P RI MUS
Vous congnoissés vous aulx urines Ou au pouce?
L'Astrologue.
Sans point doubter C'est une de mes grans doctrines Pour mallades solliciter.
Chascun.
Voyre, je luy vis visiter, 420
Deux ans a, i'uryne du Monde, Et dist tropt bien qu'il y abonde De mauvoys sang entour le chef \
407 q le roan — 418 C m. — 421 deux ans y a — 423 mauoys
1. Nouvelle attaque contre Georges d'Amboise, archevêque de Rouen.
2. C'est-à-dire, sans doute, de mauvais conseillers auprès du roi. — Il semble que Chascun fait ici allusion à une sottie jouée deux ans auparavant, et où figurait déjà l'astrologue.
L'Astrologue.
Nous sommes hors de ce meschef ; Le temps est bien changé depuis. 425
Par Dieu! se je n'ay ung relief De ma douleur, perdu je suis ; J'é tant souffert que plus ne puis.
A ! mais a cest advenement De règne, qui m'eust ouvert l'uys 430
Pour avoir quelque amendement !
L'Astrologue.
Il t'amendera.
Chascun.
Et comment?
Je n'en voy quelque apperssevance.
Le Prince.
Tays toy. Pour ton alligement On tiendra les estas en France '. 43 b
L'Astrologue.
Sa, je veuil voir la doulleance De Chascun. Baille moy ton pouce Ung peu.
Chascun.
Avez vous la main doulce Pour me meunier doulcement? 440
On m'a traisté si rudement Le temps passé que c'est horreur.
440 si m.
I. Louis XII réunit les états provinciaux dès la première année de son règne (Jean d'Auton, Chroniques, éd. de Maulde, I, p. 7); mais il est probable que l'auteur vise une convocation des états généraux.
DE l'astrologue 22 5
Ghascun, je congnoys ta douleur : Tu es vuydé, je le voy bien.
yo Ghascun.
Sy vuydé que je n'ay plus rien.
Je ne sçay quelz appoticaires 445
M'ont donné de si grans clistaires
Qu'il ne m'est peu riens demeurer.
Le Prince.
Du remide?
L'Astrologue.
Il fault restaurer.
Prince, se estes vous qui debvez Penser de Ghascun.
Secundus.
Vous avés 430
Geste charge.
Primus.
En toulte province L'intention du noble prince Doib estre singulièrement A garder curieusement Ghascun.
Secundus.
Le bon prince doibt faire 455
Tant que a Ghascun puisse complaire En raison principalement.
Le Prince.
Je veulx qu'on donne amendement A chascun qui a enduré.
Ghascun . J'ay bien enduré vrayement ; 460
443 quelqz — 446 donne m. — 448 Du m. — 460 vraymcnt
Mays, se on me traiste rudement, Je ne sçay se je endureray.
L'ASTROLOGE.
De ce restauré
Que j'ay préparé
Tous les jours prendras ; 465
Croy que tu vendras
En l'an désiré.
Chascun.
Dittez vous que je mengeray?
Or me dictes donc en effait De quellez droges il est fait, 470
Car je n'ay cure de poueson.
L'ASTROLOGE,
Il y a primo de raison Deulx onces, car sans quelque fable, Nous airions bonne saison Se Chascun estoit raisonnable. 475
Fol. 10 Primus.
C'est une chose véritable.
Chascun.
Sur mon ame, je vous en croy.
En après?
Une once de foy ; Et ne nous seroient ja venir Tant de maulx et de desaroy 480
Se Chascun voulust foy tenir.
Chascun.
Vêla donc pour me entretenir :
Raison et foy.
L'Astrologue.
Quant d'espérance,
462 ie enderay — 464 cy q — 474 airons — 479 seroiet — ja est suppléé —■ 48 1 se chû veult.
Je ne t'en quiers plus souvenir,
Car tu en as grande abundance. 485
Chascun.
Vela doncques ma restaurance :
Raison et foy.
Primus.
Il peult sufire, Quar il sont de grande sustance, Se Chascun les savoit conduire.
Secundus.
Si Chascun, pour vérité dire, 400
Raison de soy consideroet, L'ung a l'autre ne vouldroet nuire, Mais toult en union seroit.
Primus .
Quant Chascun sa foy garderoet, Raison auxi pareillement, 405
Certes pas on ne trouveroiet Tant de procez en parlement.
Le Prince.
Que reste plus ?
Primus.
Finablement, Après la restauracion, Chanter et faire seulement Vostre pronosticacion.
L'Astrologue.
Sus qui?
484 ia plus — 486 donc — 5o2 Le copiste a peut-être passé une répétition, ce qui rend le vers incomplet. On pourrait lire :
L'Astrologue.
Sus qui ?
Primus,
Sus qui ?
Secundus.
Sus qui } Sur tout.
Secundus.
Sur toult; Mes nous n'en vendrions point a bout.
L'Astrologue.
Du premier sault.
v° Le Prince.
Pronostiquez en vous assault. 5o5
Il n'y a que ung mot de bon goust.
Le Prince.
Quel?
Primls.
En effet, toult ne vault rien.
L'Astrologue .
Parler fault d'ung austre mouyen Par raisons condicionnellez
Le Prince.
Parlés, vous, astrologien, 5io
Qui vous cognoissez aux estellez.
L'Astrologue.
Je diz que, ce choses mortellez Sont tousjours en ce point contrerez, Nous trouverons pareillz a ellez Les mouvemens orbiculerez. 5i5
Primus.
Je diz que, ce les adultérez De Paris ne sont convaincuz, Tant avocaz que commisserez, De procureux et de notairez, Il sera beaucoup de coquus. 52o
- // faudrait allonger aussi le v. 504. — • 609 par raison co dônaillez — 5i2 que ce les choses — 019 Le premier De m. — notarez
nn: l astrologue 229
Secundus.
Je dy que ce, pour des escuz, Ou pour avoir force ducas, Le pape dit qu'ung monachus De saint Benoest ne le soeit plus, Il sera beaucoup de apostas. 525
Je diz ausi : ce les estas Des goriez qui courent en France Ne changent et tombent au bas, Il sera grant charte de dras Et si sera peu de finance. 53o
Le Prince.
C'est pronostiqué en substance Et n'y a nullez menteries.
L'Astrologue.
Je diz : ce les grans pilleries Qui ont couru on n'amenuise', Il sera plus de mengeriez 535
De povretez etdiableriez Que en Sayne il n'y a de menuise.
Fol. II Primus.
Je diz : tant que les gens d'Eglise
Se mellent du fait de la guerre,
Qui qu'en parle ne qu'en divise, 540
Nous n'arons Ja pais sur la terre.
Le Prince.
Il est ausi cler qu'est le voirre :
Ce n'est point a eux d'en parler.
522 de ducas — 528 treublent — 529 grande — 53o si est suppléé. — 533 grandes — 540 ne qui que — 542 le est supplée