‹ Redgauntlet drame en trois actes, precede d'un prologueChapitre 25 sur 46 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FOXLF.Y, REDGAUNTLET (HERRIES).

redgauntlet. Oui, mon cher Foxley, ce dépôt dont tu m’avais révélé l’existence , le digne fils de mon délateur a refusé de me le rendre... Mais un joueur de cornemuse, un ancien soldat que j’avais pris pour témoin dans ce duel, m’a promis de m’apporter aujourd’hui ces papiers J’ai ordonné qu’il fût

introduit immédiatement, et qu’il fût seul excepté de la consigne inexorable qui arrête tous les étrangers à l’entrée de ce manoir.

foxley. Il doit vous rapporter ces papiers?

Gomment cela se fait-il?.... Lorsqu'à l'époque de la désastreuse bataille de Culloden je restai seul pour garder le château, et que les Macalbane vinrent en prendre possession , surpris par eux, je n’eus que le temps de cacher le coffret renfermant le dernier écrit de lady Redgauntlet , qui me l’avait envoyé secrètement de son lit de mort ; lorsqu’on me •lit qu’arrêté par les Anglais, vous vous étiez frappé dans votre cachot d'un coup de pistolet, mon unique consolation fnt de penser que j’avais dérobé pour toujours R d’odieux profanateurs le dépôt que j’avais été forcé de laisser dans votre ancien manoir, et je ne puis comprendre qu’un inconnu bienveillant on non, et qui paraît étranger au château, ait découvert ce trésor si impénétrable à tons les yeux.

REGAL. ntlet. Oh ! par pitié, ne médis pas

cela , Foxley, songes-y I.a lettre de lady

Redgauntlet.... c’est mon seul espoir de retrouver mon fils , le fils qn’on enleva à mes larmes . à mes prières , à tnes fureurs ; car lorsqu’elle l'arracha de mes bras, à moi qui voulais en faire la consolation de mon exil, le désespoir de perdre mon enfant m’inspira la dernière de ces fatales colères particulières

aux Redgauntlet, et dont les effets surnaturels semblent évoquer sur leurs traits les Sanglants souvenirs dtt passé. Depuis ce temps , si j’ai cherché à placer sur le trône de ses pères l'héritier de cette race illustre pour laquelle mes ancêtres ont rnml>attu, eh bien ! te l'avonerai-je, Foxley, re n'est point par devoir peut-être, par fidélité pour le sang de mes rois c’est parce que, con-

damné sans pitié , protégé seulement par le bruit de ma mort, je ne puis aller librement redemander mon fils aux amis , aux parents de lad; Redgauntlet, tous Anglais, tous attachés, tu le sais, an parti de la maison d'Hanovre. Je croyais qu’une révolution pouvait seule me rendre mon fils, et pour ce bnt, aidé des partisans des Sluarts , cachés sous des noms obscurs et sous le costume de pêcheurs, j’ai tenté, j’ai tramé, j’ai presque amené à fin rette révolution. Juge de ma joie , Foxley, si re dépôt refusé par Maralbnnr, et que l’on va me rapporter, m’éclaire sur l’existence de mon enfant, me guide dans mes recherches , m'apprend qu'un peu de joie et de bonheur peut encore éclaircir ce

front sillonné par tant d’infortunes! Oh!

ne me dis pas, Foxley, que ce bonheur est impossible, ne brise jets ce doux rêve qui m’a soutenu vingt-cinq ans dans la misère et te bannissement! (ïh! ce serait une pro-

scription plus cruelle que la première.. . car j’ai pu quitter ma patrie sans mourir, mais je ne pourrais plus vivre si tu m’exilais pour jamais de mes espérances de père.

foxley. XI y lord , qne le ciel exauce les prières du vieux serviteur!

■RKDGAliKTl.KT. Aussitôt après mon entrevue avec Willie je dois partir; il faut songer â mes devoirs; je vais retrouver GiwrlM- Edonard, et lui amener miss J. ilia sa fille.

foxley. Quoi ! miss Lilia est la fille de Charles-Edouard!

REDGÀUSTLET.

REBGAUNTLCT. Sa fille naturelle , qu'il m’a confiée et qui passe jiour ma nière; elle ignore sa naissance; son père a sur elle «le grands |>rojets, et c’est pour cela qu’il m’a chargé «ie l’amener en lîcosse, et de veiller sur elle comme sur mon enfant ; voilà «pii t'explique maintenant ce respect qui perce malgré moi il travers mon langage «fonde supposé.

foxley. Mais notre chef est donc en Ecosse, lui ?

REDGAONTLET. il a dû débarquer à quclques milles d'id ; je vais marcher à sa rencontre avec mes amis que j'ai convoqués au château (tour dix heures ; ils entreront avec le mot d'ordre qu'il a lui-même envoyé.

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