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INTRODUCTION

Depuis les remarquables travaux de MM. Sabatier et Senderens sur leur méthode générale d'hydrogénation en présence de métaux divisés, de nombreux chimistes ont étudié et mis en œuvre les merveilleuses propriétés de ces catalyseurs et enrichi ainsi tous les chapitres de la chimie. Mais quelque féconde que soit la méthode de MM. Sabatier et Senderens, elle échoue parfois à cause de sa trop grande puissance : la réduction s'effectue jusqu'au bout, sans permettre l'arrêt aux composés intermédiaires ; c'est ainsi qu'on ne peut songer à l'employer pour préparer les alcools aromatiques à partir des aldéhydes, car, dépassant le but, elle conduit directement aux carbures correspondants. D'autre part, la température relativement élevée où se font ces réductions peut, pour certains

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corps à structure fragile, à constitution peu stable, amener des isomérisations, des décompositions.

L'hydrogénation à froid en présence de platine ou de palladium constitue un procédé puissant aussi, mais plus doux, qui convient spécialement dans les cas où, comme pour les terpènes, les isomérisations sont fréquentes et faciles, ou encore lorsqu'on veut s'arrêter avant le terme ultime de la réduction.

Dans cette méthode, le métal est employé soit sous forme de noir, soit à l’état colloïdal. La réduction s'effectue à l’aide d’un courant d'hydrogène, ou mieux par agitation du corps et du catalyseur dans une atmosphère de ce gaz, qui est remplacé au fur et à mesure de son absorption.

On savait depuis longtemps que l'hydrogène est rendu plus actif par Île platine ou le palladium divisés. Dès 1838, Kuhlmann (!) montre que les oxydes d'azote sont réduits par l’hydrogène en présence de platine pour donner de l’ammoniaque ; de même Debus (?), en 1863, oblient de la méthylamine à parur de l'acide cyanhydrique ; en 1874, de Vilde (*) réalise, avec le platine, l'hydrogénation à froid de l’éthylène, du propylène, de l'acétylène.

Mais, à vrai dire, ce n’est qu'à la suite des travaux de MM. Sabatier et Senderens qu’on entreprend d’une façon systématique l'étude des hydrogénations à froid en présence de platine et de palladium divisés.

Les premiers chimistes qui s’occupèrent de ce problème sont : Fokin en Russie, Paal et ses élèves en Allemagne.

Fokin emploie plus spécialement le platine et le palladium sous forme de noir. Ses travaux, dont les premiers remontent à 1906 (), sont présentés dans un mémoire d'ensemble publié en 1908(*). Il hydrogène en particulier de nombreux acides

Kuhlmann, Comptes rendus, 1838, t. XVII, p. 1107. Debus, J. of Ch. Soc., 1863, p. 249.

DeMilde Dent dd ACRAGE STAND 2352 Fokin, Journ. Ph. Ch. russe, t. XXXVIIX, p. 855. MIDI EXT p 270:

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éthyléniques : acides crotonique, undécylénique, oléique, sorbique, maléique, citraconique, ilaconique, aconitique, Cinnamique, qui tous se transforment aisément en produits saturés. Les corps éthyléniques à point d'ébullition peu élevé, comme l’amylène, l’aldéhyde crotonique, n'absorbent l'hydrogène que très lentement. Le noyau benzénique n'est pas réduit. Il résulte des travaux de cet auteur que le platine est plus actif que le palladium, car, même à 100°, ce dernier donne une absorption moins rapide que le platine à 20°. Fokin employa aussi ces métaux à l'état colloïdal, mais l'étude et l'emploi du palladium colloïdal furent surtout l'œuvre de Paal et ses élèves (1).

Ce catalyseur est préparé en réduisant par l'hydrogène ou l'hydrazine le chlorure palladeux en présence de protalbate ou de lysalbate de soude, qui sert de support au mélal. A l’aide de ce palladium, Paal réduit d’abord la nitrobenzine en aniline, puis les acides maléique, fumarique, cinnamique en acides malique et phénylpropionique. Il hydrogène ensuite l'acide oléique et divers corps gras (huiles d'olive, de ricin, de croton, de foie de morue).

En 1908, Willstätter (2), à l’aide du noir de platine, réduit l'acide oléique, le phytène, l'alcool oléique, l'alcool érucique, le géraniol, le phytol à l'état de composés saturés. L'acide benzoïque, avec de médiocres rendementsil est vrai, est transformé en acide hexahydrobenzoïque.

Willstätter, en collaboration avec Mayer (*), étudie également la réduction de la cholestérine.

En 1909, M. Lespieau et moi (‘) fimes la synthèse de l'acide subérique par hydrogénation, en présence de platine, de l'octadi-ine-di-oïque, corps que M. Lespieau avait obtenu en fixant du gaz carbonique sur le magnésien du dipropargyle.

1. Paal et Gerum, Ber. d. d. Ch. @, 1907, t. XL, p. 2209; t. XLI, p. 2279. — Paal et Roth, cbid., 1908, t. XLI, p. 2282: t. XLIL, p. 1541. — Paal et Gerum, coid,, 1909, t. XLIL, p. 1553.

>. Willstätter, ibid , 1908, t. XLI, p. 1479.

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