LA MORT DE CHËNIER
La mort de Chénier
Plus haut que nos sanglots montaient leurs chants de
Las de souffrir, le peuple enfin leva la tête; [fête...
Il regarda le ciel dans un suprême espoir,
Et jaloux de son droit, dans la peur de déchoir,
Il tira du fourreau les éclairs de son glaive.
Le peuple le plus doux se réveille, et se lève Comme ua vent de tempête, après qu'il a souffert. Il se reprend alors, lui qui s'était offert. Il marche vaillamment, sans souci des entraves. Les lâches sous le nombre écrasent-ils les braves ? Quelquefois. Il le sait; mais il va sans regret, Car l'oeil de Dieu verra l'holocauste secret.
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On entendit wudain le rire de nos mattres...
U cause la plus sainte avait aussi ses traîtres:
lJ*:s peureux, des vendus qui désertaient leur rang
Croyant payer trop cher d'une Koutte de sang
Un dro.t sacré. Qu'ils soient flétris! Et qu'on ne cesse
Ue dire A nos enfants leur coupable bassesse !
C était l'écrasement... Saint-Charle et Saint-Denis Penchés sur des ton.beaux, pleuraient leurs morts bénis La force triomphait. U-bas, sous le ciel morne Etendards déployés, venait le vieux Colbome. ' Des paysans repus, arrachés aux labours, Couraient grossir sa troupe à l'appel des 'tambours Et, par les champs déserts, comme une sombre tache Le bataillon maudit entrait dans Saint-Eustach"
Chénier veillait. Et, sur l'église et le couvent, Le drapeau tricolore ouvrait ses pUs au vent Comme un livre mystique ouvre ses pages sa'intes. Les femmes qui priaient dans ces cahnes enceintes
LA MORT DB CIltNIBR
Au premier cri de guerre en pleurant avaient fui. Chénier était entré. Pressés autour de lui, De vaillants laJxrureurs, l'oij^nieil de notre histoire, Attendaient, souriants, la mort ou la victoire.
Comme un serpent s'enroule autour d'un vert rameau.
Le bataillon anglais étrcit^it le hameau.
Sur les chemins durcis la foule accoutumée
Bientôt ne passa plus. Nulle blanche fumée,
Au caprice du vent, ne faisait vers les cieux,
Monter des âtres nus ses orbes gracieux.
Quelque chose ébranla la terre tout entière.
Dans le bourg tout gémit, excepté l'âme altière
Des héros qui luttaient pour notre liberté.
Le prêtre s'éloigna; l'autel fut déserté...
Sans cesse on entendait l'ardente sonnerie, Et les crépitements de la mousqueterie; Sans cesse l'on voyait de sinistres éclairs Empourprer les champs nus ou le brouillard des airs.
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<- .Stau un beau combat, un combat de géantsl Pa™n« a^i,,^ "'""■-"' "'--«^nt pa., .iarmc. - At? H '^'"'- ''''"'" '"'^ ^'' --~ de» lannes
Vous ptd' T ""'"'••■ ^'' •"'""'•"• ™ ~d, Vous prend^z dans l'i.^tant les anne. de nos morts!
Tu nétais pas, Chénier, de ces citoyens lûches
Q«> n osent accomplir les périlleuses tâches.
Et cachent leur terreur sous le pr.;texte vain
Ou aut dans tout pouvoir admettre un droit divin-
Q" .' aut s agenouUler et souffrir en silence.
Quand le dro.t profané se change en violence!
J peuple, si tu fais de tes droits l'abandon: S> tu réponds toujours par un lâche pardon Aux outrages nouveaux des étemelles haines. Tu. perds le sens du droit, tu te forges des chaînes! ^napomt de respect pourton sceptre avili; Tu descends promptement au gouffre de l'oubli-
De tes «>.dats tombés nul ne garde mémoire. ' '°" ''"^P""" "•■"« ^ chante aucune gloire!
LA MOBT DB CIltNtIR