ALBÉRIC, ÉDITH
(tl)ITH. .Sibérie ! tout serment de haine est impie.
albéric. Il n’y a de serments impies que ceux auxquels on manque , et je tiendrai le mien. .Mais maintenant qu'on transporte Elfride au château.
ÉDITH. Cela ne se peut... il n’est plus dans le château dévasté par ces malheureux une salle qui pût recevoir votre femme, et lâ tout ne lui retracerait qu’un souvenir de désolation qui serait fatal pour elle en ce moment ; retirée dans la chambre de cette hôtellerie « qui donne sur la lisière du bois, elle est entourée des soins de deux suivantes qui m'appelleraient s’il y avait quelque danger.
AI.RÉRIC. Je vais la retrouver du moins.
édith. Vous! pénétrer auprès d’elle...
tout tremblant de colère... les mains toutes souillées de sang !...
ALBÉRIC. Ce sang je l'ai versé pour la patrie... Cette colère était joste.
édith. Oui. peut-être jusqu’à présent; mais malheureusement votre fureur est souvent aveugle et ne choisit pas ses victimes!. .. Depuis deux ans surtout vous ne connaissez plus la pitié, et le bruit de vos violences et des sanglantes représailles que vous exercez est venu jusqu'au couvent où' je prie, pour vous.
ALnÉRlc. C'est qu'il y a deux ans aujourd’hui qu'un ingrat a fui le toit de son père... Oui , depuis ans je suis devenu sombre, haineux et méchant ! car depuis deux ans je n'ai plus de fils!
édith. Mais pourtant si Edgar...
albéric. A tout autre qu'à vous, ma mère , j’avais interdit de prononcer ce nom devant moi.
édith. .l’étais revenue pourtant pour vont
; en parler, mon fils , car j'ignorais le danger de votre femme. St moi , chargée d'années , j'ai quitté le cloître auquel m'enchaîne mon autorité , c'est pour un motif sacré. Edgar Redgauntlet est venu se jeter aux pieds de son aïeule ! il se repent de ses fautes , il abjure ses erreurs que sa jeunesse excuse déjà ! Cet enfant m’a suppliée de le réconcilier avec son père... et à sa voix je me suis mise en route, seule, à pied, sans escorte, sans défense ; et pour vous épargner plus longtemps, à lui des remords, à vous des regrets, Albéric, j'ai abandonne l’autel sous lequel je voyais déjà ma tombe, à l’âge où l'on entrej voit déjà le ciel.
1 ai.réric. Jamais!... ce vagabond, ce débauché depuis deux ans a terni mon écusson, deshonoré sa famille!... je ne lui pardonnerai | pas , il est trop lard.
édith. Trop tard!.., ah! ne prononcez pas ce mot devant une femme vouée au Seigneur !
trop tard!... c’est le désespoir! c’est l'éternité! c'est l'enfer !... Dieu ne l'a pas dit à l’homme!... un père ne peut le dire à son fils!... et les saintes Ecritures nous apprennent que lorsque l’enfant prodigue retint à la maison paternelle , son père mit ses habits de fête et vint le recevoir sur le seuil.
albéric. Jamais je ne consentirai à revoir cet enfant que Dieu m'a envoyé dans sa colère, qui a menti à sa rare!... Jamais!... et s'il était là... s'il m’entendait.;.
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