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CHAPITRE IV

CONTINUATIOxN DU JOURNAL DE DARSIE LATIMER.

'aurore commençait à poindre, et je dormais encore profondément ainsi que M. Geddes, quand l'alarme fut donnée par la sentinelle canine qui s'était établie mon compagnon de lit, d'abord par de sourds grognements proférés à intervalles , puis enfin par un avertissement plus bruyant de l'approche de quelque ennemi. J'ouvris la porte de la cabane , et j'aperçus, à la distance de quatre ou cinq cents pas , une troupe d'hommes rangés en colonne serrée , et que j'aurais pris pour une haie sombre si je n'avais vu qu'ils avançaient rapidement et en silence.

Le chien courut à eux , mais il raccourut presque aussitôt en hurlant, ayant probablement reçu un coup de bâton ou un coup de pierre. Ne sachant pas précisément quelle tactique M. Geddes pouvait croire convenable d'adopter, ou quel traité il voulait proposer, j'allais rentrer dans la cabane, quand il parut soudainement à la porte. — Marchons hardiment au-devant d'eux, me dit-il en passant son bras sous le mien ; nous n'avons rien fait dont nous ayons à rougir. — Amis, reprit-il en élevant la voix quand nous fûmes plus près d'eux , qui étes-vous, et dans quelle intention êtes-vous ici sur ma propriété?

De grands cris de moquerie furent toute la réponse qu'il reçut, et deux joueurs de violon qui marchaient en avant de la bande se mirent à jouer l'air insultant dont les paroles commencent ainsi :

« La femme du quaker dansa joyeusement', Et le quaker dansa de même. »

Môme en ce moment d'alarme je crus reconnaître le coup d'archet du ménétrier aveugle à qui ses habitudes vagabondes avaient valu le nom de Willie l'Errant. Ils continuaient d'avancer à grands pas et en bon ordre , ayant en tête

« Leurs violons jouant des airs guerriers; »

arrivés près de nous , ils nous entourèrent par un mouvement subit, et un cri général s'éleva : Sus au quaker I — sus au quaker I nous les tenons tous deux , le quaker mouille et le quaker sec.

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