‹ Recueil sur la mort de Molière, publié avec une notice et des notesChapitre 20 sur 45 · EPITAPHES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

EPITAPHES FRANÇAISES

Ci gist qui fit tant le folâtre.

Qui voulut réformer et la ville et la cour ; Maislamort nousinstruit bien mieux en un seul jour Qu'il ne fit en vingt ans jouant sur le théâtre.

Ci gît qui toujours se moquoit,

Qui, pour plaire aux grands, se piquoit

D'une impiété sans seconde ;

Nul ne fut épargné de lui ;

Le bouffon sçait bien aujourd'hui

Si l'on se raille en l'autre monde.

Molière est mort subitement ; Le diable l'a pris brusquement Kt le tient enfermé dans sa grotte profonde ;

Son sort étoit égal pendant qu'il a vécu ; Car, étant Jaloux et cocu, Il étoit damné dans ce monde.

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Molière repose en ce lieu^

Qui par des œuvres exécrables

Se mit si mal auprès de Dieu

Qu'il est très bien auprès des diables.

Ci gît Roscius ou Molière :

Jouer le genre humain, c'étoit pour lui trop peu, II veut jouer la Mort; la cruelle en colère Se saisit du bouffon au milieu de son jeu Et ne veut pas par lui se laisser contrefaire.

Masson I.

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