LA DÉCOVVIRTI OV CANADA
Voici qu'ili vont déjà, («reili à de» RéanU, Sur de hardi» vaiiKnux franchir In océan». Pour annorucT m xUrn nux (Kuplaile. «uuvuKea, Qui nou» rendent .n.or <lf» Culèlfit h-rnimancn.
• N'ai-je pai vu moi-ménic, A imijwnt Luci/erl Trois navirf» voRiicr au milieu <ic la mer .' Il» vont au fanadi'. riTiM-rser notre oilte. Et faire A la puissance une sanKlunle insulte. Pcul^trc iK)rtent-ils des prêtres du vrai Dieu .. Ces honmies déN'ouAi nous tr.nihlcnt en tout lira; En ruse ton espn; sera toujours fertile, Et nous rendrons bientôt leur im)jct inutile. C'est à toi d'.mlonner, r'csi à nous d'oW-ir, Et Dieu saura combien nous voulons le hair!»
Après ces derniers mots, le fidèle ministre Leva sur Lucifer un œil fier, mais sinistre. Lucifer un instant semble se recueillir. Dès qu'il parle on peut voir tout l'enfer tressaillir:
— «Je blasphème, dit-il, et ma bouche est maudite. Mais, c'est en vain toujours, que Dieu, là-haut, médite D'enchaîner mon pouvo:i . Je veux sortir d'ici. Comme lui je suis roi: j'ai mes sujets aussi.
WtFLBTS D'aNTAN
Mon joug se„.ble léger, mes promesses sont beUe.. Jpnus rendre à ses lois tous 1« peuples rebeU^" S. vous me seconder de vos nobles efforts Les fa.bles d'aujourd'hui demain seront les forts.
«Oui s'il nous a vaincus, il faut qu'il s'en reoente Son ael est escarpé; mais une douce pente
Ranunons le combat; renversons les autels! ^ les bons serviteur, que son amour protège Trouvent, sur leur chemin à ^i, '' K=
Ah r „. 1 • cnemm, à chaque pas un piège '
Ah neia:ssons:amaisleflan,beaudelafoi
S a^^er dans les lieux qui .^vent sous ma loi! Et frappons sans merci les hommes téméraires
Qu. veulent éclaira nos ténébreuses terres!
«Ministre diligent, tu dis que sur les eaux Cherchant le Canada, trois rapides vaisseaux
S avancent secondés par un vent favorable ?
Je saura, prévenir ce complot fonnidable
Au fond de l'océan, dans son lit de limon Repose, tu le sais, un habile démon-
C'est l'Esprit de la mer. Il rème M,r W ^ Un «^..fflo 1 . ^ ^ '^^ ondes.
Un souffle les apaise ou les rend furibondes.
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lA DÉCOUVERTE DU CANADA
Va, dis-lui, sans retard, qu'il déchaîne le vent, Et que nul matelot ne revienne vivant.»
Ainsi Satan perla. Son ministre docile. Aussi pervers que lui sans être moins habile, Tout brûlant du désir de propager le mal, Se hâta de quitter le séjour infernal.
Comme un trait enflammé dans une nuit obscure, Il travers-i les champs vides, froids, sans murmure, Qui s'étendent auto..- des gouffres étemels. Il entendit de l-rin les hymnes solennels Que la terre chantait à son céleste Maître. Peut-être un noir courroux, un souvenir, peut-être, Fit monter une larme en l'éclat de ses yeux. Comme monte un nuage en l'azur de nos cieux.
Il avait retrouvé son audace première.
Alors qu'il aperçut dans un flot de lumière, La terre qu'il cherchait, et que le Créateur Se plût à décorer avec grâce et splendeur. Comme le front serein de l'épouse nouvelle. Tel tm sinistre oiseau se berce sur son aile. Il se berça longtemps sur les vagues des airs. Il vit W trois vaisseaux qui sillonnaient les mers. Alors il s'élança vers les grottes profondes Que rSsprit redoutable habite sous les ondes.
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REPLETS D'aNTAN
Dans le flanc limoneux d'un verdAtre rocher,
Où le reptile impur se plaît à se cacher,
Le perfide démon a choisi sa demeure.
C'est là que, soucieux, il se trouve à toute heure.
Tramant contre le ciel, pour tromper son ennui, '
Des projets que souvent Dieu tourne contre lui.'
Le paresseux polype et l'impure limace Agitent à ses pieds leur glutineuse masse. Il tient, au heu de sceptre, un roseau dans sa main. Sa barbe, touffe glauque, est flottante à son sein. Et sur son cou nerveux sa longue chevelure Semble d'un tronc vieiUi la mousseuse ramure. Quand il voit arriver l'envoyé des enfers, Il sourit en secret d'un sourire pervers:
— «Que demande, dit-U, à ma faible puissance. Le glorieux Esprit dont la seule présence Faisait trembler, jadis, l'orgueilleux Roi du ciel ? Que demande, dis-moi, notre Prince immortel ?»
— Ton secours, roi des mers, dans une grande lutte.. «Aux menaces des deux il est toujours en butte. Voilà que maintenant un lâche adorateur
De ce tyran jaloux, de ce persécuteur
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LA dAcOVVBKTB du CANADA
Qui nous précipita pour un prétendu crime, DépouiUés de tout bien, dans l'étemel abtme, Impunément conduit sur tes dormantes eaux, Vers les bords canadiens trois orgueilleux vaisseaux.
«Il va proclamer Dieu sur ces terres barbares, Et porter la lumière aux peuplades ignares. Laisse souffler les vents et soulève les flots. Qu'il périsse, le traître, avec ses matelots! Et que le Dieu qu'il sert, s'il s'^ti pense capable, Vienne alors l'arracher à ta haine implacable!»
Il dit, et, sans retard, remontant sur la mer. Il vole en souriant aux portes de l'enfer.
LA TBMPÊTE
Une brise légère enfle à peine les voiles. Des nuages d'argent, comme de blanches toiles, Pendent à l'horizon r! as la pourpre des cieux; Le baiser matinal du soleil radieux
RBPLBTS d'aNTAN
Donne des rayons d'or aux vagues balancées De même, le front pur des jeunes fiancées, Sous le premier baiser de l'amoureux époux. S'illumine soudain du reflet le plus doux.
Des oiseaux fatigués de leurs courses lointaines. Viennent se reposer dans les hautes antennes. Pendant que les dauphirs, hardis ou familiers. En rangs harmonieux escortent les voiliers, Et font luire au soleil, sur les ondes limpides, Les écailles d'argent de leurs robes humides.
Quelques-uns des marins se livrer.t au repos. D'autres se sont groupés, et par de gais propos S'efforcent d'éloigner l'ennui qui les obsède. Mais tous ils savent bien qu'une mère intercède A chaque instant, pour eux, auprès du Paradis. Et soudain prend son vol un refrain du vs.
Puis, en esprit, d'avance, ils s'efforcent de peindre Les rivages nouveaux qu'ils espèrent atteindre. L'intrépide Cartier, debout sur le gaillard, Fixe sur l'occident son anxieux regard.
Appelant l'heiu^ heureuse où la terre promise Tout à coup surgira dans l'immensité grise.
LA DiCOUVBRTB DU CANADA
La brise cependant ne ride plus les mers;
La flottille s'arrfite au sein des flots amers.
Comme un feuillage lourd sur un tronc qui se penche,
Le long de chaque m&t tombe la voile blanche.
Et ce calme imprévu, des matelots stupris.
Agite tout à coup les tranquilles esprits.
Un silence effrayant règne dans l'atmosphère. Une flamme subtile, ondoyante, légère.
Court le long du cordage, et, dans soi vif essor. Le couvre tout entier de ses aigrettes d or. Sur le flanc du vaisseau reste un sillon d'écume. On voit à l'horizon un long rideau de brume Où, cachant à demi son orbe étincelant. Le soleil radieux luit comme un œil sanglant.
Mais au couchant bienu m nuage se forme.
Il paraît s'avancer comme un géant énorme.
Dont les larges talons glissent sur le flot clair.
Et le front arrogant va se perdre dans l'air.
A l'aspect imprévu du sinistre présage.
Les prudents matciots vont, d'un calme visage.
Aux vergues attacher les voiles avec soin.
Un bruit lugubre et sourd se fait entendre au loin.
«BPLVT8 D'aNTAN
L'oiseau des ouragans sur les ondes folAtre. Le vent siffle soudain. Sur l'océan verdâtre Il passe, dirait-on, un frisson de fureur. Le soleil s'est caché; la nuit, pleine d'horreur, Dans les replis des flote bercent de lourdes ombres. Debout au pied des mâts, les marins, tristes, sombres, Sentent un vague effroi s'emparer de leur cœur, Et demandent au ciel d'éloigner le malheur.
Cartier s'approche d'eux. Son regard est tranquille.
Il ne s'agite point d'une crainte inutile.
Son esprit reste cabne en face du danger;
Le Seigneur, qu'il bénit, saura le protéger.
Il parle aux matelots, et sa voix les engage
A demander à Dieu la force et le courage.
Sa parole à leur cœur rend la sérénité.
Et chacun prend son poste avec tranquillité.
Et voilà qu'un éclair a déchiré la nue,
Et de tous les agrès monte une plainte aiguè.
Par un vent furieux les navires fouettés,
Indinent leurs fiance noirs sur les flots irrités.
La. mer comme un volcan semble lancer des flammes;
Les bateaux sont portés à la cime des lames,
LA DÉCOUVERTS DU CANADA
Potir retomber encor dans le gouffre béant. On dirait que tout sombre et s'abtme au néant.
De plus en plus aux deux tes ombres s'épaississent, Sous les efforts du vent les mâts craquent, gémissent; Les ponts sont balayés par des flots écumants. Et le tonnerre unit ses longs mugissements Aux sanglots de la bise, aux grondements des vagues; Et les éclairs blafards jettent des lueurs vagues Oans le chaos des deux et des mers confondus. Et les vaillants bateaux, dans les ombres perdus, Voguent séparément au gré de la tempête. Devant l'arrêt du del Cartier courbe la tête. Il espère toujours. Et chrétien et marin, Au milieu de l'orage il demeure serein.
La nuit qui sur la mer vient d'étendre son aile, A cet affreux tableau donne une horreur nouvelle. Le pilote, au hasard, guide son bâtiment Que parait engloutir le terrible él^ent. Il ne saurait rien voir qu'aux éclats de la foudre. Tout va, lui semble-t-U, être réduit en poudre... Mais le vaisseau revient sur le flot agité, Comme un noble escadron qui, cent fois culbuté.
in
UFLin o'antan
Se relève «urt fort, et remonte un. ce«e A I ouaut pérUieux de quelque fortereoe.
P«jd«t toute une nuit, et p«,d.nt tout un jour, Nul artre du beau temps n'annonce le retour U mort plane partout. Dan. leur, hideuses frange. Le. flou semblent rouler, avec de. bruits étranges. Tantôt un en moqueur, tantôt un rire amer C e«t le ncanement du démon de la mer.
TBRRB
Salut, brillant soleil! Salut, douce lumière- Tu v.en^ chasser la nuit de ma triste paupière. Au ciel rendre l'azur et la sérénité.
Au perfide océan, la sauvage beauté.
Devant toi l'aquilon a vu tomber sa rage- Devant toi s'est enfui le vagabond nuage'
LA DtcOUVBRTI DU CANADA
Tu tncef sur la mer de lumineux nlloni. L'oiseau «èche son aile A tes brûlants rayons. Salut, astre Mni ! Mais où sont les car«nes Que le vent emporU loin des plages sereines, Pendant que dépouillé de ton éclat si doux, Tu te cachaU d'effroi loin du ciel en courroux ?
Comme un oiseau blessé par la flèche stridente S'efforce de s'enfuir, et, d'une aile pendante, Rase les prés en fleur et les chanU de gaxon, Un navire dérive au bord de l'horizon.
Des cordages rompus, des voUes déchirées Voltigent au-dessus des vagues azurées.
Comme les blancs flocons que les jeunes agneaux Accrochent, en passant, aux noeuds des arbrisseaux.
Cependant les marins pleins d'un nouveau. courage. Réparent le désordre apporté par l'orage. Et la galté renaît. Le vaisseau diligent. S'ouvre un large sillon sur la vague d'argent.
Le ciel veille sur toi. Vogue, joli navire; Vainement la géhenne a rallumé son ire. Le démon de la mer, honteux et confondu. Dans son antre de boue est déjà descendu.
MFLan o'antam
U Seigneur âpMié. Dwu le. gouff™, funèbre. Se wnt précipiM. le. e^>riu de. ténèbtt». Et S.Un wr non front garde un nouveau «nifBet Dieu marque ton chemin d'un merveiUeux reflet VoKue. ô vaiUant navire, avec U noble troupe' Un pilote divin s'e« aari. A U poupe.
Pour veiUer «ir ton Mrt l'Ange du Canada Dan. l'orage et la nuit bien «wvent te guidai
Et pendant de longs jours vogue la Grand, Hirmint On «Uonne, tantôt, une mer qu'iUumine Le reflet chatoyant d'un paiable matin, Que tantôt awombrit duu un morne lointain Le roulement de. flot, ver, U plage inconnue. A genoux mir le pont, le. marin», t«te nue. Viennent avec reapect prier matin et wir Et demander à Dieu le courage et l'e.poir.
Deux vai^ux, ô douleur! ««t perius sur les onde. Sont-ds en^velis dans les vagues profondes >
Ou sans voaes. sans mâts, sous un ciel inconnu. Ert-ce en vain que pour eux le calme est revenu ' L Ange du Canada, comme un débUe athlète S'cst-il donc contenté d'une gloire incomplète' ?
LA D<lcouri«T» OV CANADA
Au dfaion de 1« tner, olon victorieux, A-t-il abandonné ce butin précieux ?
Et louvent m*inten«nt, au i>ied du mât <\f t^une, Cartier pleure en iecret sur l'amère infortune De bien dei compagnon» de sm nobles travaux. lU devaient avec lui fouler ce* borda nouveaux
Que le ciel étonné promit à son audace.
Vamement de la mer parcourant la surface.
Son humide regard cherche quelque point noir
Qui pourrait un instant tromper son désespoir;
La mer de toute part est limpide et déserte.
Au^essus de ses floU nulle aUe n'est ouverte.
Les matelots ausn, devant ce grand malheur,
Se sentent tour i tour vaincus par la douleur.
Leurs propoa sont émus et leurs chansons dolentes,
Dans l'air calme du soir ouvrent des ailes lentes.
Comme un front de vieillard sous le poids lourd des ans Le flot se ride et tremble à l'haleine des vente, U soleil est entré dans sa couche pudique. De nouveau, sur la mer, la nuit mélancoUque Avec son noir manteau se promène sans bruit, Et sur son front d'ébène une étoile d'or luit.
as
urLBn d'antam
Et I* nâvire vogue. Et « peinte voil* Au hmw«mt d« flot, trtmbic comme VHchU Endonni. wr le pont, jeune, et vi«.x m.rin. Ont enfin tour à tour ouWW leur, chagrin. M... Crtier veille. Il ,^e Une doue, «.p<r.nce Kantme kw cour«ge et calme u «njffrance inui w„blc que Tomle. en k. repli. f«t.(ond.. B««e de vert, rameaux et de flexible, jonc Et qu'il flotte dan. IW un arôme „ viy, ' Comme celui qu'exhale u.. jeune et chaud feuillage- Et ~r l'aile des nuiu, «m c«ur reconnaimnt S élève avec amour vers le Dieu tcut-puiswnt.
La n.ut .'e.t envoWe et !>• v.nt souffle encoi*. Au fond de l'O-ient U matineu* aurot* Wve Km front orné d'un éclat charte et doux. Le Mleil qui u .uit comme un fidèle époux D'une pou»ière d'or, de mille traits de flamme EmaUle et fait briller la vaRabonde lame Pou.s«mt d'étranges cris, de «luvage, oiseaux Rasent, dans le lointm, la surface des eaux Ou planent dans les airs, au-dessus du navire L'espoir grandit encore, et l'on entend le rire Des marins réunis sur le gaillard d'avant Le mousse, dans le mât r«nonte plus souvent
LA DÉCOtrVBRTI DV CANâDA
Espérant chaque foi» que de l'onde laurét Son reil verrait nurifir la terre déwrée. Le vent fraîchit timjour», et le fier bltiment Vers le monde nouveau l'en va rapidement. Et Ctrtier. tout énni, IVril rempli de lumière, Reicarde l'eau qui vole ainn qu'une pousiière. Il aime «on vaiiwcau comme un vieil écuycr Aime, quand il hennit, son vigoureux coursier.
Quel ett ce long coteau qui «'élève de» vague» ?
Il e«t vêtu d'aïur et ses formes sont vague»
Comme un rêve d'amour dans un cteur innocent.
Il s'avance! Il s'avance! Il va s'dlarpssant.
Est-ce un monde nSel ,> N'est-ce pas un mirage
Qui brille comme un songe aux yeux de l'équipage >
Soudain une clameur s'élève jusqu'aux deux.
•Terre! Terre!» ont crié le» matelots joyeux!
Et le vaste océan a redit: Terre! Terre!
Et, Cartier tout en pleurs, courbant son front austère.
Adore dans l'amour le Dieu de sainteté
Qui pour lui fait si haut éclater sa Ixmté.
Et les vailLints marins, transportés . 'allégresse.
Ne se souviennent plus des longs jours de tristesse.
Il monte de partout des chants et des clameurs.
Les «lots ne bercent plus que de sourdes rumeurs.
UPLBT8. D'aNTAN
UNE tLB
Athlète valeureux qui remporte la palme, Le navire s'arrête au fond d'une anse calme, Que le rivage ceint, comme un bras arrondi ' Ceint l'unie de cristal. Du chêne reverdi Se reflète dans l'ombre une tremblante image MiUe petits oiseaux, au chatoyant plumage Ornent comme des fleurs les feuillages touffiw Et du fond des forêts, cris, chants et bruits confus S élèvent, tout à coup, pour saluer les hôtes <3ue le ciel a conduits sur ces lointaines côtes. " Les marins, agités d'indicibles transports, Descendent cependant sur ces sauvages bords. Tourmentés par la crainte et par l'inquiétude Leur cœur s'ouvre à la joie, en cette solitude Où l'orgueilleuse mer humblement vient mourir Sur l'herbe et la feuillée ils aiment à courir
LA DicOVVBRTB DU CANADA
Ils donnent à l'abri des arbres séculaires.
Pour réveiller l'écho de ces lieiu solitaires,
Ils ouvrent, en chantant, des sentiers épineux.
Ils demandent leur baume aux arbres résineux;
Escaladent lus rocs; montent dans les feuillages,
Comme ils montent, sur l'eau, dans les tremblants cor-
[dages.
Ainsi jusques au boir, d'un pied sûr et léger, s parcourent gaîment le rivage étranger;
Mais quand l'oiseau des nuits s'enfuit de sa cellule. Quand aux cimes des pins tremble le crépuscule, A la voix de Cartier, sur le pont du vaisseau, ■ Avec empressement ils montent de nouveau; Puis ensemble à gencux, ils élèvent leur âme Vers Celui qu'en tout Ueu la nature proclame. Et cette mer tranquille, et ces immenses bois. Entendent louer Dieu pour la première fois. Pour leurs frères aimés que les vents dispersèrent, Avec ferveur et foi les matelots prièrent.
Deux hommes, par leur geste, et sur leurs fronts cui\Tés, Laissent voir le bonheur dont Us sont enivrés. A l'aspect imprévi de la rive déserte.
Leur âme, endolorie et devenue inerte.
«BFLBT8 D'aNTAN
A retrouvé l'espoir et repris sa gaité.
A leurs esprits ardente sourit la libertrî.
Ils semblent des oiseaux dont la pnson s'entr'ouvie
Ils prendront leur essor vers le bois qui recouvre
Les os de leurs aïeux, depuis les premiers joure,
Vers le wigwam d'écorce et leurs tmdres airours.
Le lendemain matin, au lever de l'aurore. Quand la grive chanta sa r^ntate sonore. Quand la fleur entr'ouvrit son calice odorant, Et que l'onde effleura le sable en murmurant', Amenant avec eux les deux captifs sauvages, Cartier et ses marins revinrent aux rivages.
Us marchèrent longtemps, tantôt au bord des eaux,
Tantôt sur les rocs nus ou sur les verts coteaux.
Cherchant où s'étendait cette terre fertile.
Ils purent voir enfin qu'elle n'était qu'une île Que la mer étreignait dans ses bras palpitante Une tle au sol fécond, pourtant sans habitants. Mais au nord, au midi, au sein des mers sereines. Ils virent s'élever d'autres terres lointaines. Et pendam qu'ils marcliaient dans les épais taiUis, Les oiseaux effrayés s'élançant de leurs nids,
LA DÉCOUVERTE DU CANADA
Faisaient vibrer les bots de leurs notes stridentes. Et les deux Indiens, dans leurs âmes ardentes, Éprouvaif.it le besoin de s'envoler comme eux.
Domagaya pourtant, sous les grands bois ombreux, Poursuit, armé d'un arc qu'il fit d'un jeune frêne, Un oiseau gigantesque au plumage d'ébène. Il est bien loin déjà. Ses compagnons, surpris. Jettent pour l'appeler, tour à tour de vains cris. Il court comme un chevreuil sur le tapis de mousse. La liberté jamais ne lui parut si douce.
Au £ irnnet élevé d'un odorant sapin.
Fatigué d'un long vol, l'oiseau s'arrête enfin, Croyant avoir vaincu le chasseur insensible. Domagaya, joyeux, bande son arc flexible Et s'apprête à percer l'oiseau peu vigilant, Mais a a tardé trop. Une flèche, en sifflant, De l'arbre balsamique atteint la haute cime. Et d'un autre chasseur l'oiseau tombe victime.
Étonné, l'Indien ne sait plus que penser. La surprise ou la peur l'empêchent d'avancer. Est-ce un enfant des bois qui vient à sa rencontre ? Est-ce un bon Mrjiitou qui devant lui se montre
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"our le sauver m« j ~
^ P« f«ri««Tfe" 'r *"'"•'"* ''^ Blanc, ?
t-Jl, la jeune Naîa...
^<l«niquedesf,Deur.i
J"«l"'au pied du sao^ ?*" ^^ Parole,
E"« «perçoit Z"^;'"''^'>«'^Perc..* ^'^<»«"e que p^r"'"^'»^'^ adossé.
Sl^-^ tend l^'Z?;^^''^''^- tendisse:
pagaya p^s d'eU^ Tl^ ""' "^ ^'^--e.
n soulève son front L ^ ^^^ ^e*^-
,^--bai^r:rs:rn2; .
^•u parle. Chaque mn/ ^ ^ '^^'^'^ie,
Et bienu^t. àrvlTf """ '"^"die- E^eouv.'^'-^^^^fi'l^echasseu,.
«^'eux tout ren^pKs de douceur.
E^t'f it^7^^ -« cet ombreux feuillage
^t-elle, en essuyantes :,"°"'"^'''««'
O" bien es-tu. dis^. '^ "^ '^^'««« ?
•*«-«o, son esprit soudeux
LA DicOUVBBTB DU CANADA
Qui vient du champ des morts soutenir mon coumge ? Les Blancs font-ils che« eux fait subir quelqu'outrage f Et les vieillards sensés n'ont-ils donc pas eu tort De me dire traîtresse et d'exiger ma mort ?»
— Naia, que dis-tu ? Que dis-tu, mon amie ?... Je suis Domagaya, plein d'amour, plein de vie. Les guerriers de l'aurore ont un cœur généreux. A travers le grand lac je reviens avec eux. Le vent nous a jetés l'autre jour, sur cette Jle: Ce n'est pas un malheur, elle est grande et fertile. Mais toi, dis-moi comment tu te trouves id. Comment tu fus traîtresse, et condamnée aussi ?
— «Non, non, ta Naia ne fut point insensée. Son crime n'existait qu'au fond de la pensée De ces vieillards pervers qui désiraient du sang. Mais allons nous asseoir sur le bord de l'étang, Et je vais si tu veux te dire mes misères.»
Tous deux s'étant assis sur les molies fougères. Tout près des eaux, au pied d'un érable élevé, Elle fit ce récit à l'ami retrouvé:
«Quand des Blanr* u Et de„«„da sHT "^ '^'' '=™*"«-
'^^dtrt:':'""'"^"--'--.
M«s J'arrive Zl^T"' ^°^"- ^^ «-^3.
J'avais du Dirdt^r ""'"" '^■'^- A- Pied de la^ i",r* '""-^-We Mé«,.
J««di3sondiZL '"""^"«■'P-^'*^
Mais en vain notre chrf 7 . """ P'^'"«-
Il me traqua n«r^. » "^ '^"'^'^e.
«n.-accur^.l^°™;;^^«^'^^esp.,ets.
LA DÉCOUVBKTB DU CANADA
les vieillardg, convaincvu de ma témérité, Fâchés d'avoir aussi manqué de fermeté, Crurent laver leur honte et servir la justice, En me faisant du feu subir l'affreux supplice.
«J'étais là, dépouillée et liée au poteau,
A l'heure où le soleil derrière le coteau.
Semble se reposer dans un lit de feuillage.
Autour de moi pleuraient les femmes du village.
Le jongleur était doux; son sourire moqueur.
Comme un trait acéré me déchirait le cœur.
Pour narguer mes bourreaux, à cette heure terrible.
Je n'aurais pas chanté d'un ton ferme et paisible,
Mais j'étais innocente et je mourais sans peur.
Un instant s'éloigna le barbare jongleur.
Il revint brandissant ime torche enflammée.
Il me sourit encore. Aussitôt la fumée
Fit monter jusqu'au ciel ses épais tourbillons,
Et du feu je sentis les cuisants aiguillons.
«Mais que vois-je soudain au milieu de la flamme ? Un esprit inconnu, sous l'aspect d'une femme!... La même que je vis un jour devant la croix! Elle défait mes nœuds de ses flexibles doigts,
Il'*'
Avec ;„T^;^",'^°"-«*^nte force;
•• ^* "°«'' voici tous dew.»
«ay«, muet, la regardait toujoun., «0 Nalar dit-il, Nala m«
«crai ces langues de vinères
*" sur toi n'ont pas craint h- .
Le jongleur nu^udS^rdll'""" "* **"' «^^ «««' Comme l'iniquitéT^ ^^^ «fenwux.
Mon père^^r^ '""'«'»«» heure.
j^:^p«>tirad.avXt;;er"'°^-
Voguons dans ton canot v ^ïon f^ nous su^Ctr I"^"^" ' ™°" ^^ ™vra sur la mer endormie..
LA OtcOUVBKTI DU CANADA
LB SIONAL
La nuit ouvrait son aile à l'orient venneU; Au fond de l'occident s'éteignait le soleil. Ainsi lorsqu'en nos cœurs s'éveille la souffrance, On voit souvent hélas! s'éteindre l'espérance. Après avoir marché dans l'Ue tout le jour, Sur le bord de la mer les marins, de'retour, Entassaient des rameaux pour les livrer aux flammes. Quand la nuit flotterait dans le sillon des lames, Ils feraient, aux vaisseaux peut-être errants encore, Un signal qui pourrait diriger leur essor Vers la tranquille baie, où la bonté divine Avait, malgré l'enfer, guidé la Grande Hermint.
Sur le sable où le flot venait avec lenteur, Cartier se promenait, méditant dans son cœur
f* fhawcur indien n'éuit p« JZ
•^P* pour ne plus rep«raftre ?
Pendant que «« nenaAn. ~w. •
S«-" rocher ccn.^errtT"'^^' Cartier vit s'élancJ^-- '^ «^««gris,
" '«. Vit « «.cCu pr^.-?-/: ^'— .
Et, Ut les ^t^A: ^^ ''*' '*'''.
oujours en élevant leur voir ,•»,.•. »• D« l"g«b« hibou la v7x Z, '•
"^""^ '"«rne et plaintive.
^^^^Z:7::^7r' ^'^^--en t.
Avaient fait tr^^r.^ai^T:::!*^*'"-'
°e leurs trow cris .'unèbres.
LA OiCOVVMTB DU CANADA
Tâiguragny, pmiif, avait bomU loudain,
Et t'<t«it ver» le* boit âanc< oonune un daim.
Mai* M« piedi n'avaient plus leur Bouplene premièt».
Un marin le saint avant que Ut bruyère
Lui doiuA, dani ion ombre, un «aile certain.
Et tenant »on front pAle appuyé tur la main
Il était maintenant atoi au pied d'un .trbre,
Immobile et muet comme un bmte de marbre.
— «Ces endroiu, dit Cartier, ne sont donc pas déwrts;
Nous les explorerons en mille sens divers,
Sitôt qu'à l'horiïon l'on verra l'aube poindre.
Domagaya nous fuit, il faudra le rejoindre.
Mais brûlons cea rame»ux que l'on vient d'entasser;
Dans le sommeil ensuiu aUons nous délasser.»
Alors un des marins en frappant une pierre, Fit jaillir avec bruit un rayon de lumière. L'étincelle mordit les feuilles des rameaux. La fimiée enchaînant ses étouffants anneaux, Le.s envoya se perdre au fond d'un ciel limpide. Un gai pétillement, un craquement rapide. Se mêlèrent alors aux cris des matelots, A leurs éclats de rire, à leurs joyeux propos.
Vient lui« q,«lguefo«T ^^"^ AuMitAt que l'.u™. *»*»n«Ml »emn.
Pendant qu W^T ,"'' '■''^'^^'' ''"'"»■ Tm.* A (nuits.
not«écu„,eux se précipite et vogue.
LA DtcOUVBSTB OU CANADA
Elle UkitM la riva et vient ven le vaiMe^u:
Chaque coup d'avin» «ji» bondir sur l'eau.
Cartier a reconnu 11 ii<! n n^ ' , ..••^e,
C'aat bien Dcn>ar;i; , .i>, i' l.t tu".. u< M»
Faillit avoir, ta ill". ir ut.uiiKe nu , «,
Il rame avec \i<,u<:wr il «,t rtii:! 'in- jrta.
Taiguragny. • i. irti». ti wiir |,.., ,,.icl myitèrt
Dmu un canot <"' -co- i on v jgui r wn (rtre.
Le fugitif arrive, an'arn- «m v.- ot,
Et fur le bAtiment il ^ aus^iLa.
Il jette tur wn frère un regard de reproche.
Et vert le commandant humblement il l'approche:
— iNoble Seigneur, dit-il, tu voit que l'Indien Ne devient pai ingrat quand on lui fait du bien. J'aurais pu me cacher en de lecrets repaires, Et voler, cette nuit, au pays de mes pères; Mai"» je sais tout le soin que ton coeur m'a donne, Et je vais, pour cela, jusqu'à Stadaconé A travers les écueils diriger ton navire. Or, il est da » cette tle, enfin je dois le dire, Une femme que j'aime et qu'il faut emmener. Des méchants à la mort ont pu la condamner, Mais l'amour de la croix fut son unique crime. Des ennemis des Blancs elle fut la victime.
Un Esprit de ton ciel I'. „ • « nous la dflaiiTc^ '*'"* « «'^• A« ciel du Canada qu'lT '* "'^-
-— t.ij-':^-^.^
j^-t.uei.x^diCa'-.r"^— û''tpud/^„:trr^'-*-^-*te.
Etveutque^'^i^T-à-di«oun..
A cette enfant des bT '''"' ""^ "^^
Ven.larivedCToù.r''^''^^''-^
^''^ est plaisant et f~- ,
Surles^T^;, ^^-'"«««ffledelabrise,
Q«'as sont gHisîr; °^^ '^ ^««"« brise!
^----rjHe^Lïnre:;—
tA DicOUVBRTlt DU CANADA
E«t-ce un cygne géant qve le flot gris balance ? Une voile qui s'ouvre et devant noua s'élance ? 0 Cartier, quel éclair s'échappe de tes yeux ! Quel doux étonnement, quel espoir radieux, [frappe! Font tressaillir ton cœur comme un bronze qu'on Que porte donc la mer sur sa mouvante nappe ? Ce n'est point un oiseau qui vient en s'éb.^♦tant, Ce n'est point un brouillard qui s'él^ , C -latant.
Une voile, Dieu bon! Dieu bon, c'est une voile!... Puis ,une autre la suit, comme au ciel une étoile Suit de près, dans l'azur, l'astre aux rayons sereins. Elle approche, elle approchai Et déjà les marins Du rivage, de l'Ile, au loin, l'ont aperçue. Leur immense clameur monte jusqu'à la nue, Et du rocher sonore éveille les échos.
Et sur le bâtiment les autres matelots Répondent à leurs cris par de longg cris de joie. A la cime des mâts le pavillon ondoie, ô la divine fête! 0 les coquets vaisseaux! Qui semblent de plaisir fse bercer sur les eaux !
Les voilà! les voilà, ces navires rapides.
Avec leurs ponts couverts de marins intrépides.
Mfirins, ouvr» ir™ Au Dieu qui vou, „ .; " "^""^««nce.
Et vous fit d^rert r '" '"*" ^-•
Chantez uneCJ'"^'^'''''"^^-.
^ vous ont att«,du Te vll; ""^ -"« «« Ensemble vous v»n^ h J ' '^Pagnons.
«"« le monde d'^Zn , "''^^'' "^"^ ""»^.
E^vousve.ezfiXttt"'""''^^- ^ vous n'avez n ""P^^
De suivre votre chefT"*' """^^"^ "'**«l°ts, enet, le premier des héros
LA DicOUVBRTB DU CANADA
LB CAP PBRCâ
La rose livre au vent de suaves arômes; La fontaine roucoule, et les bois, sous leurs dômes, Entendent gazouiller les nids harmonieux. Tout est joie et bonheur, au monde et dans les deux. Laissez, 6 matelots! laissez les frais ombrages. Voguez, voguez encor vers de plus beaux rivages. Voguez sur les flots bleus. Vos navires légers Semblent impatients de braver les dangers. Veulent-ils suivre encore une route nouvelle ? Allez, allez, marins, la brise vous appelle. Laissez le "ert gazon, l'ombre où vous sommeillez. Levez l'ancre mordante. Il vente; appareillez.
Comme d^s arcs tendus les voiles s'arrondissent. Sur les flots agités les navires bondissent.
Et laissent derrière eux rn.
<^°--e des moiC^ 1""','°"'^ ^'«'°^-t,.
Ainsi, dans 1^, T """' ''''«^«• Trace vT, ''"^'* """"'«^
BtT::L':r;drHrT^"'''
W-e.arin:::;r;l;--an.er.
Regarde à 1-horison s'élever lerivage
^ golfe dans ses flots cacha ni,,. A' 7
Et Satan n'a perdu ni le^""'"""^^'- Tl ™,« ~ • «Poir, m 1 oreueil
LA OicOUVBRTI DU CANADA
Domagaya, son frère, et la jeune Indienne,
Ensemble aisis tous trois près de la grande antenne,
Échangeaient à l'écart leurs étranges discours.
Leur présence à Cartier était d'un grand secours.
Ils connaissaient le golfe et ses Ues ombreuses.
Ils lui parlaient du fleuve, où des tribus nombreuses
Venaient planter de loin, leur tentes chaque jour.
Et les deux Indiens, se levant tour à tour.
Pour indiquer la route et pour la rendre heureuse.
Montraient l'écueil à fuir, la côte plantureuse
Vers laquelle on pouvait sans nul risque cingler,
Et le cap où les flots allaient battre et meugler.
Les vaisseaux fendent l'onde avec de sourds murmures,
Et leurs agrès mouvants ressemblent aux ramures.
Taiguragny se lève et marche vers Cartier:
— «Vois-tu là-bas, dit-il, comme un portique altier,
Ce rocher solitaire où le corbeau se sauve ?
Bien au-dessus des eaux il dresse son front chauve.
Par la béante porte, entre ces hauts piliers,
Passeraient aisément tes superbes voiliers.
De l'Esprit des combats c'était l'asile étrange,
Disent les vieux Sachems. Alors, comme ime frange,
RBFLBTt D'aITTAM
^. «^b^t .ont. iu«.u..u. „„^ .IL..
MOT06e et sacnlège, aujotwi-hui la ruine Habite seule, hélas! la demeure divine.
«Conanent ce vaste asile a-t-il été détruit ' Je ne bandais pas l'arc que j'en étais instruit. Et )eva,s. s. tu veux, te conter cette histoire
in L ''^"''' "" "^ "^^ -— clairs
Se sont épanouis sous une tiède haleine Autant de blancs frin«u, ont argenté la plaine. Depms que s'est passé le grand événement Dont ,e te fais, Cartier, l'histoire en ce moment. Ou û passe sur nos mers, l'automne, de bruines 0"e.echéneadena.dsetlehouxvert^îSes..
- «Nc^s entro.. dau.. la Baie... Inclinons à tribord.
Et tout en écoutant la légende encor neuve
Us brassent la voilure et rêvent d'un grand fleuve.
- «Nina^dit l'Indien, était donc, autrefois La plus beUe des fleurs écloses sous nos bois:
LA oAcovvnn du canada
Ses yeux étaient phis noir» qu'une nuit ions l'étoile, Et ses cheveux épais dépliaient un long voile Sur son corps grac«pux ccnune le jeune ormeau. Son chant était suave autant qu'un chant d'oiseaa
«Elle était jeune encore, et comptait moins de neige» Qu'un maladroit chassetar, à la fois, dans ses pièges Ne prendrait de castors. EUe venait souvent. Dans le calme de l'ombre et le sommeil du vent. Se bercer comme un cygne au ruisseau qui miuroure. La vague lui faisait une étrange parure. Toute de diamants qui luisaient au soleil. Et ruisselaient au long de son galbe vermeil.
«Areskouî, l'esprit qui nous souffle la guerre,
Que les deuils et les pleurs, hélas! ne touchent guère;
Areskouî, le dieu dont l'asile sacré
Était ce roc, pareil au grand navire ancré;
Areskouî brûlait, pour la rieuse vierge,
D'une invincible ardeur. Et, lorsque de la berge
Il la voyait descendre, et s'approcher des flots,
Il volait au-devant, murmurant de doux mots
Que l'indiscrète brise allait ailleurs redire.
Seule elle pouvait voir le dieu cruel sourire.
anan d'antam
«Et, pour .mUr «m bnu. dM. »„ ,„,our jaloux. Souvent a «'âvançmit avec un rire doux ; Mai. U fiUe des bois nageait veni le rivage, ^t cherchait un abri soui le manteau wuvage Dei «Sculairei pini, gardien» de sa beauté. Alors Areskoul s'enfuyait, irrité.
Dan. sa retraite sombre, alors, comme un tonnerre On entendait l'écho de sa sourde colère.
Il I
«Quand le jour, cependant, inondait les forfits
De discrètes lueurs et de tiède<! reflets.
Un bieiuaisant génie, an front jeune et superbe,
Sous les traits d'un chasseur sortait des touflfes d'herl)e
Respectueux et doux. U s'en allait alors.
Nageant avec souplesse, en gracieux essors,
Vers la naJve enfant. EUe semblait ''utu-.dre
Sans honte, avec pudeur, son regard franc et tendre
Se levait confiant sur le beau compagnon.
Parfois eUe fuyait, et, de son pied mignon,
Elle fouettait la mer qui volait en ros<-f;
Ou, la gorge sur l'onde, et la tête posée
Sur les gerbes de jonc que le flot apportait. Elle semblait dormir. Innocente, elle était
lA DlcOUVIRTI DO CANADA
Belle contme l'amour à notre premier rêve, Et le* oiwtux chantuent tout le long de U grève. Peut-être allumait-elle un feu lubtil et doux; Et iani aimer, peut-être, on devenait jaloux.
«L'neil errant sur les eaux, du haut de sa demeure.
Le sombre Areskoul l'aperçut. C'était l'heure
Où le taillis n'a plus que de faibles échos,
Où la grive et la fleur aspirent au repos.
La mer, teinte de rose, au loin dormait. Les nues
Qui déployaient au ciel des formes ingénues
Semblaient flotter au fond de l'immense miroir.
Le soufne harmonieux qui s'élève, le soir,
Faisait de temps en temps, avec un doux murmure.
Frissonner ça et U l'onde dormante et pi re.
Et l'aile de l'oiseau striait ce champ uni.
La vierge, en souriant, d'un bras souple et bruni.
Repoussait le flot bleu qui noyait son épaule;
Elle allait, se berçant comme un rameau de saule
Au souffle du zéphir; et ses épais cheveux
Déroulaient leurs anneaux sur son cou gracieux.
«Nina sortit des eaux. Partout se glissait l'ombre, Et chaque rameau vert semblait un voile sombre.
MWJT» d'aWTAW
Av«,t qudl. eut .tt^nt d'un pM pounwt légw U v,«« w,Bw«n qui ^ po„^j ^ p„^^ U doue, «/«t «ntit. p««l. à A, unadles L«jo,gt. dur. et crin>é, d. l'Eiprù de. b.t«ll«i. Mordre u bru„e q«ule. Elle entendit h voix Dont le. crueb «cents f«i«ient trembler le. tMi,.
«Moi, je «.i,, di«it.il, rE.prit de la Vengeance
J «Bnore la pitié, j'abhorre la clémence
A moi Nina!... Viens donc-.. La U.lle vierge, à moi-
Mon antr«ét,mffera«n,s sa large paroi
Le. en. du dé«,sp«r' A moi les chastes charme.!
Ad autre, maintenant U «nUIrance et le. larme.
Nina cnait en vain;
. , ~~ "Joniai. tu ne m'auras >
Areskouï la prend dan. m. robuste, bra. Et s'envole, semblable au hibou de, ténèbres Avec M douce proie, en ws antres funèbres.
«Or. l'Esprit de la Baie, - en effet, c'était lui Ou. jouait sur les eaux quand !e jour avait lui ' u que le soir brillait au rayon de la lune - ' Or, l'Esprit de la Baie, inquiet, à la brune Chaque soir reven.it en d'.mcieux transports Jouer avec la vague ou rever air les bords
LADicOVVBBTI DV CANADA
Mai* clwqtM loir, héloât wn attente «tait vaiiM. Elle ne venait phu. D'une taie trop wreine Oubliait-elle donc un innocent plaieir f Ne lavait-elle plui l'ardeur de ton dMr t
«Il aimait •« douleur et ne pouvait la taire.
Souvent il l'approchait de l'antre solitaire.
Il entendit, un jour, la plainte de l'enfant.
11 entendit auasi le rire triomphant
Du génie infernal qui la tenait captive.
Il pou» une clameur qu'au loin l'onde et la rive
Répètent bien longtempe. Tous les Espriu des eaux
S'élancent à la foi» des joncs et des roseaux.
La base du rocher est bien vite sapée.
Et. du dieu des combats la force alors tiwnpée
Devient vaine. L.; roc s'ébranle et disparaît.
Seul, le gîte où vainqueur, le dieu se retirait.
Restait encor debout, trien au-dessus de l'onde.
Mais un instant s'iicoule, une porte profonde,
La même que tu vois, s'ouvre dans le rocher.
Et le jour et la ner vont tout à coup lécher.
De leurs refleu joyeux, le fond de la tanière
Où gémissait toujoura la belle prisonnière.
Areskoui. pour fuir, prit laile d'un corl>eau.
Sons les traits redoutés de ce lugubre oiseau,
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'-= {'16) *8; - 0300 - Phone
=^ (716) 2ee-59fl9-Fo.
RBFLBTS d'aNTAN
Bien souvent U revient sur ses débris célèbres. Croasser, vers la nuit, des menaces funèbres. ' Souvent avec Nina, dans les plis d.s flots d'or, L'Esprit du fleuve, aimé, vient se jouer encor.i