SCÈNE V
MACALBANE , MITHt'B , qui parait au fhnd.
macalbane, tirant sa pipe. Ab! enfin!...
quel fâcheux que ce shériff ! Si ou n'avait quelquefois besoin de lui (tour emprisonner ses vassaux...
ARTHUR , cherchant. L’auberge du Itoi Georges ?
MACALBANE. Encore un importun ! Mais je ne tne trompe point... par quel hasard sir Arthur eu ce. pays ?. ..
ARTHUR. Lord Macalbane... Eu effet, tous
avez des propriétés de ce côté Pourriez-
vous m'indiquer l'auberge du Iloi Georges ?
macalbane. La voici : mais je vous demande ia préférence pour mon château
vous ne me la refuserez pas.... Je suis réduit à boire seul à présent... Kovvley est mort d'une indigestion , et Maxwell a é|é presque assommé par un mari de Dnuifries.
ARTiii ii. Quel hasard de nous rencontrer ainsi, si loin de Londres !... Je ne vous ai pas
UIÎDùAl VIL UT.
vu , je penw , depuis le dernier bal dotiué chez lord Reynolds...
MACALBANE. Ah! oui, ce vieux général qui est intrigant toutes les [ois qu'il n'a pas le temps d'être libertin..... Et puis-je vous demander quel motif vous attire en Ecosse?
ARTHUR. Je ne vous le cacherai point, car c'est presque un devoir... Je viens pour retrouver ici une personne...
MACA 1 .BANE. Alt! une amourette...
Arthur. Mon, une chose grave !... Et peut-être pourrez-vous me donner quelques renseignements dont j’ai besoin... Connaissezvous un certain sir Herries, qui demeure, je crois, dans le voisinage?
MACALBANE. Mi je le connais...
Arthur. En France, et dans la traversée de ce pays eu Écosse , je rencontrai sa nièce, miss Éilia... elle était alors avec un autre de
ses parents éloignés, un co ntu d'Alhany
qui n'avait point de droits sur sa destinée..., Mylord, je ne vi ux point vous importuner du ri cit d'une passion dont je ne pourrais jamais
vous dépeindre toute ta puissance qu’il
vous sullise de savoir que je viens retrouver ici mis-, l.ilia, qui doit y venir avec son ourle, ui’a-t-elle écrit. C’est iri que je demanderai à sir Herries la main de sa nièce... car il parait qu'il est impossible de pénétrer dans son château.
macai.baae. Ici ou dans son château, votre démarche serait également inutile... Sir Herrics a refusé déjà sa nièce à des partis cent fois plus nobles que ce misérable gentillàtre, et elle est pour lui l’objet d'un culte si singulier, qu'il tant qu'il ait sur elle des vues bien hautes ou bien honteuses!...
Arthur. Mylurd, pouvez-vous penser?...
MACALBANE. Mais, au reste, que vous importe?...
ARTHUR. Mylord, j'aime celte jeune fille!...
MACALBANE. Kh bien! aimez-la!... mais ne l'épousez pas!... La nièce d’un sir Herries, la parente d'un comte d’Albany, tous gens parfaitement inconnus, cela ne s'épouse pas... point de rang, pointde dot... y pensezvous? Nous autres gentilshommes, le mariage est la seule spéculation qui nous soit permise... et si nous 11e pouvions avoir de fantaisies amoureuses que par-devant notaire, autant vaudrait naitre bourgeois.
Arthur. Mylord, une dernière fois, je vous le répète... miss l.ilia !...
MACAI.RANE. Enfin , soit ; vous voulez à
toute force épouser, Eh bien ! par amitié
pour vous, je servirai d’instrument à vos vues légitimes... Il v a de quoi me perdre de réputaliun... mais 11’iniportc! pour un ami il n’y a pas de risque que je ne coure. [A part.) Et puis je sais certain que je ferai toujours
enrager sir Herries, et c’est une occasion que je cherche depuis longtemps. %
ARTHUR , qui a été au fond. Tenez, mylurd, la voici qui vient... avec sa suivante...
Et, dites-mui, à voir tant de candeur et tant de beauté, si je puis songer à la trahir?...
MACALBANE. Sir Arthur... je me retire en conlideut qui sait vivre ; je vais vous servir de vedette ; et si je vois de loin l'ennemi, je donnerai l’alarme... Au revoir!... au revoir le plus tard possible.
il sort.
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