A UNE JEUNE PERSONNE
QUI PREDISAIT L AVENIR
ILEIN d'un instinct divin de gloire et de tendresse, [^ Et d'un feu que mon cœur ne pouvait contenir, J'ai consulté dans ma jeunesse Des oracles charmants et chers au souvenir :
Plus d'une jeune prophétesse De l'éclat de ses yeux m'éclaira l'avenir. Ah! qu'il est doux d'y lire en ces moments d'ivresse!
Plus tard j'ai mis la main sur les seins palpitants De ces beautés de marbre, aux regards de sibylles. Leurs temples sont muets, leurs lèvres immobiles; Le passé parle seul dans ces débris du temps!
Aujourd'hui que du soir l'ombre sur moi s'avance, Je n'interroge plus; l'oracle a prononcé; Et pour moi l'avenir est semblable au passé, Moins ses erreurs et l'espérance!
i En vain, sous le mystère où se cache le sort, Le regard des humains dans l'avenir s'enfonce