant Labeur est bien tranquille,..,^.
Il vient ung tas de truandailles Qui prennent moutons et poulailles ; Marchandise ne les marchans N'osent plus aller sur les champs, 160
Et chascun dessus moy se fonde.
En disant : « Mauldit soit le^ Mpr^e,! »
154 a trancille
I. On peut comparer la Farce joyeuse du Monde et des Galans, V. 421 (ci-dessus, p. 44)'^ j-rrosErsid earri euoT : OTib-Js-îso'D .:
\^^ii\.
J'en ay pour rétribution Du peuple malédiction :
C'est le salut que Je remporte. i65
Le Premier. ^
Vous gouverne on de tel[le] sorte?
Qui faict cela?
Le Monde. ,4
Gens envieux» B ^hn ai Qui sont de guerre curieux Et vivent tousjours en murmure, Et jamais de paix n'eurent cure. 170
Ceulx la ont mon gouvernement Sans sçavoir pour quoy ne comment, Ne a quelle fin ilz prétendent.
Je ne sçay que c'est qu'ilz attendent Et ne sçay ce qu'ilz deviendront. 175
Je cuide qu'ilz me mengeront ', Fol.Aiv Se Dieu de brief n'y remédie* ^::,c:oif: Le Second, isatuqïa
Taises vous, Monde: non feront; ^
Gens nouveaulx vous en garderont,
Quelque chose que l'on vous die. 180
Le Monde. Miià> rfuoV
Il vous court une pillerie V"°'* ^" ^^'
i65 a que iemporte — 175 a Et ne scay ou que.^lz deuiendront — 178 a nous feront
1. Dans notre seconde pièce le Monde se plaint également de ce qu'on veut le manger :
Ce sont trois povres engelés -mab eat r , Qui me veulent manger toult cru. ,
(Voy. ci-dessus, p. 40, v. 362-366.)
2. La même expression se trouve dans la pièce suivante (v, 14) :
Y ne court plus que pillerie.
On peut rapprocher de ce passage, tant pour le fond que pour
Voyre, sans cause ne raison.
Labeur n'a riens en sa maison
Qu'ilz n'emportent : vêla les termes,
Et si ne sont mie gens d'armes i85
Qui soyent mys a l'ordonnance,
Servans au royaulme de France :
Ce ne sont q'ung tas de paillars,
Meschans, coquins, larrons, pillars.
Je prie a Dieu qu'i les confonde! 190
Le Tiers.
Paix! Nous vous garderons, le Monde, Et vous deffendrons contre tous.
Le Monde.
Je seroye bien tenus a vous, Et le verroye voulentiers.
Le Premier.
Monde, il nous fault de voz deniers, igS
Et puis après aviserons
Que c'est que de vous nous ferons .
Il n'y a point de brouUerie.
Le Monde.
Vous venez donc pour pillerie ?
Je ne l'entens pas aultrement. 200
Le Second.
Nous venons, ne vous chault comment; Tantost vous le congnoistrés bien.
195 a des deniers — 199 par pillerie la forme, une des Cftansons du xv siècle publiées par M. Gaston Paris (p. 66) :
En la duché de Normandie
II y a si grant pillerie
Que l'on n'y peult avoir foison...
Le Monde.
Ne me doit il demourerrien?
Le Premier'.
Vivre fault par quelque moyen.
Voycy pour moy.
Le Tiers.
Cecy est mien. 2o5
Monde, il fault bien avoir sa vie.
Le Monde.
Je prie a Dieu qu'il vous mauldie!
Esse cy le commencement De vostre beau gouvernement? Gens nouveaulx sont ilz de tel sorte? 210
° Le Premier.
Monde, plains lu ce que j'emporte?
Quaquettes tu ? Que veulx tu dire ?
Le Monde.
Nenny ; Je ne m'en fais que rire.
J'ay assez plus que tout perdu.
Le Second.
Nous ne l'avons pas despendu : 21 5
Ceulx qui le diront seront folz.
Le Monde.
S'ont esté telz gens comme vous.
Ainsi je suis de tous assaulx, Pillé des vieulx et des nouveaulx; Je ne sçay quel part je me boute. 220
Le Tiers.
Ce n'est pas tout.
206 bien est suppléé — 214 plus que tant