CHAPITRE II
On annonça tout à coup la prochaine arrivée de M. de FiereuvîHe, ancien seigneur du village^ envers lequel son parent avait rempli ses généreuses intentipns, et qui se trouvait encore une fois propriétaire du château et d'une partie des terres qm en dépendaient. M.de Fierenvilie; en i8i4» étaitresté à Paris, où il sollicitait auprès de la cour; mais , cette année, il avaitjugé nécessaire de venir à la campagne , où il ne doutait pas que sa présence ne dût influer d'onç manière salutaire sur l'esprit public.
Robert pensa de suite qu'il serait important pour lui de s'insinuer dans les bonnes grâces de M. de Fîerenville , que cela lui donnerait da relief et pourrait Ini faire jouer un rôle. £a conséquence , il alla trouver lé ataire> et lui dit qu'il fallût se disposer à faire à M. de Fierenville une réception qui Ipi prouvât Is bon esprit des habitans. Le maire lui répondit que M. de Fierenville n'élaitqi^un propriétaire comme un autre , et que lui , maire , premier personnage de l'endroit , ne devait rien qu'à
Vautorité. Robert fiit 6C3D<Wisé de cette xiponse du maire ; il lui reprocha d'avoir des idées révolùtioaDaires-, e4 alla trouver le curé pour tâcher de le déterminer à crier avec lui. Le curé entra pleinement dans ses vues. Il se rendit chez le maire pouf lui &ire sentir la^écessité d'accéder à la pi^opositiou ds. Kobei4. , Le maire ne voulut lien pixadre sur lui,, et Bt appeler les principaux de l'endroit, pour pven- ^e leur avis sur cet important objet. Loisque )e maire leur eut exposé avec ^o^icité le motif de la réunion, Robert pot la parole, —fil s'agit ici , dît-il , d'une chose pjos intéressante qu'on ne croit. M. de Fierenville est on seigneur respectable , bien TU à la cptir, et qvi a du crédit. Il faut lui prouv-er, par la réceptioK que nous lut ferons , qoe nous i^noiis les fidiles serviteurs du Roi, et que nous- partions leurs scDtimens. Le temps n'e^ plus , nuesfiieivS;) ou l'on pouvait parler d'égalité. Lancdrfesu va reprendre sa pr^iondér^ce ; ne s^ons pu les derniers à la reconnritre , et tàcbons pas potrc empresseqient àiç mériter la protection de M. de Çierenviâe. Lerond interrainpit Robert — Vous croyez donc, dit-41, M. A(Aert,qne TOUS parlez à des. en&ns ? Qu'on ait du re^ect pour b noblesse, rlsB de mieaxï.mfus quao^
vAiuveiie» Bons panlcr-desjbiHréiMuadénviQfi, c'est autre cboae. La oobilesse, quand elle n'est accompagnée d'aucune ekarge dans l'état, 99 donne droità^nçune marqua de. Mspeçt et di^ dtstinctiofli de la. part da notu attln» pwTTm diables. M, de Fî«;vifriUe b'«6^. rifin qviJm gei^aUnfauae ; il n^a. aucun. emptM pujb^if: i laù^ex^le doocsrrivcr 9Aqa dwangeeperoAuaei S'il est brave hdmo^, noua aunAna pour Im de l'estime et de la vénération ; s'il n en mépki pas, nous ne le r^jarderon&ui ne.]nà:p«7l«rotis. -oAkI dîtAobeck,oehuigage«tl»aa celui d^ ta classe d'hpBuw* àlaqusBe voms app«rt«T neï. Vous êtes Ëicfaé de voir revenir M. d^ Eiefeavitle; vous n^oaorçz p«a soutenir sa présence , elle ser4 ponr vous un reproiâxo cdb^ tioueL —Que diaUe me eontnrvibtM là? dit Lerond. — » A^çz l'air de ne paaJe saisir , v«n9 qui retenez les bians dont osa' déponiUé M. M Hereovillej vous qui , ai vents-. aviezde. h àé^ Ucatesse > lui reRdriee ce- que. veas . possède* injustement! — Ces-rooterétiéèèceiiUaabàcoup à LercHid wia eboae ^ latjaedleij ii'wait jama^ soBgé. Cette trisie découwiitfr, dont ilétait rc«devable au zèle de Robert, le troubla telfe-* Hient, qu'âne put lui répliquer. Robertpérora encore long-^emps ; les paysaM , déeoncertëi
par le trouble de Lerond , n'osèrent pas le contredira. I^e curé joi^iit soo autorité aux' ' exhortations de Robert. 11 fut décidé , sans que personne osât s'y opposer , qu'on recevrait M. de Fierenville avec tous les honneurs dus à soo rang { que les principaux habîtans, ayant à leur tête M. le maire , iraient le complimenter chez lui. Robert, triompliant j se chargea de diriger tous les préparatife de la réception.
Les paysans se retirèrent assez tristement : ils entrevoyaient dans ce que Robert venait de dire à Lerond une espèce de présage de tout ce qui allait arriver.
Robert , enchanté ^'avoir réussi , frappa en sortant sur l'épaule de Lerond, et lui dit : Ah çà , TOUS serez de la députation ; vous ne pouvez pas vous en dispenser j malgré le cas particulier où vous vous trouvez ; c'est même une raison pour que vous y veuiez. 11 faut tâcher de vous mettre bien avec M. de Fierenvillej et, parlasuite, si vousVo'ulez Élire quelque sacrifice, je me chaînerai d'arranger tout cela avec lui. Lerond lui tourna le dos sans lui répondre.
Robert s'en alla avec le curé. Le maire, fort • contrarié , ne voulut se mêler de rien. Lerond
i5 s'âo alla chez M. Simon pour le consulter. On se tirait à l'écart, on se parlait à l'oreille. La défiance, les inquiétudes, la tiîstesse avaient déjà remplacé la tranquillité, qui régnait encore la Teille.