Madeleine, le comte
LE COUTE
Quelle tète f Vous allez voir comme c*est intéressant ! ( u m.) « Mon cher comte, soyez assez bon pour me donner Toccasion de c causer avec vous un instant ce soir. Ce soir avant minuit, je 8 vous en prie. Votre cousin et ami, Maurice Feder. » — Voilà,
mon enfant, (a lul olfr» u lettre: elle la prend.)
MADELEINE
3ïaurice Feder? Qu'est-ce que c'est que ça?
LE COMTE
Ça? mais vous voyez, c'est mon cousin et mon ami... J'ai voulu vous le présenter plusieurs fois, par parenthèse..., mais il n'a ja^ mais voulu... Âh çà! mais en vertu de quoi ce billet vous préoccupe-t-il si singulièrement?
MADELEINE
En vérité, je n'en sais rien. C'est incroyable. J'étais convaincue qu'il devait être question de moi dans ce billet... Il y a des idées comme cela, qui vous viennent on ne sait pourquoi... Mais vousmême, comment paraissiez- vous prendre un intérêt si grave à une chose si insignifiante?
Ohl moi, c'est différent... La signature de ce billet a tout à coup réveillé des souvenirs de jeunesse qui me sont chers... Je me suis attristé en songeant combien je valais mieux dans ce temps-là qu'à présent. Et puis, je me suis reproché ma négligence à Tégard de ce brave garçon... Il faut vous dire qu'il y a quelques années, je me trouvai avec lui en Bohême... dans un vieux château, où semourait une de nos parentes... C'est une nature un peu sauvage fière, passionnée, profondément honnête... enfin, il me plut beaucoup... D'ailleurs, il y eut des circonstances qui nous unirent étroitement. Depuis, sans cesser d'ètroiamis, nous nous sommes un peu perdus de vue... Il n'est pas riche,.. U s'est écarté de moi... et moi, de mon côté, je n'ai pas fait tout ce que j'aurais dû pour nous rapprocher... Enfin...
MADELEINE
Enfin qu'est-ce qu'il vous veut ?