‹ Redgauntlet drame en trois actes, precede d'un prologueChapitre 37 sur 46 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, LILIA, NIXON.

I.ILIA, entrant vivement. Laissez-moi I laisscz-inoi!... Ah! sir Arthur... jesuis sauvée!... sir Arthur, protégez-moi !

Elle court â lui.

ARTHUR. Qu’avez-vous, Lilia?

NIXON, d part. Sir Arthur.

Arthur. Qui donc oserait vous insulter t

NIXON. Mylord, justement j’avais ordre de conduire miss Lilia auprès de vous. (A part.) Allons retrouver lord Macalbane.

Il sort.

ARTHUR. Auprès de moi? Miss Lilia, expliquez vous!... d’où vieut ce trouble, cette émotion? comment êtes-vous ici ?... qui vous y a amenée?

LILIA. La trahison, la violence!... ce lord Macalbane, cet ennemi de mou oncle m’a enlevée dans la chaise de poste où j’attendais sir Herries.

ARTHUR. Quoi! il a osé...

i.ii.ia. Déguisé en postillon, il a lui-même conduit les chevaux et m’a entraînée malgré mes cris et mes larmes ; à quelques pas d’ici la chaise s’est brisée, et alors, cherchant un refuge dans cette auberge, je suis accourue ici suivie par Nixon, qui a trahi son maître... Mais je vous ai trouvé, sir Arthur ; vous me défendrez, vous!... je me mets sous votre sauve- garde.

Arthur. Lilia!... ah ! je comprends maintenant pourquoi Macalbane m’avait dit de venir l’attendre ici.

W il lie, ù part. Et moi, je comprends pourquoi il l’a amenée ; c’est pour que la colère d’Herries, qu’il a bravée, retombe tout cutière sur Arthur, ou réciproquement... il se regardera venger tranquillement. C’est fort ingénieux.

lilia, entendant Willie. Un étranger!...

ARTHUR. C’est un ami!... Mais en acceptant ce rendez-vous , je ne me suis pas fait son complice ; et si j’avais connu ses projets, jamais je n’aurais consenti à ce que , malgré vous...

lilia. Vous m’attendiez donc aussi '!

Arthur. Non, pas vous!... lui, lui seul.

Au moment où votre oncle prononçait ce mot terrible : Jamais! il m’a jeté une espérance à

laquelle j’avais besoin de croire pour ne pas mourir. Mais puisque nous voilà réunis, Lilia , acceptez-vous mon nom, ma main , ma vie ?. . .

lilia. Sir Arthur, il faut me ramener à mon oncle.

willie, « part. Diable ! ceci ne ferait pas mon affaire...

Arthur. Vous ramener à sir Hrrries, c’està-dire vous perdre, vous perdre pour toujours!... oh Lilia! ne l’exigez pas... dernandez-moi de punir Macalbane, je vais le faire... deinandez-inoi mon sang, je vous le donne...

mais nous séparer... nous séparer!..-.

lilia. Sir Arthur, il faut me ramener à mon oncle.

willie, à part. Elle persiste !...

Arthur. Oh! ne pronunccz plus ce mot, ne donnez plus cet ordre , Lilia , ou je croirais que , de concert avec votre tuteur, vous voulez me bannir loin de vous... je croirais que vous ne m’aimez pas enfin !...

LILIA. Je vous aime , sir Arthur, je suis prête à l’avouer à la face de tous ; mais je vous aime noble , généreux , honnête hoin-.

me !... je vous aime parce que vous ne voudriez devoir uia main ni à ia ruse, ni à la i violence , parce que vous respecterez le premier celle que vous voulez faire respecter de tous. Mou amour ne dépendait que de moi, je vous l’ai donné, ma main dépend de mon oncle... et quand j’oublierais tout les principes d’honneur, je ne vous appartiendrais pas davantage , car tôt ou tard sir Herries nous retrouverait. En ce moment, il doit être sur ! nos traces ; lorsqu’une de ses colères le do- | raine, il devient implacable. Ah 1 cette idée seule m’épouvante... Arthur, par pitié, par grâce, rendez-moi à mou oncle, vous le devez, l’honneur vous le commande.

Arthur. lih bien ! puisque vous l’ordonnez, puisqu’il le faut, et qu’à ce prix seulement est votre estime et votre amour, j’y consens, partons.

WILLIE , à part. Elle m’échappe... Suivons-la du moins.

Ils vont pour sortir, Macalbane entre.

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