LE PASTEUR ET LE PECHEUR
FRAGMENT d'ÉGLOGUE 182G
'ÉTAIT l'heure chantante où, plusdouxque laurore, Le jour en expirant semble sourire encore, Et laisse le zéphyr dormant sous les rameaux En descendre avec l'ombre et flotter sur les eaux ; La cloche dans la tour, lentement ébranlée, Roulait ses longs soupirs de vallée en vallée, Gomme une voix du soir qui , mourant sur les flots , Rappelle avant la nuit la nature au repos. Les villageois, épars autour de leurs chaumières, Gadençaient à ses sons leurs rustiques prières, Rallumaient en chantant la flamme des foyers. Suspendaient les filets aux troncs des peupliers, Ou , déliant le joug de leurs taureaux superbes , Répandaient devant eux l'or savoureux des gerbes; Puis, assis en silence au seuil de leurs séjours. Attendaient le sommeil, ce doux prix de leurs jours. Deux enfants du hameau, Tun pasteur du bocage. L'autre jeune pêcheur de l'orageuse plage , Gonsacrant à l'amour l'heure oisive du soir, A l'ombre du même arbre étaient venus s'asseoir: