‹ Rédemption: comédie en cinq actes et un prologueChapitre 6 sur 127 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Précédents, HERMANN.

LE COMTE

C'est vous, Hermann ? (n m ra^ied.)

HERUANN, riant.

J'ai cru que ces messieurs m'avaient appelé. .

MAURICE, le regardant arec on s^rieox affecte.

Pas du tout... Ah çà, Hermann, qu'est-ce qui se passe donc? On dirait que vous riez I n'est-ce pas, comle?

LE COMTE, graremcnt.

Ma foi, je ne sais pas si c'est un jeu de la lumière sur ses traits, maison le dirait...

HERMANN, s'arançaQi.

Je croyais avoir entendu rire ces messieurs.

MAURICE, sMrement.

Rire ces messieurs ? Vous plaisantez, je crois. Voyons, approche : aimes-tu le vin du Rhin î'Prends ce verre, et réconforte un peu la caducité.

HERMANN, burant.

Monsieur...

MAURICE

Vinum bonum lœtificat. Gaudeamus 'igiiurï n'est-ce pas, comte Jean?

LE COMTE

Parfaitement.

MAURICE

Et maintenant, vieillard, parle-moi comme tu parlerais à ton père, avec une franchise antédiluvienne. Que penses-tu de la princesse, notre tante ?

HERMANN y regardant tour à tonr le comte et Maurice.

Monsieur, je pense qu'elle est morte.

MAURICE

Effectivement. Ta réponse n'a rien de compromettant... Mais de

son vivant, que pensais-tu d'elle? Les bruits qui en courent sont singulièrement contradictoires, n'est-ce pas, comte ?

LE COMTE

Oui... oui... tout à fait contradictoires.

MAURICE, fristement.

À.insi, les uns affirment que c'était une âme exquise, se plaisant uniquement à faire régner dans les environs la douce joie dont elle était remplie; bref, que le pays fait en elle «ne perte irréparable.

H E R M A N N , branUnt la iâte doolottrettsemeni.

Ah ! monsieur, c'est bien la pure vérité.

LE COMTE, en riant et le falunt renir pris de loi.

Cependant, Hermann, d'autres laisseraient entendre... eh I eht Hermann, qu'elle avait avec ses paysans et ses serviteurs le verbe rude, et même la main prompte, eh ?

HERMANN, ria^t.

Dame I monsieur, il y a un peU de vrai.

MAURICE, sérieux.

Quant à la charité...

HERMANN, sérieux.

Oh! quant à ça, monsieur;..

Eh bien, -on dit qu'elle ne la connaissait que de nom...

HERMANN

Franchement, ce n'était pas son fort, monsieur.

MAURICE

C'est ça, Hermann I Tu me réconcilies avec l'humanité, mon ami.

(il se I^TO et lui frappe tav l'épaule.) Tu aS lo COUragO de tCS OpiuiOnS...

tu es bien le vieil Allemand de la vieille Allemagne. Si j'hérite de ce domaine, et si tu deviens mon vassal, je prétends te témoigner solidement l'estime que tu m'inspires. (Éieyant la toIx.) Y a-t-il dans le donjon de ce château une chambre de torture ?

HERMANN, effrayé.

Monsieur... je...

LE COMTE

Voyons, Maurice, laissez-le donc tranquille, cepauvre bonhomme.

MAURICE

Soit I (u T& chercher une longroe pipe de porcelaine.) G^était pOUr rire, Her-

man. Meurs en paix ! Cousin, je vais fumer ma pipe dans le jardin pour calmer mes nerfs, en attendant les révélations de l'infâme

Gothleuben. (a aUume s& pipe au flambeau k deux branchée qui se iroure sur la

tobie. Se retournant, près de sortir.) Il a uno mauvaise figuro I A bientôt,

cousin, (n sort au fond.]

LE COMTE, rUnt. *

A bientôt I -

Page 1