ACTE IV
LE COMTE
Ah I toujours votre maniç, Maurice?
MADELEINE
Quelle manie?
LE COMTE
liH manie des enfants! Il les aime tant qu'il les volel Parbleu I Madeleine, vous demandez une extravagance; mon cher coirsin peut vous en servir une toute rôtie I
MAURICE, grave.
Cousin, je VOUS en prie I
M ADELEINE.
Et moi je vous ordonne de me conter cela. Qu'est-ce que c'est donc?
MAURICE
Mon amil
Vous, monsieur, au lieu de passer votre temps à me contrarier, faites-moi le plaisir- de me rendre mon poison... avec lequel vous gesticulez là... depuis un quart d'heure !
MAURICE
Pardon... j'étais distrait... (n m i&ve et lui rend le flacon. ) Grand ))ien vous fasse, mademoiselle.
MADELEINE
Merci! et maintenant, comte, parlez! II y avait une fois... (Maurice lire les épaules légèrement et prend une attitude de résignation.)
LE COMTE
Il y avait une fois mon cousin Maurice promenant sa mélancolie sous les ombrages du Prater... tout à coup il entend des sanglots au pied d'un arbre... il s'approche... et découvre un petit paquet de linge sale qui pleurait abondamment... Maurice l'interroge... L'enfant, chacun a deviné que c'était un enfant I... l'enfant déclare être du sexe féminin , et appartenir à des parents goguenards qui bnt jugé plaisant de l'abandonner sur la voie publique... Maurice maudit les parents, bénit l'enfant, la fait décrasser, l'adopte, la baptise du doux.nom de Marguerite, et lui apprend le piano... ( Les I rient.) Est-ce vrai, Maurice?
Gi RÉDEMPTION.
MAURICE, grâre.
Parfaitement, comte.
Le piano... et l'alphabet!... 11 y a trois ans de cela. L'enfant doit en avoir neuf aujourd'hui. Dans quelques années d'ici, Maurice, rayant formée selon son cœur, voudra en faire sa femme... et c'est alors que Marguerite s'enfuira avec un garçon perruquier I
(On rit. — Touf M Itrent, exeopté Maurice.)
ERLOFF.
Monsieur, mon compliment; c'est pastoral.
SHEFFIED.
Bucolique... tout h fait.
d'estival.
Vous damez le pion, monsieur, à mon vieux précepteur, qui s'était voué à l'éducation des sarcelles!
madeleine, qui est redescendue un peu à droite, s'appuj-ant sur le dos de la chaise qu'occupait SlieCBed.
Votre précepteur élevait aussi des oies, monsieur le duc!... Quant à vous, monsieur Maurice , croyez-en une femme qui a fait toutes ses études, méfièz-vous du dënoûment prédit par le comte Jean!
MAURICE, ATec une ironie triste.
Pardon... mais ce dénoûment est impossible... Le comte Jean ignore la fin de l'histoire.
madeleine, prenant la place du comte Jean et frappant sur la table.
La fin de l'histoire! silence, messieurs I la fin de l'histoire! Maurice et Marguerite, ou l'orpheline du Prater... seconde partie! Allez,
jeune homme 1 ( EUe s'assied pour écouter. — Les autres personnag^es ont repris leurs places, à l'exception du comte, qui est debout devant la cheminée.) MAURICE.
Mais, mademoiselle, je n'ai. pas du tout l'intention...
Monsieur, je vous écoute...
MAURICE
C'est que rien n'est plus hors de propos. .