‹ Recueillements poétiquesChapitre 92 sur 126 · A LA PRINCESSE D ORANGE · texte numérisé non relu

A LA PRINCESSE D ORANGE

L creusait dans la mer son sillage d'écume, jLe navire grondant qui respire le feu ; JXous suivions cette côte où le Vésuve fume Les cyprès étaient noirs, Teau verte, le ciel bleu.

Une vague enjouée, en poursuivant la poupe, Des perles de la mer aspergeait le bateau, Comme le buis bénit qu'on trempe dans la coupe Sur le front des passants jette le sel et l'eau.

La nuit d'été, semblable à Téternelle aurore, Nous regardait d'en haut avec ses milliers d'yeux; Les étoiles, ces fleurs que minuit fait éclore, Naissaient sous notre doigt dans les jardins des cieux.

Le vaste pont roulait , charmant berceau de femmes; On voyait pour dormir leur front se renverser. Quand, sous leurs coudes blancs, le lit des grandes lames S'enflait et se creusait, comme pour les bercer.

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