SCÈNE PREMIÈRE
On entend au dehors un bruit d'applaudissements ot des clameurs enthousiastes. Deux Gardons de thé&tro entrent d'aborJ portant des bouquets, et se tiennent
de chaque c6:6 do la porte; pais entre MADELEINE!, «n toilette do
théâtre, portant un énorme bouquet; elle est suivie de GËRTRUDE, . qui porte aussi des bouquets.
MADELEINE
Merci, merci! mcUeZ tout ça Ikl ( Les domestiques déposent les bouquets
sur le divan et sortent.) IIs sont tous4bus, ma parolel Ils Ont failli m'a^-
sommer, (eue dépose deux bouquets sur la toilette.)
GERTRUDE
C'est qu'aussi mademoiselle a joué comme un ange, ce soir!
MADELEINE, ôtant sa mante.
Voyons, ma bonne, est-ce que je ne joue pas toujours comme un ange?
GERTRUDE
Oh! bien certainoment, mademoiselle.
MADELEINE, passant à gauche.
£h bi^n, alors, qu'est-ce que tu chantes? (eiio se laUse tomber s» le canapé.) Ouf! que je suis lasse! — Gerlrude!
GERTRUDE
Mademoiselle I
MADELEINE
Quel dommage que lu ne sois pas sorcière, ma pauvre fille!
GERTRUDE
Pourquoi, mademoiselle ?
MADELEINE
Parce que tu ferais ta fortune en une minute. Qis-moi le nom d*un jeune homme que j'ai rencontré ce soir à la porte d'une église, et je te donne cent mille florins I
GERTRUDB.
Quel jeune homme, mademoiselle?
MADELEINE
Puisque je te le demande... Un étranger probablement... S'il était de Vienne, je l'aurais vu quelquefois au théâtre... oui... je l'aurais certainement remarqué... il ne ressemble pas à tout le monde... On voudrait avoir un frère comme lui. Ahl je suis folle I (sue M lère.) Voyons, cniève-moi ces épingles... c'est bien... Maintenant, tu peux t'en aller... Je vais arranger mes cheveux, mettre mon rouge, et quand il sera temps, je t'appellerai pour ma robe.
(sUe retourne à m toilette.)
GERTRUDE
Mademoiselle a encore une pièce?
MADELEINE
Oui... un acte, à la fin. ..-Va... (oa frappe.) Vois donc qui est là )
GERTRUDE
Mademoiselle, il y a lord Sheffied, le duc d'Estival et le prince Erloff.
MADELEINE
Entrez, messieurs, entrez I