Pline le Jeune et Trajan
C'était depuis longtemps la coutume que le consul, à l'entrée de son consulat, après avoir remercié le prince, proposât au Sénat de lui (jéoemér quelque nouvel honneur. Moins les empereurs de ce temps-là en étaient dignes, plus ils en étaient avides. Pline crut que ces honneurs tant de fois profanés par la {laiterie, étaient audessous do Trajan. Persuadé que cet empereur pouvait confier le soin de sa gloire à ses actions, et que rien n'était plus propre à la rehausser, que de faire voir qu'elle se pouvait passer des titres où les autres avaient mis toute la leur, il ne lui en décerna point. Mais Trajan n'y perdit rien. La harangue où Pline les lui refuse, a duré plus que le inarbre ou que le bronze où tant d'inscriptions pompeuses avaient été gravées. Elle charme encore aujourd'hui, et en la lisant on a peine à démêler qui l'on doit admirer le plus, ou du prince qui a pu mériter de tels éloges, ou de l'orateur qui'.sut les donner. (De Sacy.)