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le corps ne maîtrisant point l'âme, aucune des infractions dont il deviendrait la source , n'altère la pureté de nos hommages. Elle lui recommande, tout à -la -fois, de veiller à ce que sa volonté ne soit pas entraînée par les écarts de l'esprit. — Envers les autres : c'est ici le triomphe de la morale de J.-C. ; car entre les préceptes dont il nous propose l'observation vis-à-vis de nos semblables , et les maximes de la philosophie païenne, il existe un aussi immense intervalle qu'entre la Toute- Puissance et la faible humanité.
Enfin , nulle contradiction dans les idées que le christianisme nous révèle sur la Divinité, nulle défectuosité dans ses dogmes, nulle opposition entre la raison humaine et des mystères placés au-dessus de notre sphère intellectuelle.
De cet exposé il résuite donc que la religion chrétienne , tout entière basée sur notre délivrance par l'entremise d'un divin Sauveur, a droit de commander notre conviction.
§ II. — Religions , autres que le christianisme.
Hors du christianisme, tout n'est qu'emblème ou erreur. L'erreur, fille des passions, se modifie suivant les peuples et ies climats; les emblèmes sont plus ou moins directs, plus ou moins obscurs, suivant l'analogie des mythes * et des opi-
* Mythes, de uluôoç , fable.
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nions religieuses avec l'histoire de la révélation. Foyer des idées révélées, consignées dans ses livres saints, la nation juive en a conservé le magnifique héritage; ailleurs les traditions ont varié, semblables à autant de fleuves dont la limpidité s'altéra plus ou moins, mais qui, cependant, charrient toujours le sable d'or échappé d'une source pure.
Par conséquent, le vain échafaudage du paganisme repose sur la révélation , et il existe une tradition générale , descendue des hauteurs du monde primitif , dont l'éclat , trop souvent obscurci , se répandit sur tous les peuples du globe.
Or, les traces de cette opinion, que dénaturèrent l'orgueil de l'esprit et la perversité du cœur, se rattachent à la condition première de l'homme , et au moyen de le régénérer. Annoncée par les traditions de tous les peuples, figurée par leurs sacrifices, la rédemption de l'univers apparaît à nos regards, pour confondre l'incrédulité ou pour raffermir dans la foi les croyans mal assurés, dont la marche menace de devenir, si elle n'est pas déjà, chancelante.
De tous les témoignages qui attestent l'existence de la doctrine de la réconciliation du monde par l'entremise d'un divin Sauveur, et dont l'ensemble constitue \& première partie du présent ouvrage, aucun , sans contredit , n'est plus clair ni plus
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complet que celui des livres saints *. Dès le commencement jusqu'à la fin, sous des allusions incessamment plus directes que la synagogue et l'église chrétienne s'accordent à interpréter dans le même sens, ils désignent un Juste, objet de l'attente des peuples; une époque de bénédictions, pendant laquelle refleurira un règne de justice, d'amour et de paix. Toutefois, sans présenter un système de preuves aussi régulier, la fable et les nrystères du paganisme, contiennent des élémens dont la rapide analyse établira que la mythologie admet la croyance en un rédempteur et en un ordre de choses plus satisfaisant. Les vestiges de cette opinion existent dans les Kedas de l'Inde, dans les livres canoniques des Chinois, dans la Parole vivante ( Zend - avesta ) des Perses, dans les mystères de l'Egypte et de la Grèce, dans les institutions pontificales des Romains, dans Y Edda du Nord..., vestiges assurément imparfaits, nous le répétons, mais suffisans pour nous guider au milieu du chaos. Partout où on ne la vénérait pas religieusement, où elle n'était point reçue, propagée, conservée avec une âme pure, l'idée de la rédemption, altérée par l'influence de passions aveugles sur le culte de la Divinité, disparaissait presque sous les superstitieuses erreurs qui ré-
* Nous avons adopté , dans le cours de l'ouvrage , la version française de le Maître de Sacy , consacrée par les suffrages les plus respectable*.
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gnaient du fond de l'Inde et de Babylone jusqu'à la Grèce et l'Italie. Il nous faudra signaler l'attente du Verbe réparateur, montrer quel prix les peuples anciens attachaient à ces étincelles de vérité, indiquer comment se perpétua le souvenir de la promesse qu'un jour resplendirait la lumière. Quand cette idée, affaiblie par les fictions, ne se produira point d'une manière nette et positive , la saine raison saura dégager l'or d'un impur alliage, rendre à la vérité et sa physionomie et son allure franche et libre. Or, pour remplir ce but, il ne s'agit point d'énoncer isolément les données partielles que possédaient les peuples sur ce sujet, mais bien de réunir en un faisceau tant de rayons lumineux, d'embrasser d'un coup -d'oeil la concordance de ces importantes notions entre elles, de nous convaincre par là, d'une manière à-la-fois pleine et inébranlable , que le dogme chrétien de la rédemption avait de profondes racines dans le paganisme.
Abordant ensuite les sacrifices, figure de l'holocauste offert par J.-C, nous prouverons, dans une seconde partie, qu'ils étaient moins un moyen éclatant de manifester la gratitude des peuples , qu'une solennelle expiation , consommée aussi bien dans l'intérêt de la nation entière qu'isolément pour les individus. Adoptant à cet égard les idées du comte Joseph de Maistre, nous établirons qu'à toutes les époques et dans tous les lieux, les