A M. CABARRUS
"u printemps, les lis des champs filent |Leur tunique aux chastes couleurs; jLes gouttes que les nuits distillent
Le matin se changent en fleurs.
La terre est un faisceau de tiges Dont l'odeur donne des vertiges Qui font délirer tous les sens; Les brises folles, les mains pleines, Portent à Dieu, dans leurs haleines, Tout ce que ce globe a d'encens.
En été, les feuillages sombres,
Où flottent les chants des oiseaux,
Jettent le voile de leurs ombres
Entre le soleil et les eaux;
Des sillons les vagues fécondes
Font un océan de leurs ondes,
Où s'entre-choquent les épis;
Le chaume, en or changeant ses herbes.
Fait un oreiller de ses gerbes
Sous les moissonneurs assoupis.