‹ Recueillements poétiquesChapitre 13 sur 126 · A UN CURÉ DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

A UN CURÉ DE CAMPAGNE

oux pasteur du troupeau des âmes, Q.ui conduis aux sources de Dieu Ces petits enfants et ces femmes

Penchés aux coupes du saint lieu ;

Semeur des célestes paroles, Qui sèmes la gerbe du Christ, Ce sénevé des paraboles, Dont le grain lève dans l'esprit;

Médecin d'intime souffrance, Qui la retourne et qui l'endort.

Qui guérit avec l'espérance Et vivifie avec la mort;

Poëte à la lyre infinie.

Qui, pour chanter dans le grand chœur.

N'as pas besoin d'autre génie

Que des battements de ton cœur :

Eh quoi , tu craindrais que ma porte A tes accents ne s'ouvrît pas, Avec les anges pour escorte Et les prophètes sur tes pas?

Homme d'amour et de prière, Ah! loin de craindre un froid accueil, Viens en paix, et que la poussière De tes pieds s'attache à mon seuil !

Mes chiens, qui devinent leur maître, Deux-même iront lécher tes doigts; Les colombes de ma fenêtre Ne s'envoleront pas aux toits.

Mes oiseaux même ont l'habitude De voir monter par le chemin Ces anges de la solitude.

Et le marteau connaît leur main.

Fils des champs, j'aimai de bonne heure Ces laboureurs vêtus de deuil.

Dont on voit la pauvre demeure Entre l'église et le cercueil ;

Le jardin qui rit à leur porte, Dans son buisson de noisetiers; Leur seuil couvert de feuille morte.

Où le pauvre a fait des sentiers;

La voix de leur cloche sonore.

Qui dit aux vains enfants du bruit Que le Seigneur est dans l'aurore, Que le Seigneur est dans la nuit;

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