SUR UN DON AUX INDIGENTS DE PARIS
Ce cœur qu'il fait aux rois dans sa magnificence. Où s'élève exaucé le vœu du suppliant, Qui croit, même impuissant, à sa toute-puissance, Qui s'ouvre comme un temple au doigt d'un mendiant.
De si loin qu'un malheur me jette une parole. J'étends comme autrefois mon bras vers mon trésor; J'ouvre ma main royale, il en tombe une obole!... Mais on voit mon empreinte , et l'on dit : « C'est de l'or ! )
SALUT A VILE D'ISGHIA
L est doux d'aspirer, en abordant la grève, Le parfum que la brise apporte à l'étranger. Et de sentir les fleurs que son haleine enlève
Pleuvoir sur votre front du haut de l'oranger.
Il est doux de poser sur le sable immobile Un pied lourd et lassé du mouvement des flots ; * De voir les blonds enfants et les femmes d'une île Vous tendre les fruits d'or sous leurs treilles éclos.
11 est doux de prêter une oreille ravie A la langue du ciel , que rien ne peut ternir , Qui vous reporte en rêve à Taube de la vie. Et dont chaque syllabe est un cher souvenir.
Il est doux , sur la plage où le monarque arrive , D'entendre aux flancs des forts les salves du canon. De l'écho de ses pas faire éclater la rive, Et rouler jusqu'au ciel les saluts à son nom.
SALUT A L'ILE D'ISGHIA. 193
Mais de tous ces accents dont le bord vous salue, Aucun n'est aussi doux sur la terre ou les mers Que le son caressant d'une voix inconnue Qui récite au poëte un refrain de ses vers'.
Cette voix va plus loin réveiller son délire Que l'airain de la guerre ou l'orgue de l'autel. Mais quand le cœur d'un siècle est devenu sa lyre, L'écho s'appelle gloire et devient immortel.
» 1mi arrivant au port d'Ischia, l'auteur entendit une jeune fille i réciter une strophe de ses vers.