Enfance de Platon
On raconte que, durant qu'il était encore au berceau, des abeilles répandaient du miel sur ses lèvres; ce qu'on regarda comme un présage1 de celte éloquence merveilleuse par laquelle il se distingua de tous les Grecs. Il s'appliqua à la poésie durant sa jeunesse; il fit quelques é et deux tragédies, mais il jeta tout cela au feu, dès qu il eut pris la résolution de se donner à la philosophie. Il avait vingt ans, lorsque son père le présenta à Socrate pour le former. Socrate avait eu, la nuit d'auparavant, un songe, où il lui avait paru qu'il tenait5 dans son sein3 un jeune cygne, qui, après que les plumes lui furent venues, avait déployé ses ades, et, d'un vol hardi, s'était élevé dans le plus haut de l'air, en chantant avec une douceur infinie. Le philosophe ne douta pas que ce songe ne regardât Platon, à qui il en fit l'application, et que ce ne fût un présage de l'étendue de la réputation* que son élève devait avoir un jour. (Fénelor.)