LE LISERON
lANS les blés murs, un soir de fête,
ÎLa jeune fille me cueillit;
|Dans ses cheveux noirs, sur sa tête,
Ma blanche étoile rejaillit.
Fleur domestique et familière, Je m'y collais comme le lierre Se colle au front du dahlia; Sa joue en fut tout embellie; Puis j'en tombai froide et pâlie; Son pied distrait me balaya.
Mais le matin, sous sa fenêtre,
Un passant me vit par hasard,
Se pencha pour me reconnaître,
Et me couva d'un long regard.
« Viens, dit-il, pauvre fleur sauvage,
Viens, mon amour et mon image,
Objet d'envie et de dédain.
Viens sécher sur mon cœur posée;
Mes larmes seront ta rosée,
Mon âme sera ton jardin! »