ACTE IV
LE COMTE
Un peu de miséricorde à cause de moi, Madeleine, je vous en priel
MADELEINE, se lerant.
Ah! vous me la baillez bonne, vous, messire Jean, avec votre miséricorde! II en a eu pour moi, lui, n'est-ce pas? Je vais lui chauffer vertement son entrée, je vous en réponds!... Remplissez tous vos verres, messieurs!
LE DOMESTIQUE, annonçant.
filonSiCUr Maurice! (Mouvement générai: le comte se 16to.) MADELEINE.
Kntrez, monsieur, entrez, et excusez-moi si je ne vole pas dans
vos bras, mais... (Reconnaissant Maurice; elle s'interrompt éperdue; à part.) Ce jeune homme du. cloître... c'était lui! (Mouremeat de surprise parmi les conriTes.)
Veuillez me pardonner, mademoiselle!... J'ai reçu un peu tard votre invitation. Je ne sais comment vous remercier d'une grûce que je n'avais aucun droit d'espérer.
MADELEINE, arec trouble.
Mon Dieu! monsieur, c'est le comte Jean qui... .Asseyez-vous
donc là, je vous prie, (lo comte et- Maurice se regardent, puis le comte tend la main à Maurice qui la presse aTPC effusion. — Maurice s'assoit pris de Bertlia.) Servez votre cousin, cher comte, (on se rassied, les personnages occupent les m6mes places; Maurice est à gauche*)
LE COMTE
Volontiers!... Mais qu'est-ce qui vous est donc arrivé, Madeleine ?
ERLOFF.
C'eit vrai !... Est-ce que vous souffrez ?
MADELEINE, sérieuse.
Horriblement, mon prince... (eiio éclate de nre.j Vous êtes ravissant, vous! Non, vrai, il est superbe! Il m'écrase trois doigts avec le pied de sa chaise, et il me demande comment je me porte! Mais pas bien, mon prince, et vous? Mon Dieu! c'est bien, vous ne Tavcz pas fait-exprès! C'est encore heureux!... Au reste cela se.
calme... Mais le premier moment a été rude... Tenez, prince, versez-moi à boire I Vous savez, les blessés ont toujours soif, comme les damnés... Je suis un peu Tun et Tautre, moi... par conséquent, à boire !
ROSETTE
Dans ce cas-Ià, ma chère, le mieux est de bassiner avec de Teau et du sel.
MADELEINE
Eh bienl tu y mets le temps, toi! Comment, monsieur Maurice, vous en êtes déjà aux confidences avec Bertha ? Qu'est-ce qu'elle vous conte dans l'oreille?
MAURICE, avèo une gravité Ironique.
Elle me conte, mademoiselle, que d'après vos intentions nous devons tirer des pétards tous deux au desserti Elle s'en réjouit et moi aussi. Tirer des pétards avec les petites demoiselles en buvant du vin de Champagne, c'est mon plaisir de prédilection, et je vous remercie, mademoiselle, de l'avoir deviné, (on rit.)
MADELEINE, arec embarras.
Mon Dieu! monsieur... c'est le comte Jeanl...
LE COMTE
Ahl que diable 1 Madeleine, le comte Jean, toujours le comte Jeanl
MAURICE
Mais elle s'endort sur mon épaule, cette pauvre enfant! Voulezvous me permettre?... Elle sera mieux dans ce fauteuil, ui ▼» poser l'tfnfani dans un grand fauteuil. ) Là, ma mignonno... Jo VOUS réveillerai quand nous serons aux pétards...
ROSETTE
Merci de votre complaisance, monsieur. (Moment de siienca.)
d'estival.
Savez-vous ce qu'on a fait à la Bourse aujourd'hui, milord?
SHEFFIED.
Un peu de baisse insignifiante sur les métalliques.
ERLOFF.
C'est du marsala 1829, ceci, n'est-ce pas, chère belle?