‹ Recueillements poétiquesChapitre 14 sur 126 · REPONSE A UN CURÉ DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

REPONSE A UN CURÉ DE CAMPAGNE

Les longs bords de leur robe blanche, Par des troupes d'enfants suivis, Qu'on voit balayer le dimanche La poussière des vieux parvis;

Cette odeur de myrrhe et de roses Qui s'exhale autour de leurs pas, Et leur voix qui parle de choses Que l'œil des hommes ne voit pas !

Quand le sillon courbe le reste.

Eux seuls travaillent de leurs mains A l'œuvre du Père céleste, Pour un autre prix que du pain.

L'onde qu'ils versent désaltère D'autres soifs que la soif des sens, Et de tous les dons de la terre Ils ne moissonnent que l'encens.

Viens donc, détachant ta ceinture.

Au foyer des bardes t'asseoir!

Ils sont l'hymne de la nature.

Et vous en êtes l'encensoir.

Que t'importe si mes symboles Sont les symboles que tu crois :

J'ai prié des mêmes paroles.

J'ai saigné sur la même croix!

Quand l'Agneau victime du monde.

Dont la laine a fait tes habits, Aux flancs des collines sans onde Paissait lui-même ses brebis,

Loin des piscines de son Père Il n'écartait pas de la main La pauvre brebis étrangère Trouvée aux ronces du chemin;

Et quand il glanait en exemple L'épi laissé dans le buisson, Et portait, humble enfant, au temple Les prémices de sa moisson,

Il mêlait pour grossir la gerbe Qu'il offrait au Père commun.

Des brins verdoyants de chaque herbe Et des tiges de tout parfum.

i3 novembre i83ô.

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