‹ Recueil gradué de thèmes latinsChapitre 39 sur 194 · Premiers temps du monde · texte numérisé non relu

Premiers temps du monde

Il n'y a» point d'histoire ancienne où il ne paraisse des vestiges manifestes de la nouveauté du monde. On voit* les luis s'établir, les mœurs se polir et les empires se former. Le genre humain sort peu à peu de l'ignorance; Iï\périence l'instruit, et les arts sont inventés ou perfectionnes. La terre se peuple de proche en proche; on passe5 les montagnes et les précipices; on traverse les fleuves et enfin les mers; et on établit de nouvelles habilations». La terre, qui n'était au commencement qu'une forêt immense, prend une autre forme; les bois abattus font place aux champs, aux pâturages, aux hameaux, aux bourgades, et enfin aux villes. On ' s'instruit à prendre certains animaux, à apprivoiser les autres et à les accoutumer au service. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches. Les premiers héros se signalèrent dans ces guerres. Elles firent» inventer les armes, que les hommes tournèrent après contre leurs semblables9. Nemrod, le premier guerrier et le premier conquérant, est appelé dans l'Ecriture un fort chasseur. Avec les animaux, l'homme sut 10 encore adoucir les fruits et les plantes; il plia jusqu'aux11 métaux à son1' usage, et peu à peu il y fit servir18 toute la nature.

(Bossuet.)

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