ARTHUR, LILIA
ARTHUR. C’est vous! c'est vous, l.ilia !...
éilia. Oui, et bien tremblante! car si mon oncle savait que je parle à quelqu'un sans sa
permission mais il a des aflaiics graves et
inconnues qui le préoccupent beaucoup; et tout 5 l'heure un pécheur est venu lui apposer une lettre , et pour la lire il m’a dit
d'aller en avant J'ai quelques moments
pour vous revoir, Arthur. . . llelas!... peutêtre seront-ils les derniers!...
ARTHUR. I.es derniers?...
lima. Oui, car mon oncle exerce snrmoi une tyrannie respectueuse , un despotisme qui m'épouvantent plus que ne ferait le rigueur d’un père !
Arthur. Dès aujourd'hui, chère Lilia, je lui parlerai.
LIMA. Mais réussirez-vous?
Arthur. Hélas! an moment décisif, je
sens le coeur me manquer i.ilia ! je surs
bien coupable!... car je vous ai caché la vérité sur ma naissance , et j'ai laissé votre amour répondre an mien, quand, peut-être, je suis indigne de tant de bonheur!
lilia. Que voulez-vous dire ?
Arthur. Je vous ai dit que j'étais le fils de lord Rrogliill.... Je le suis en elfet , mais i
ma mère n'était point la femme de ce noble lord, et jamais je ne l’ai connue, elle!...
- MUA. Ah! pauvre Arthur!...
ARTnuR. I n scu| et vague souvenir m’en est resté , et il me semble l’avoir vue dans mon enfance au moment d’une violente altercation avec mon père mais j’ai beau
chercher dans ma tête , rien qui puisse 111e la rappeler distinctement. Lord Hroghill 111'a promis qu’un jour son nom m’appartiendrait... Il a pourvu largement à mon éducation, à mes besoins, à nus plaisirs même....
Il a promis de me faciliter tous les moyens d'arriver au bonheur qu'il me laisse choisir librement... Mais il n’importe, Lilia, je vous
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ai' trompée, et maintenant vous allez me mépriser sans doute!...
lilia. Vous mépriser, Arthur, parce (pie vous êtes moins heureux que je ne l’ai cru jusqu a présent !... Ali ! le malheur qui nous frappe ne fait que nous rapprocher... Je ne sais si le secret que vous me révélez va rendre sir llerries plus inexorable encore ]M>ur tous deux.... mais moi, puis-je maudire vos douleurs que j’ai partagées?... ma naissance fut légitime , il est vrai ; mais quand je (tordis aussi mes parents, j’étais trop jeune (mur les connaître.. ..A vous, le premier, j’ai pu conter les souffrances de mon âme, le vide de mou existence, vous seul m’avez plainte et m’avez
comprise 1- 1 lorsque c’est à mon tour à
présent de vous comprendre, de vous plaindre et de vous consoler, je refuserais cette noble tâche que v ous avez si bien accomplie auprès de moi ? Oh ! non , Arthur, ne le craignez pas!.., Tous deux isolés , abandonnés, orphelins, marchons dans cette triste vie en nous appuyant l’un sur l’autre. Si notre horizon devient menaçant, si le reste de l’univers se ferme pour nous, eh bien ! que nous ayons toujours , du moins , un regard où puiser du courage , une main qui vienne audevant de la nôtre, une destinée qui nous répoude de notre destinée.
ARTHUR. t’.hère Lilia !... Ah ! votre angélique bonté me rend toute ma force et rallume dans mon cœur toute mou espérance... Non, je ne puis croire que sir Herries ait la cruauté
de m’envier tant de bonheur non, je lui
parlerai... je le fléchirai... il verra bien que je ne peux renoncer à vous... il comprendra mon amour... mon désespoir... il ne séparera pas ceux que la mort elle-même ne pourrait séparer.
macalbane, au fond. Voilà sir llerries!...
lilia. Ne lui parlez pas maintenant encore qu'il ne puisse supposer que nous
nous sommes vus tu revoir, Arthur, et
que Dieu nous protège.
Elle entre dnui la maison avec sa suivante. Arthur, après lui avoir haisé la maio, s’éloigne par le fond.
lé,