SCÈNE II
MAURICE, LE COMTE, tous deux graves et tristes. LE COMTE.
Vous êtes dur pour ce vieillard, Maurice.
MAURICE
Se5 attentions serviles me fatiguent.
Que voulez-vous? Il ménage les héritiers... C'est la nature!...
MAURICE
La nature! Ne me dites donc pas de ces clioses-là, comte Jean ! Ce n'est pas une excuse, la nature! Quand elle e.^t mauvaise, e' elle l'est toujours plus ou moins, il faut la vaincre : c'est le mérite et la supériorité de l'homme. Ce vieillard, et je lui en veux de cela, me force à mépriser ce que j'aimerais à lespccîer toujours, une tète blanche! Comment! ce matin il a vu descendre à sa dernière demeure sa ^ ieille suzeraine et maîtresse, à qui le liaient trente années d'habitudes familières, et depuis ce moment son unique préoccupation, vous le voyez, est de deviner dans nos regards ce qu'il doit periser, dire et faire pour être agréable aux héritiers présomptifs, également disposé à pleurer la défunte si nous la pleurons, et à en rire si nous en rions... Eh bien, c'est naturel... mais c'eit ignoble !
LE COMTE
Tout cela, cousin, est honnêtement pensé. Mais vous êtes dar.s votre morale un peu âpre et rude, com:r.e le vin généreux quand il est jeune. Avec les années, vous vous dépouillerez légèrement, et vous serez parfait. Est-ce que nous n'arrosons pas un peu ces noisettes, Maurice?