ACTE I
SI A n I' L K 1 N VJ , s'ns=pyaiit tim.îemciU a l'cxtrc^mito «lu banr.
Jo VOUS apporte, mon père, cinq cents florins pour vos pauvres.
Lt: PU il: un.
Do quelle pari, ma fille?
MA DK LKINK.
De kl mienne.
Vous paraissez bien jeune, mon enfant, pour disposer d'une somme aussi considéraJjle.
MADELEINE parait hésiter, puis levant son voile.
Mon père, je suis la 3Iadeleine du Tliéàtre-Impérial.
LE PRIEUR
Ali! donnez, mademoiselle, je m'en charge de grand cœur.
MADELEINE
J'ai aussi à vous remettre dans la môme intention deux souverains de la part d'un jeune homme que je ne connais pas et qui se trouvait là quand je suis arrivée... Eh bien! qu'est-ce que j'ai donc fait de ces deux souverains?... N'importe, en voici deux autres... Vous le cjnnaissez peut-être, vous, mon père, ce jeune homme ?
LE PRIEUR
Je ne sais... Je ne l'ai pas aperçu!
MADELEINE
Pardon... Je pensais que pOUt-Ôtie... fEUeselêve après un silence d'esi-
barras.) Je VOUS lemei'tie bien, mcn père.
LE PRIEUR
C'est à moi de vous remercier, mademoiselle. Vous me quittez bien vite ; cest que vous jouez ce soir un3 pièc3 nouvelle, je crois ?
MADELEINE
Comaicnr, mon père, vous savez ces misères?
LE PRIEUR
Mon Dieu! autrefois, quand je vivais dans le monde, j'aimi.is beaucoup le théâtre... Et maintenant encore, de loin, je ne puis m'empècher d'y prendre intérêt... Je sais que vous avez beaucoup de talent, mademoiselle., et je suis très-ccntcnt de nous avoir vue.
MADELEINE
Vous l'tes bien aimable et bien bon, mon père.
LE PRIEUR
Eh! mon enfant, la bonté est le seul charme qui soit permis aux vieillards; si on ne l'avait pas, on ferait peur... Voyons, ma fille, vous m'avez donné une commission pour les pauvres, n'en auriezvous pas une aussi pour le maître de cette maison? Je m'en char,gerais avec plus de joie encore.
MADELEINE
Ah ! mon père, voilà ce que je craignais, et voilà pourquoi je voulais m'en aller... Je vous assure que je suis venue ici uniquement pour ce que je vous ai dit, car, par malheur, excusez ma franchise bohème... c'est ma seule vertu... je ne crois à rien, ni à Dieu, ni à diable... Je crois aux pauvres, parce que j'en vois, et je leur apporte cinq cents florins dont je n'ai que faire... Voilà tout.
LE PRIEUR, souriant.
Oh! mademoiselle Madeleine!
MADELEINE
Oh! mon père, c'est comme cela. Ne cherchez pas le doigt de Dieu... il n'y est pas! ^
LE PRIEUR
Je vous demande pardon, mademoiselle; permettez -moi de vous dire que vous ne vous y connaissez pas comme mioi. Voyons, pourquoi ètes-vous venue vous-même m'apporter votre aumône ?
MADELEINE
Je ne sais... une fantaisie.
LE PRIEUR
Oui... Je gage que vous êtes venue à pied!
MADELEINE
Sans doute, mais qu'est-ce que cela prouve?
LE PRIEUR
Cela prouve, mon enfant... Ne criez pas... Je vais toucher à la plaie de votre vie... Cela prouve que vous vous ennuyez.
MADELEINE
Moi, mon père, m'ennnyer! Mais, grand Dieu! savez-vous bien