‹ Réductions catalytiques en présence de noir de platineChapitre 39 sur 49 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Réduction des cétones terpéniques.

L'étude des terpènes est rendue très pénible par de nombreuses isoméries, tant d'ordre chimique que stéréochimique, et par la facilité avec laquelle ces isomères se transforment les uns dans les autres, au cours des différentes réactions. En particuher, lorsqu'on fait des réductions en milieu alcalin, il arrive fréquemment que le pouvoir rotatoire se trouve très amoindri, parfois annulé; par suite, les mesures des rotations ne sont plus d'aucun secours.

Il y a donc tout intérêt à s'eMorcer d'éviter ces causes d’isomérisation, de racémisation.

À ce point de vue, la méthode au noir de platine se recommande tout particulièrement, puisque la réduction a lieu à froid et en milieu rigoureusement neutre; ce procédé, très doux, plus que tout autre présente des garanties de respecter les édifices moléculaires peu stables. J’ai montré le parti qu'on pouvait ürer de cette méthode en l'employant à l'étude des différentes essences de térébenthine et aussi des chlorhydrates et bromhydrates de pinène.

Ces recherches ont déjà été exposées très succinctement atlleurs(l); pour ne pas sortir du cadre de ce travail, je présenterai seulement ici les résultats que J'ai obtenus avec les

1. Vavon, Comples rendus, 1909, t. CXLIX, P-+ 997; 1910, t. CL, pp. 1127 CAC D er128;

cétones terpéniques : carvone, pulégone, menthone, benzylidène-camphre.

CH Nco Carvone CH\ CH?

CH | cas Nc

La réduction de la carvone a été effectuée à l’aide de procédés variés : Leuckart(!), Lampe (?), puis Wallach (?), par le sodium et l'alcool, fixent 4 atomes d'hydrogène sur la carvone et la transforment en dihydrocarvéol CH OI.

L'emploi du zinc en milieu alcalin ou acide permet à Wallach(") de préparer la dihydrocarvone C!H0,

Harries(Ÿ), par l’'amalgame de sodium ou d'aluminium en milieu acide, obüent un produit de doublement de la molécule de formule C2H#0?.

MM. Haller et Martine(f), en hydrogénant la carvone en présence de nickel, obtiennent un mélange de dihydrocarvols.

Enfin, tout récemment Wallach(?), à l'aide du palladium colloïdal, put fixer 4 atomes d'hydrogène sur la carvone et la transformer intégralement en tétrahydrocarvone.

La carvone, sans solvant ou diluée dans l’éther, peut, en présence de noir de platine, fixer 6 atomes d'hydrogène pour donner du carvomenthol.

La réduction se fait en trois temps : en arrêtant l'hydrogé-

Page 1