‹ Recueillements poétiquesChapitre 94 sur 126 · A M. CABARRUS · texte numérisé non relu

A M. CABARRUS

"u printemps, les lis des champs filent |Leur tunique aux chastes couleurs; jLes gouttes que les nuits distillent

Le matin se changent en fleurs.

La terre est un faisceau de tiges Dont l'odeur donne des vertiges Qui font délirer tous les sens; Les brises folles, les mains pleines, Portent à Dieu, dans leurs haleines, Tout ce que ce globe a d'encens.

En été, les feuillages sombres,

Où flottent les chants des oiseaux,

Jettent le voile de leurs ombres

Entre le soleil et les eaux;

Des sillons les vagues fécondes

Font un océan de leurs ondes,

Où s'entre-choquent les épis;

Le chaume, en or changeant ses herbes.

Fait un oreiller de ses gerbes

Sous les moissonneurs assoupis.

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