ACTE lïl
qu'elle nous {lit prêté sa loge justement pour... Âh! ma foil tant pisi elle Ta voulu 1... Allez, continuez 1
MAURICE, fe levant et souriant.
Allons, grâce à Dieu, je vois que votre amour n'est pas sérieux 1 C'est une fantaisie qui vous a passé, n'est-ce pas?
LE COMTE, arec gtArM,
Ohl quant à cela, Maurice, détrompez-vous I Cette femme, qu'on vous a calomniée, je l'aime, et profondément!
MAURICE, allani à lui.
Ahl... Adieu donc à notre amitié, et dites adieu, vous, pour jamais, à tous les sentiments généreux et à toutes les nobles pensées. Adieu!
LE COMTE, le retenant.
Mais enfin, Maurice, vous êtes fou ! Qu'est-ce que cela signifie?
MAURICE
Cela signifie que j'aimerais mieux vous voir, vous, l'être le plus cher que j'aie au monde, oui... j'aimerais mieux vous voir, vous, comme moi-même, tomber aux jnains de la mort, qu'aux mains de cette pâle et souriante créature !
MADELEINE, se dressant brusquement, areo une fureur sombre.
Qu'est-ce que c'est donc que cet homme-là?
MAURICE, saisissant la main du oomt^.
Ah! je vous supplie de me croire, mon ami! Vous le voyez, ma main tremble! Je suis sincère, allez!... Je sais ce que c'est que'la passion, je sais quel sacrifice je vous demande... Eh bien! croyezmoi... cet amour où vous vous engagez n'est pas une de ces folies indifférentes qui glissent sans laisser de traces dans la vie d'un homme... Il y a, vous le savez, une race de femmes malfaisantes qui ne laissent partout où elles passent que ruine et flétrissure... £h bien! cette femme... Madeleine!...
LE COMTE
Mais je vous dis que je l'aime!... Et d'ailleurs, vous ne connaissez pas celle que vous outragez.
MAURICE
Je la connais mieux que vous! Le hasard m'a servi... j'ai pu lire jusqu'au fond de son âme... j'ai pu voir à nu, sous cette enveloppe
de grâce et de jeunesse, la cervelle usée et le cœur décrépit d'un vieillard qui aurait mal vécul
LE COMTE
Maurice, je Tai met
MAURICE, afec feu, lui prenant U main.
Et je' vous dis, mon ami, que, si vous laissez ce spectre appliquer sa lèvre glacée sur votre cœur, il y desséchera tous les dons que Dieu y avait versés avec plénitude... Il ne s'arrêtera pas qu'il n'ait fait en vous le vide, le désert, le néant qu; sont en lui!...
LE COMTE
Maurice. . . prenez garde I . . .
MAURICE, areo entratoement.
Eb bieni quand je songe à ce que vous êtes, vous à qui je m'étais attaché avec enthousiasme comme à ces chevaliers des anciens jours, dont vous aviez la générosilé, la franchise, l'éclat, la tendresse... quand je songe à ce que vous êtes et à ce que vous serez en sortant des bras de cette femme... j'éprouve une douleur profonde, immense, plus puissante que ma crainte de vous offenser... et je vous supplie... à mains jointes... tenezl de rester digne de vous, digne de moi... de sacrifier cet amour infâme à la sainte amitié que nous nous sommes jurée!
LE COMTE, tr&»-violent.
Maurice, je vous en prie... allez-vous-en!... Vous me faites jouer ici depuis trop longtemps le rôle d'un lâche! Allez-vous-en!
MAURICE
Le rôle d'un lâche?
LE COMTE
Oui, d'un lâche! Vous insultez depuis une heure devant moi la femme que j'aime... et je ne la défends pas! (u ra ouTrir la poru.] Allez-vous-en I...
MAURICE
Ah! mon Dieu! défendez-la,^ insultez-moi, provoquez- moi en
son nom! Ce sera digne d'elle! ( Madeleine, palpitante, étouffe à peine uo cri de colire.)