‹ Recueil gradué de thèmes latinsChapitre 105 sur 194 · Le Moineau · texte numérisé non relu

Le Moineau

Les moineaux sont, comme les rats, ai tâchés à nos habitations; ils ne se plaisent ni dans les bois, ni dans les vastes campagnes : on a môme remarqué qu'il y en a plus dans les villes que dans les villages, et qu'on n'en voit pas dans les hameaux et dans les fermes qui sont au milieu des forêts; ils suivent la société pour vivre à ses dépens; comme ils sont paresseux et gourmands, c'est sur des provisions toutes faites, c'est-à-dire sur le bien d autrui, qu'ils prennent leur subsistance ; nos grandes et nos greniers, nos basses-cours, nos colombiers, tous les lieux, en un mot, où nous rassemblons ou distribuons des grains, sont les lieux qu'ils fréquentent de préférence; et comme ils sont aussi voraces que nombreux, ils ne laissent pas de faire1 plus de tort que leur espèce ne vaut ; car leur plume ne sert à rien, leur chair n'est pas bonne à manger, leur voix blesse l'oreille, leur familiarité est incommode, leur pétulance grossière est à charge. (Buffon.)

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