‹ Recueillements poétiquesChapitre 86 sur 126 · A UNE FIANCÉE DE Q.UINZE ANS · texte numérisé non relu

A UNE FIANCÉE DE Q.UINZE ANS

Toi dans ma paupière, J'avais dit au Temps :

« Je la vois derrière, Marche; moi j'attends. »

Les mots de caresse Que tu m'épelais.

Ces noms de tendresse Dont je t'appelais.

Ennui dans l'absence Et joie au retour, C'était l'innocence, Mais c'était l'amour.

Le bonheur qu'on sème, Hélas! n'éclôt pas.

Un plus heureux t'aime :

Va, cours dans ses bras.

Cette larme pure Qui brûle ton front, O triste parure!

Ses doigts la boiront.

Au rayon d'automne Trop prompt à fleurir.

L'amandier couronne Son front, pour mourir.

Tu fus, ô m.on rêve, Ce printemps d'un jour :

Mon cœur, c'est la sève; La fleur, mon amour!

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