‹ Recueillements poétiquesChapitre 41 sur 126 · LE LISERON · texte numérisé non relu

LE LISERON

lANS les blés murs, un soir de fête,

ÎLa jeune fille me cueillit;

|Dans ses cheveux noirs, sur sa tête,

Ma blanche étoile rejaillit.

Fleur domestique et familière, Je m'y collais comme le lierre Se colle au front du dahlia; Sa joue en fut tout embellie; Puis j'en tombai froide et pâlie; Son pied distrait me balaya.

Mais le matin, sous sa fenêtre,

Un passant me vit par hasard,

Se pencha pour me reconnaître,

Et me couva d'un long regard.

« Viens, dit-il, pauvre fleur sauvage,

Viens, mon amour et mon image,

Objet d'envie et de dédain.

Viens sécher sur mon cœur posée;

Mes larmes seront ta rosée,

Mon âme sera ton jardin! »

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