‹ Rédemption: comédie en cinq actes et un prologueChapitre 32 sur 127 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

« 83rait sans objet! Je désire demeurer quelque temps libre de ma « personne; mais à la prochaine nuit de Noël je vous réunirai tous « quatre à souper chez moi, et comme, après tout, vous êtes ce « qu'il y a de plus galant et de plus huppé dans Vienne...

MADELEINE

Huppé?... Est-ce que j'ai dit huppé?

d'estivâl.

Le moi; fut dit.

MADELEINE

Je le trouve sans façon 1 N'impone! continuez. d'estival.

a ...et de plus huppé dans Vienne, je vous promets de distinguer a Tun de vous. Promettez-moi en retour de rester bons amis, quoi « qu'il arrive! » — Nous sommes restés bons amis, mademoiselle, et nous sommes à la nuit de Noël !

madeleine.

Ne pourriez-vous me renouveler ce billet pour un an?

TOUS TROIS, protectant.

Âhl Dieu! ah!

madeleine, se leTAni.

Délicieux concert ! Qu'il est doux d'être aimée 1... Eh bien, messieurs,- vous oubliez une de nos conventions... c'est que durant le temps de votre candidature', vous ne pouvez m'offrir aucun présent, les fleurs exceptées... Débarrassez- moi donc de ces historiettes-là, s'il vous plalt. (Elle leur rend les bijoas.) VotrO bOUqUOt eSt '

superbe, d'ailleurs, d'Estival... Ça vient de Paris, ça? d'estival.

De la rue Castiglione , par le télégraphe , tiiademoiselle. ( n remonte un peu.)

MADELEINE, prenant un bouquet sur la table.

Et le vôtre, milord, également superbe?

SHEFFIED.

Oh! moi... Avez -vous remarqué la fleur qui a une racine de-* dans?

MADELEINE

Ma foi, non! Ça veut dire quelque chose, la fleur qui a une racine dedans?

8HEFFIED.

Ohl rien... Seulement il n'y en avait qu'une, a dit cet homme, en Europe, et puisque la voilà avec la ra ine, il n'y en a plus du tout... J'en suis bien aise, si vous en êtes contente.

UÂDELEINE.

Et moi, j'en suis contente, si vous en êtes bien aise... Vous permettez que je constate la racine?... Oh! oui, la belle racine!...

( RetooroAni le bouquet et le portant U queue en Tair.) ÂlorS il faut lo porter

comme cela, ce bouquet-là! — Et vous, Erloff, où votre grand sabre a-t-il coupé ces fleurs de3 tropiques?

ERLOFF.

Moi, charmante, je les ai fait voler la nuit passée dans le Jardin botanique par quatre domestiques à moi. Je m'étais dit : les gardiens m'en assommeront deux : mais pendant ce temps-là les deux autres feront le coup... C'est exactement, ma toute belle, ce qui est arrivé 1

MADELEINE

Ah! très-fin, très-fin, ce calcul, — avec une nuance cosaque... Mais le comte Jean a fait encore mieux que vous trois, messieurs.

d'estival.

Ah! parbleu! le comte Jean! il a des serres magnifiques!

madeleine, allant s'asseoir devant sa toilette.

Eh bien! justement, il ne m'a rien donné du tout... pas une* pâquerette, pas la queue d'une... Il s'est même sauvé avant la fin de la pièce... Ah! en voilà un qui va avoir peu d'agrément quand

va se présenter! ( on entend cne rumeur en dehors, sous la fenôtre.] Qu'oSt-

ce que c'est que ce bruit dans la rue? Voyez donc, messieurs! Oh! si ça pouvait être une révolution, mon Dieu!

d'estival, regardant k la fenêtre .

Je ne sais pas ce que c'est •. Je ne vois que la neige qui poudroie, quelque chose d'indistinct qui verdoie, et une grande foule

qui se coudoie... (on entend parler et rire dans le couloir.)

Page 1