CONCLUSIONS
Dans ce travail, j'ai présenté une méthode de réduction des aldéhydes et des cétones, méthode d’un emploi facile et peu laborieux, par laquelle on obtient les alcools avec des rendements souvent quantitatifs, en tout cas toujours excellents.
I. J'ai précisé l'emploi du catalyseur et montré que, grâce à une régénéralion aussi simple que rapide, on peut se servir d'un même échantillon de noir de platine pour un très grand nombre d'opérations successives, ce qui permet d'employer à chaque expérience tout le platine dont on dispose et, par suite, d'opérer sur de plus grandes quantités de substance.
IT. Afin d'établir la généralité de la méthode, je l'ai appliquée à de nombreuses aldéhydes et cétones choisies dans les divers chapitres de la chimie organique; j'ai été amené à préparer un grand nombre d'alcools et de leurs dérivés, corps dont beaucoup n'avaient pas été décrits jusqu'ici. Plusieurs de ces corps nouveaux, particulièrement en série aromatique, se sont présentés sous forme de beaux cristaux, dont l'étude a permis à M. Duffour de signaler quelques propriétés intéressantes au point de vue cristallographique.
III. J'ai montré que les aldéhydes aromatiques sont très aisément réduites et transformées en alcools avec des rendements quantitatifs, ce qu'aucune méthode n'avait donné jusqu à ce Jour.
IV. En série grasse, l'hydrogénation des aldéhydes, quoique ‘plus lente qu'en série aromatique, conduit encore à d'excellents rendements en alcools.
V. La réduction des cétones, tant grasses qu'aromatiques, se fait avec une vitesse comparable dans l’ensemble à celle que l'on constate pour les aldéhydes aliphatiques. Celle des cétones cycliques est plus rapide.
Bien que parfois l’hydrogénation dépasse le terme alcool secondaire et conduise jusqu'au carbure, on peut néanmoins, en se plaçant dans les conditions convenables, obtenir dans tous les cas l'alcool avec de bons rendements.
VI. J'ai montré toute la souplesse de la méthode au noir de platine en l'appliquant aux cétones éthyléniques : J'ai, en effet, établi sur plusieurs exemples que, sans modifier les conditions expérimentales, on pouvait parfois obtenir à volonté l’un quelconque des corps intermédiaires entre la cétone primitive et l'alcool saturé, produit de la réduction complète.
VIT. Pour les cétones terpéniques, j'ai indiqué avec quelle facilité et quel intérêt on pouvait employer la mesure du pouvoir rotatoire pour analyser, suivre point par point l'hydrogénation de ces cétones. C’est qu'en effet, la méthode au noir de platine permet, à chaque instant de la réduction, de déterminer les différentes constantes physiques du mélange, et, de ce fait, peut-être se prêterait-elle mieux que toute autre à l'étude du mécanisme de la catalyse par les métaux réduits.
VIIT. Enfin, j'ai signalé, au cours de ce travail, l'importance qu'a le solvant, non seulement sur la vitesse, mais parfois aussi sur l'orientation de la réaction. À côté de ce facteur, dont J'ai étudié l'influence, il en est d’autres, la pression et la température, qui sont demeurés constants dans toutes mes expériences. Or, il n'est pas douteux qu'en opérant sous des
pressions et à des températures variables, on n'arrivât à des résultats eux-mêmes variables.
De ce côté existe donc une possibilité d'étendre encore l'emploi de la méthode au noir de platine.
Ces recherches ont été faites au Laboratoire de chimie de l'École Normale supérieure, où j'ai trouvé les plus grandes facilités et la plus large liberté de travail. Qu'il me soit permis ici d'en remercier M. Lespieau, directeur du Laboratoire, et de lui témoigner ma profonde reconnaissance pour les conseils éclairés et les encouragements affectueux qu'il n’a cessé de me prodiguer.
Qu'il me soit également permis de remercier M. Haller, professeur à la Faculté des sciences, membre de l'Institut, qui guida mes premières recherches en chimie, et auprès de qui
J'ai trouvé l'accueil le plus bienveillant et les conseils les plus précieux.