‹ Réflexions d'un catholique à l'occasion de l'affaire Guibord [microforme]Chapitre 1 sur 8 · Réflexions d'un catholique à l'occasion de l'affaire Guibord [microforme] · texte numérisé non relu

Réflexions d'un catholique à l'occasion de l'affaire Guibord [microforme]

Lorsque l’affaire Guibord commenca à préoccuper le public au mois de novembre 1869, nous jetämes sur le papier quelques réflexions aussi courtes que le fond de la cause était simple, Muis les incidents et les hors-d'œuvre ayant insensiblen:ent exagéré les dimensions de celte affaire, nos modestes notes, :lestinées à rectifier ce qu'il pouvait y avoir d’erroné, principalement au point üe vue catholique, à expliquer les points obscurs, et à résumer en le meltant en reiief ce qu’il y aurait de bon, se sont enfin accrues au delà de toute prévision. Dans ces longues procédures, on a touché

à vingt questions disparales;—on a parlé de |

la nature et des effets de l'excommunication:;

—de Pie IX et de son gouvernement temjorel ; |

—de l’Institut Canadien,et de sa bibliothèque; —4e l'autorité diocésaine, et de 3es actes, etc.;—et l'on en a parlé de telle manière, qne maintenant un gros volume suffirait à peine pour en faire le commentaire th“ologique et canonique. Nous ne pourrons donc faire autre chose qu’effleurer les points les plus saillants, en les appréciant aux pures lumières de l’enseignement catholique, el en indiquant brièvement la substance de nos preuves.

Quant à l'unité de plan, il a fallu y renoncer, vu que nous prenions pour base de notre travail les fragments disparates parsemés cà et là dans les procédures de l'affaire Guibord ; bon gré, mal gré, nous imiterons l'architecte, qui, condamné à bâtir sur un site inégal, sacrilie les règles de l’art, pour se conformer aux accidents et aux bizarreries du terrain.

Voici toutefois les principaux points auxquels se rattachent toutes ces notes :

lo. La liberté de l'Eglise Catholique en Canada ;

20. Le pouvoir divin de l’Eghse, surtout en malière de doctrine ;

30. L'autorité de l'Evèque diocésain, et des S. Congrégations Romaines ;

4o. L'incompétence de l'autorité séculière en matière spirituelle,

Nous appliquerons ensuite ces grands principes aux questions de sépullure, après avoir montré la difference qui existe entre la sépulture civile et la sépulture ecclésiastique.

Nous conclurons par une appréciation de la substance et des incidents de l’atfaire Guibord.

Puisse ce travail dissiper quelques obscurités dans l’esprit des catholiques, et leur servir de fil conducteur au milivu de ce labyrinthe ! Puisse-tl aussi satisfaire les aspirations

‘de plusieurs hommes droits et honnêtes, qui, animés d'une eslims sincère pour l'Eglise (atholique, en dehors de laquelle ils ont reçu leur éducation religieuse, respectent cependant ses droits et ne desirent que les connaitre !

22 février 1870.

ecique

& 1.—L'Exercice de la Religion Calholique est libre en Canada.

C'est là un axiôme fondamental de notre Droit public, consacré solemnellement par la foi des Traités, et grav* en traits ineffaçables dans le cœur de tous les Canadiens catholiques.

Mais, garantir notre liberté religieuse, qu'est-ce autre chose, sinon approuver implicitement et sans contrôle toutes les lois de l'E-

glise Catholique, et le libre exercice de l’auto- | che de! rité religieuse à ses différents degrés hiérar- | conile tous les recoins de la terre, sans que les

chiques, en tout ce qui concerne le gouverne- |

ment intérieur de cette même Eglise ? — La protection positive et eflicace promise à un certain nombre de nos règlements ecclésiastiques ne dispense pas l'Etat de respecter ceux de ces mêmes réglements qu'il n'appuie pas

de sa sanction explicite : intervenir à l'effet de |

régler une question quelconque de discipline, ce serail blesser cruellement la liberté de notre Eglise et de nos consciences.

Commençons par tracer à grands traits une

esquisse de l'Autorité religieuse, telle que la |

comprend l'Eglise Catholique.

8 I.— Notion générale du Pouvoir Spirituel de l'Eglise Calholique.

toule puissance a élé donnée dans le Cielel sur la Terre, un vérilable Pouvoir Législalif. Judiciatre el Administralif en toutes les matières qui concernent le salut des âmes, et spécialement en ce qui regarde la Foi, l'interprétation de la Loi naturelle, la Morale évangélique, les Sacrements, la Discipline, etc.

Ce triple pouvoir est supréme dans sa sphère ; e: Dieu, source essentielle et unique de tous les droits en ce monde, n’a conféré à aucune autorité sécuhère le pouvoir de contrôler ou d’entraver, de quelque manière que ce soit, les Lois, Jugements et Acles Administralifs de son Eglise en matière spirituelle,

Les deux principes que nous venons d’exposer ne sont pas pour nous des opinions libres, mais bien des dogmes sacrés ; ‘tellement qu'un catholique ne peut les nier, ni même les révoquer en doute, sans ébranler les fondements de sa foi, et sr jeter hors du sein de l'Eglise.

Quelques notions spéciales sur le Pouvoir Doctrinal de l'Eglise ne seront ici ni déplacées ni sans profit.

& II1.—L'Eglise esl infaillible dans son enseignement, et dans la condamnation des erreurs.

JÉSUS-CHRIST, Sauveur du genre humain, la Vérité substantielle et incarnée,ne pouvait permettre que ses oracles infaillibles fûssent le partage exclusif d’une poignée de fortunés disciples, qui se pressaient autour de sa personne sacrée. Son amour embrassant toute la suite des générations futures, devait leur assurer la jouissance d’un semblable privilège, en décrétant que, partout et toujours, chaque inteligence humaine aurait le moyen d’étancher la soif de vérité pure et sans mélange, qui nous dévore, et que chacun de nous serait infaillible, ñon pas en tout ce qui pourrait piquer no-

tre curiosité insatiable, mais du moins en C9 qui concerne nos destinées immortelles, et !

chemin qui doit nous cpuduire à notre fin su. prème, (1)

Pour cela l'Eglise a été authentiquement constituée gardienne du précieux dépôt de la Révélation, et héritière à perpétuité de l'infaillibilité de l'Homme-Dieu, EL depuis dix-huit siècles, elle n’a cessé de veiller avec une fidé. lité amoureuse et une sainte julousie, à ce que ce beau fleuve des vérités célestes arrose et fé.

égoûts de l'erreur puissent s’y décharger pour en corrompre la fraicheur et la limpidité, Lors ‘donc que la racine de la vie surnaturelle, c'est-à-dire la vérité révélée, se trouve entamée par des doctrines plus ou moins dangereuses, l'Eglise qui n’a d'autre passion que l'amour des âmes et le désir de leur bonheur, remplit son pénible devoir avec une exactitude temp-rée par sa maternelle tendresse; l'erreur est signalée et foudroyée, sans que nulle considération purement humaine puisse influencer sa noble et divine impartialité.

Toutefois jamais ses angoisses ne sont plus vives, que quand le sophisme, plongeant la coupe (d’or de la science ou de la philanthro-

| pie dans les marécages de l'erreur, l’en retire L'Eglise Catholique a reçu de Celui à qui | 1

leine d’une eau fétide, dans laquelle on a soin de délayer du miel en abondance, avant de l'offrir aux lèvres des catholiques. C’est alors surtout que son zèle pour la vérité et pour les âmes fait pousser à l'Eglise un cri d'alarme et de douleur. El, l’on s'indigne contre une mère, uniquement parce qu'elle refuse à son enfant la cruelle liberté de s'empoisonner lui. même ou d’empoisonner ses frères !

Pour nous catholiques, nous reposant amoue reusement sur la sollicitude de l'épouse de Jésus-Christ, loin de redouter sa direction si ferme et si douce, nous l’acceptons avec gratitude, nous la provoquons même avec instance, Toute doctrine qu’elle a vénitiée et recomman- ‘dée, nous la savourons avec délices ; tout aliment intellectuel qu'elle interdit comme vénéneux ou seulement comme suspect, nous le re- Jetons avec horreur.

Obligés de voyager pendant toute notre vie le long d’un sentier bordé de précipices, nous bénissons la main bienfaisante, qui, en élevant sur les bords du gouffre une barrière salutaire, nous délivre de la triste liberté de rouler au fond de l'abime!

& IV.—Pourquoi l'Eglise, uvant de condamner un livre, ne fournil-elle pas toujours à l'auleur les moyens de se justifier ou de se rélracler ?

Toutes les fois qu'elle le peut, jamais elle n'y manque; Car personne ne connait mieux qu'elle, le respect et les égards dùs à l’intelligence et au cœur de l'homme. Mais parfois,

oi ‘ L’infaill{ibilité de la foi de tous les membres ‘“ de l'Eglise, dit Mgr. Dechamps, archevêque de ‘“ Malines, infaillibilité à laquelle les Théologiens ‘ donnent le nom d’infaillibilité passive, corres- “pond à l’infaillibilité de l'Eglise enseignante, “à laquelle les Théoiogiens donnent le nom ‘© d'infailibilité active.” (L'Infaillibilité et le Concile général ;—à l'usage des gens du monde, 1869 ; Chap, ll, VInfaillibilité surnaturelle, page 2).

ns en C9 les, et le re fin su.

iquement pot dela le l’infail.

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sont plus ngeant la ilanthroen retire onasoin avant de l’est alors t pour les alarme et ntre une use à son Donner lui

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notre vie ces, nous in élevant salutaire, rouler au

ndamner ujours à r ou de se

mais elle ait mieux : l'intelli- > parfois,

membres evêque de néologiens Je, COrresseignante, ae et le e nde, 1869 ; age 20).

la gravité ou l'imminence du p'ril réclame ! vérité d'aucune science humaine.—Dans la se “ [

impérieusemont que la circulation du poison soit arrôtée sans delai, Et alors, de quel dr it pourrait-on la taxer d'injustice, puisque, dans ce jugement purement doctrinal, + na

sont niles intentions, ni les sentiments per- |

sonnels des auteurs qui se L'ouvent en cause, mais uniquement leurs écrits, entendus dans le sens naturel, et comparées avec la règle 1mmuable de la vérité révélée? Eh quoi! l'Auto. rilé civile se croit-elle obligée de faire une enquête pour savoir jusqu'à quel point un traliquant d'aliments malsains ou falsiliés pout être personnellement coupable où excusable, avant de lui interdire ce pernicieux commerce, et d'avertir le publie de se tenir en garde contre ces funestes marchandises ? La bonne foi d'un empoisonneur,soi des corps soit des iutelligences, mérite tout au plus qu'on respecte sa personne, mais non pas qu'on le laisse libre de continuer.

Cependant, remairquons que l'Eglise est heureuse, quand elle peut proclamer à la face du monde catholique, à la suite de la condamnation de l'ouvrage, la glorieuse et liliale sou. mission de l'auteur.

4 V.— Quelle est la sphère où s'everce l'infailli- |

bilité doctrinale de l'Eglise ?

Le Verbe Incarné, fondateur de l'Eglise, aurait pu lui léguer en héritage les secrets de

toute science humaine; mais réservant pour | l'autre vie, comme recompense de notre foi, le | dernier mot sur les énigmes qui nous envelop-

pent et pénètrent jusqu'au plus intime de notre être, 1l a décreté que linfailibilité de son Eglise aurait pour sphère exclusive: Les Vérilés sacrées de la Révélation, avec loul ce qui s'yrallache par une connexion nécessaire, plus où moins immédiale.

Or, notons ici en passant, que cette infaillibilité est le privilége exclusif de l'Autorité Suprème, et n'appartient point à chacune des autorités Ssuballernes, quelque vénérables qu'elles soient ; ainsi qu'il sera expliqué plus amplement ci-après.

L'Eglise ne peut donc se tromper sur la na- |

Lure et l'élendue de ses divines prérogatives : impossible de supposer qu’elle empièle jamais sur les droits légitimes de la science humaine ; car toute erreur, même involontaire, qu'elle commettrait sur les limites de son autorité doctrinale, anéantirait sa propre infaillibilité, et par contre-coup les promesses de son adorable Fondateur.

Si donc elle s'occupe d'une question, tout vrai Catholique conclut sans balancer que cet. te question est de sa compétence. Et en effet, comment un homme raisonnable prétendrait-il concilier une croyance sincère à l’Infaillibilité doctrinale de l'Eglise, avec la crainte d’un excès quelconque dans la sphère ce cette autorité Infailiible ?

Car enfin, ou bien les vérités révélées ne peuvent pas êlre en opposition avec les vérités naturelles ; ou bien cette contradiction

est possible.—Dans le premier cas, une auto- | | publique, Paris, à l’Imprimerie Impériale, 1867;

rité qui enseigne infailliblement les vérités de l'ordre surnaturel, se trouve dans l'heureuse

impuissance de jamais contredire une seule }

conde hypothèse, que devient la véracité di.

vine ? Dès lors Divu, source essentivllo du double fleuve des vorités naturelles €: surnaturelles, pourra nous répondre à la lois sur une môaëg question, le Oui par ln Raison, et le Non par la Foi! Qui ne reculerait d'horreur devant un pareil blasphème ?

2VI.—Conséquences praliques de toul ce qui a élé dl concernant l'hnfaitlibitité doctrinale de l'Église.

Concluons Lo, que quand l'Autorité suprème de l'Eglise flétrit une docirine comme erronée, nous devons croire avec une certitude intime et inébraulable, que cette doctrine, soit dans son énonc, soil dans ses conséquences, blesse une vérité révélée ; que nècessairement elle est fausse, d'une fausseté absolue et non pas relative ; qu'elle ne peut jamais entrer parmi les matériaux d'une science quelconque ; et qu'elle est PENNICIEUSE sans restriction.

Concluons ?o, que si, par un stratagème hypocrile dont nous sommes témoins tous les jours, cette même erreur cherche à s'envelopper sous le manteau de la philosophie, de la science, de l'histoire, où de la politique, l'Eglise peut et doit lui arracher ce voile qu'elle profane, et la transpercer de son glaive doctrinal,

Par exemple, quoi de plus purement scientifique en apparence que l'assertion suivante : ‘ Un Ôtre d'une espèce inferieure peut, par “Les forces de sa nature, s'élever jusqu'à l’'espèce humaine, et prendre rang parmi nous!” Et cependant, l'Eglise a le droit de condamner celte proposition, comme opposée à la doctrine indubitable qu'elle enseigne, d'après les Livres Saints, touchant l'unité de la race hbumainé, el ia création immédiate du premier homme par les mains de Dieu. (1)

Concluons enfin 30, que, si un Institut littéraire se déclarait juge compélen! des bonnes ou mauvaises doctrines contenues dans les livres de s1 bibliothèque, une pareilla prétention serait erronée, pernicieuse, etabsolument anli catholique; car ce serait déplacer le centre de l'Infailhbilité doctrinale, en la refusant à l'autorité souveraine de l'Eglise, pour la transmettre à quelques laïques.

&VIL. —En qui réside l'Autorité suprême, soit Doctrinale, soit Judiciaire, dans l'Eglise Calholique ?

Elle réside en plénitude dans le successeur de S. Pierre, lequel est pour nous le Vicaire de l'Homme-Dieu, l'Evèque des Evèques, le Pasteur des brebis et des agneaux, le Foyer sans éclipse de l'Infaillibilité doctrinale, le

(1 Non seulement cette doctrine à laquelle nous faisons allusion est anti-catholique; mais encore elle est rejetés commas anti-rationelle et antiscientifique, par un illästre savant français, M. de Quatrefages, membre de PI stitut, et professeur au Musée, dans son bel ouvrage: RAPPORT SUR LES PROGRÈS DE L’'ANTHROPOLOGIE ; —publication fuite sous Les auspices du ministère de l’Instruction

—et dans les Conférences populaires sur l’histoire de l'Himme, pubhées en piusieurs DER par le mémesavant; Paris, Librairie de L. Hachettes

Soleil du monde surnaturel, le Père et le Nour- | plume protestante, le témoignage d'un journal

ricier de toutes les âmes catholiques, | français, le figaro, dont l'ivréligion est notoi- Ilest vrai que desus-Christ n'a pas jugé | re : expédient de communiquer aux Papes le pri- | 411 y a plusieurs papes de par le monde : le

vilège de l'impeecabilité, Toutefois, depuis ! Grand Ture, le Czar, le Roi de Prusse, la vingt-cinq où trente ans, des documents irrê- | fivine d'Angleterre... Le pape moscovite fait fragables ont démontre, que l'Histoire de la | fusiller un peuple agenouille qui demande son Papauté n'a été pendant ces trois derniers | Dieu, ges autels, sa nationulite, sa lungue, ses siècles qu'une immense conspiration contre là | lois, ses loyers, Les patri tes sont pendus, verite ;—(que la plupart des Hnpt lalions odieu- les femmes sont fouvtlces. De temps à autre, ses, dont on chargeait à l'enviles Souverain | {es adversaires de Rome j arlent et pérorenten Pontifes, sont entièrement fausses, où du ! fyveur de la Pi gne, La nalion en deuil n'a moins grandement exagérees ;—0olin que les | qu'un protecteur : ilestuu Vatiran.……, L'en- Papes du Moyen-Age, spécialement S° Grè- | nemi, le seul ennemi de ces scribes, c'est le goire VIH et Innocent IH, méritent d'occuper Pape, roi de moins d'un million d'hommes : une place distinguve parmi les bientuiteurs de | c'est le vicillard auguste qui, à l'âge de quutrel'humanité, Cette dernière thèse, soutenue il vingis ans, mène la vie lu plusrigoureuse qui y a deux siècles par le protestant Leibnitz, & | ait jamais été infligée à un prètre. C'est ce été pleinement démontrée de nos jours par | Saint, qui n'assiste qu'aux têtes de Celui dont deux autres protestants, Voiglet Hurter, Ne | ij est ici-bas l'infaillible vica ru, qui se lève à pas connaitre ces admirables travaux de la | gix h ures, assiste au conseil de ses ministres, critique moderne, ce serail grossière ignoOran- | travaille dix heures par jour, se repose en figuce; les connaitre, et répéter des calomnies | rant à toutes les céremonies religieuses, et ter mille fois refutécs, ce serait insigne Mauvaise | mine sa journée en donnant audience, et en foi. | bénissant lous ceux qui dés quatre coins de &VIIL.— Portrait de Pie IX par un Publiciste l'univers, uccourent pour le voir j cathol ques, Protestant, el par un Journal noloirement | Protestants, quils, malometans. A irréligieus. c'est ce me rveill ux vieillard qui s'appelle Pie L IX, que l'Église n'aura pus besoin de cononi- Le Pape qui depuis un quart de siècle oc- | ser, car 1] se canonise lui même par des vertus cupe la Chaire de $, Pierre, n'est pas acule- | qui ne sont pas de ce monde, EL puis, vous ment vénérable à la foi des Catholiques à cau- | tous qui l'avez vu, qui l'avez entendu, n’avezse de son auguste autor.te ; mais de plus, ses | vous pas été frappés, comme les discijles qualités personnelles lui ont conquis l'estime | d'Emmaüs, par ce je ne sais quoi de doux, et l'admiration du monde entier, Souvent la ! de persuasif, de divin, qui l'entoure comme presse protestante lui a rendu des hommages | d'une aurecole ? éclatants.dont voici un exemple remarquable: ! «Le temps respecte l'auguste tête de Pie IX : « Pie IX, en même temps qu'il fait preuve | c'est un à-compie sur limmortalité, » « d'une vue très supérieure et d'une vigueur | At «d'âme invincible, est aussi un homme bon, | # IX.—Portrail de Pie IX, contre-nalure, trasun homme pieur, dans l'antique et vrai sens cé par un 1 atholique, membre del Inshitut «de ce mot, si bien conservé dans la Sainte | Canadien de Mortréal. «Liturgie. Il n'est pas seulement, comme on « pourrait le croire «L dire, un grand e.prit et un poutique hors ligne, il est encore d’un bc extrémement relgieus, tendre et come | tn temoignage légal, iusére an dossier ‘patissant. El nous pouvons (ire de lui ce de l'affaire G tb d et nublié dans le Pays «que S. Paul disait de son Maître, source et | °°" vs a | TRE 4 0 «modèle de tout Sacerdoce : Non habemus ! is | et A AL gd AL ECS : FOUR ie suc Has CAE Ta fi Li Après avoir protesté qu’il ne considère point ‘est vraiment donne pour s'opposer à ces hom- |. 5h à EU ASE amuse ici Pie IX comme Pontfs, voici comme 11 démes sans dévouement et sans cœur, préuils eint son caractere. personnel el son gouver: «par le nièm: Apôtre : Sine affeclione » 1 smentté ; el : Î Ë Ne croirait-on pas entendre un des Pères du : ASRNE SUUIROPRE": Concile du Vatican, ou du moins quelque no- | «Le gouvernement de Pie IX est le plus arble génie catholique? Et ce sont les paroles | ebitraire et le plus despotique, qui existe au d’un Protestant «cossais, M. David Urquhart, | « mond8........ G+ même gouvernement ne s'est qui, depuis «le longues ar.nées, recrutant de | «maintenu que par les cachots.l'exil l'échafaui, nombreux disciples, surtout au sein du Pro- | els vengeances palitiques, les atrocites.....Pie testan'ieme et de la Libre-Pensée, travaille à |! «IX s’ohstine à maintenir un système de procéraflermir les sociétés chancelantes, en conju- | « dure criminelie qui aboutit ädes meurtres jurant l'Eglise Catholique de reprendre, en fa- | eridiques.….. il a été vraiment l'allié du gouveur du Moude moderne, l’exercice du pouvoir | « vernement tyrannique et atroce de la Russie doctrinal et moral qu'elle exerça jadis sur les | €... nations chrétiennes. (1) Mais mon cœur se soulève, ma plume Ajoutons à ce tribut payé à Pie IX par une | frémit et se refuse à eu ecrire davantage soso O Pie IX, mon bien-aimé Père, vous, le Roi Pacifique, qui ne pouvez sortir dans les rues de Rome sans êlre poursuivi par es importunités amoureuses de vos sujels ;

Ceux de nos lecteurs qui voudraient juger par |! eux-mêmes de la pièce dont nous allons exhiber quelques échantillons, porrront la lire

[1] On trouvera dans le Brlületin du Concile, [No. 8, 3: décembre 1869, et suivants], une notice interessunte sur la vie, les doctrines,les travaux etl’écoule de M. Urquhurt.

PP ET, ET. 21en

'un journal ù est notoi.

monde : le Prusse, la scovite fait mande son lutgue, sas ut pendus, ps à autre, érorenten n deuiln'a boss, 13 EN 8, C'est le l'hommes :

de quutreireuse qui C'est ce Celui dont se lève à ministres, 1se en figuses, el ter.

ce, et en > coins de iholques, L'ennemi, lpelle Pie le cononies verlus bis, vous u, n'avez disciples de doux, ré Comme

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le Pays, 1, ?, 3 lé-

èreroint ine il dés gouver-

plus arxiste au tnes'est chafaud, pe... Pie le procérlres judu goua Russie

plume vantage » Pére, pz Sortir uivi par sujets ;

vous, les délices du monde catholique ; vous à qui les souverains, mème protestants, mahometans, inlidèles, prodiguent à l'envi les témoi. gnuyes de respect et d'a lmiralion ; vous, le type de la douceur et de la mojesté paternelle; vous, aux bienfaits duquel rien n'a manqué,

sinon la reconnaissance de ceux quiles ontre. |

çus ; vous, dont la ligure rudieuse brille d'une aurvole surhumaine,—c'est vous dont on a 08 inscrire le nom béui, au bas de ce hileux portrait d'un despols singuinairs! Sans doute, ces outrages inqualitiables sont impuissants pour s'élever jusqu'à vous; muis c'est eur nous, Vos fidèles enfants du Canada, qu'en retombent la honte et la douleur, Ah ! pour votre cause sacrée, nous vVerserions avec joie notre sang goulte à gouitu; du moins qu'il nous soil permis d'exhaler un cri dé profonde indignation, et d'en appeler à tout ce qu'il ya de consciences honnêtes —henreux, sice devoir de piété liliale, par une diversion opjhorlune, nous méritait l'honneur de voir rejaillir sur nousmêmes la fange qu'un fils denaturé s'efforce de lancer contre notre Père chér Pie IX, et notre divine Mère, la Sainte Eglise! (1)

8 X.— Quelle est la part de l'Evéque diocésain dans le pouvoir ecclésiastique ?

La doctrine catholique sur cette question se trouve condensée en peu de mots par $.

Thomas d'Aquin: «Le Pape est comme le Ro «dans un Koyaume;—el les Evéques sont «comme des Juyes dans chique Cité.» Get ordre de choses est elahli sir un decret immuable du divin Fondateur du Christauisme, qui a conlie sans restriction au successeur de S. Pierre la pleniiude du pouvoir spirituel, de telle sorte que les lois universelles de l'Éghso ne tiennent Jeur force que de la sanction pon-

tticale ; et qui cependant a voulu que le corps |

vénérable des Evêques, successeurs es Apô-

tres, fût à jamais associé à la paternelle soie |

citude du Poutife Romain, en gouvernant sous sa juriuliction souveraine les ‘diocèses respectifs qu'il assigne à chacun d'eux, et en venant se rangir autour de li, quand il juge expédient de les convoquer en Concile Géuéral, pour les faire participer à son pouvoir suprème sur l'Eglise entière, et sur chacun de ses membres, ,

L'E\êque diocésain ne peut en rien déroger |

aux lois un verselles de l'Eglise; néanmoius il

possède uu véritable pouvoir légistatif, en ce |

qui n’est pas lixé par l'autorite du Souverain

Pontif: ;—+t ces lois diocrsaines imposent une |

obligation grave, en matière importante, Le

[1] Les odieuses statistiques, fabriqnées en haine du gouvernement temporel de Pie 1X par l’iinpié-

té et lu Révolution, it üidè.ement transe ites dans | F È SH , qu'elle n’a pas été annulee par le tribunal

le document déjà cit , ont été vigoureusement relutées par un publicise lialien, l'abbé Marg'itti, dans un ouvrage traduit en français (1-53) par J. Chantrel, sous ce titre: L's victoires de l'Eglise pendant les dix premières ann’es de Pie IX :-—on lira surtont avec autant d'int rèt que de protit, le chap. XI V de ia 4e période: Dela législation civile et criminelle des Htats Pontificuux ;—le chap, XXI: Clémence ratrior ini e de Pie 1X à l'égard des rebelles ;—les chip. XXII et XXIII, où lon eomvbare les prisons de l'État pontiical avec celies du Piémont et de l’Ang.eterre, elc,

Droit Canon indique avec soin la sphère et les limites de ce pouvoir législatif, aussi bien que du pouvoir administratif, lequel aussi certainement appartient à l'Evèque dans son diocèse ; (Benoit XIV, de Synodo Diæcesand ;-« Bouix, de Episcopo, etc), Mais il est surtout, selon l'expression de S, Thomas, le Juge ordinaire en première instance «le toutes les causes ecclésiastiques qui surgissent dans son diocèse, même en ce qui concerne le droit commun de l'Eglise, à l'exception de celles que le Pape réserve à son auguste Tribunul,

L'Évèque peut, sans outrepasse: les limites de sa juruliction ordinnre, prononcer une sen tence d'excommunication majeure, même pour la violation d'une loi où d'un précepte emané de sa propre autorité, A plus forte raison, at il le droit d'inflgerles autres peines cunoniques, qui souvent ne sont que des fragments ot des diminutifs de l'excommunicatiou: telles que la privation des sacrements, ls refus de sepul. ture ecclésiastique, ete, (S, Liguori, 7héal, Moralis, lib. VIL) Or, voi il:s trois manières dont les evèques peuvent exercer leur pouvoir judiciaire,

10, Quand le coupable est convaincu d'avoir transjressé, en pleine « issance de cruse, une loi appuyée par la san 1 d'une ceusure lalæ senlentiæ, la sentence éniscopale est puremeut déclaraloire, 20, Si le texte de la loi menuionne en (ermes couminaloires une hprine spirituelle ferendæ s tentie, l'Evèqu: infligo au criminelce juste châtiment, qui du reste devait lui être connai d'avance, et dont sa désoboissance renfermait l'acceptation impli cite, 30, Enfin l'Esôque possède un poue voir discretionnaire, qui lui est parfois expressément contié par les termes de loi; et qui, dans une multitude de cas, que la lettre du droit ne peut explicitement prevoir, lui appartient en vertu d'une règle générale; et il en use selon l'esprit des saints canons, la grâce de sa vocation, el sa prudence personnelle,

Toutefois le droit d'Appel, soil au Metropolitain, soit au Siege Apostolique, a toujorrs ête regardé dans l'Eglise, pourvu qu'on en use avec sincérié et droiture, comue un droit sacré et inaliénable. Toujours les Souverains Poutfes ont compté parmi leurs plus nobles prérogatives, celle de donner un libre et paternel accès aux r‘elamalions du plis faible eu !u plus obscur enfant de cetle immense famille, qui compte deux cent millions de membres,

CeL appel, surtout quand il a pour ohjel une censure prononcée par l'autorité épiscopale, n'a generale nent parlant, qu'un effet dévolu {if elnon pas suspensif; c'est à-lire, que la sentence demeure en pleine vigueur, tant

| supérieur; ainsi l'a déclaré le Pape Benvit

XIV; (Théol. de Gury, l6me édition; Zract.

de Censiurÿs, No. 950).

Remarquons en passant, que L'on XII, (26 mars 1825), rappelait instamment aux évêques du monile Gathoiique le droit qu'ils possèdent, et le devoir grave qui leur incombe, de vrohiber la lecture des livres pernicieux, et d'appuyer leurs decrets par la sanction des cen-

sures ecclésiastiques. Pie IX, (: 4 acul 1864), a confirmé ce pouvoir des évêques, el a voulu qu'en cette matière ils agicsent comme délégués du Siége Apostolique; (Gury, ibid., Mo.

? XI—En quoi consistent les Congrégations Romaines; el quelles sont leurs altribulions dans le gouvernement de l'Eglise universelle ?

Afin de soutenir l'immense fardeau de leur juridiction universelle, les Souverains Pontifes avaient besoin, autant et plus que les princes temporels, de créer plusieurs ministères spéciaux, que l’on désigne sous le nom de Congrégalions, auxquelles ils ont communiqué des attributions et une mesure de pouvoir nettement déterminées, et qui sont composées d’un certain nombre de Cardinaux, et de Consulteurs choisis parmi les Théologiens et les Jurisconsultes les plus éminents. (Traclalus de Curi& Romand, par Bouix).

Certaines classes de d''erets, et spécialement la condamnation dogmatlique des doctrines pernicieuses par la S. Congrégation du $S. Office, ne sont irréformables, qu'après avoir été expressément approuvees par le Docteur Suprème, lequel ne délègue à personne sa divine Iofaillibilité.—C'est donc bien à tort, (soit dit en passant}, qu'on prétendrair alléguer contre l'infaillibihté de l'Eglise ou du Pape, la condampnation du systèine astronomique de Galilée, puisque celte sentence n’a jamais reçu la sanction solemnelle des Souverains Pontifes. (1).

Quand il s'agit de questions secondaires de discipline où d'administration, le Souverain- Pontife n'intervient pas toujours pour sanctionner chaque décision ; mais comme les Congrégations travaillent sous sa surveillance iminediate et assidue, nous devons les considérer comme émanant du Chef de l'Eglise, pour le moins aussi vérilablement que l'on attribue à un Souverain temporel, les ordon-

L'autorité de ces vénérables Congrégations n'étant donc qu'une participation et un rayonnement de l'’auguste autorité du Souverain Pontife, il est impossible de respecter l’une et

Le Énnaan- latine > Ana ‘hnnes | LD FR HR :

de mépriser l'autre. Pour être conséquent | {tour de nous nos chères et intimes convic-

avec soi-mème, il faut les confondre ou dans une filiale soumission, ou dans un commun mépris.

2XIL.—L'Autorilé séculière peul-elie intervenu dans les malières ecclésiastiques ?

S'il s'agit d'intervenir comme autorité com-

pélente, soit législative, soit judiciaire, soit

[1] Cette vérité historique vient d’être mise en pleine lumière par M. Th. Henri-Martin, Doyen de la Facuité de Rennes, dans son ouvrage: Gaditée ; les droits de la science, et la méthode des sciences physiques ; par l’abbé Bouix, dans son Tractatus de Papé ; par l'abbé Jules Morel, dans quelquesarticles publiés, il y a douze ou quinze mois, par la evue du Monde Catholique ; jar Mgr Dechamps, archevèque de Malines, dans son opuscule : La grande erreur de notre temps, etc, On trouvera aussi dans ces mêmes sources la pleine justification de tous les actes de l'autorité ecclésiastique dans cette affaire, si étrangement travestie par les ennemis de l'Eglise,

administrative,--nous répétons ce que nous avons développé au 2? II, savoir: que {a Foi catholique nous enseigne comme un dogme fondamental, la divine indépendance de l'Eglise, en loul ce qui concerne les inléréls élernels de ses enfants.

Autrefois elle accorda spontanément à des princes catholiques, comme une récomhense de leur filial dévouement, quelques priviléges

| en cerlaines matières mixtes; plus souvent,

el2a consenti à ces sortes de concessions, pour le plus grand hien des âmes, au moyen de concordats solemnels ou de conventions tacites. Mais, quant au sanctuaire inviolable des questions purement spirituelles, elle ne veul ni ne peul en permettre l'entrée à aucune puissance temporelle ; — et même, en ce qui concerne les questions mixtes, plus elle se montre large et généreuse dans ses concessions

| pacifiques, plus aussi elle déploie d'énergie,

quand il lui faut protéger ses prérogatives di. vines el imprescriptibles, contre la violence ou l'hypocrisie.

Elle accomplissait donc jadis un devoir sacré de légitime défense, quand elle déclara retranché de son sein par l'excommunication, quiconque, parmi ses enfants même couronnés, oserait porter une main sacrilége sur ses ministres, ses temples, ses propriétés, ou qui entraverail le libre exercice de sa divine jurisdiction.—Et ces dispositions du vieux Droit canonique viennent d'être confirmées et renouvelées au mois de décembre dernier, par une Lettre apostolique du sage et doux Pie IX. (1)

Nous permettra-t-on de formuler ici notre pensée sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat dans notre chère patrie ? Comme il n'existe point de Concordat explicite et complet entre les deux Puissances, c'est au vénérable Corps Episcopal de la Province, squs la haute direction du Souterain Pontife, qu’il apparent, ce nous semble, de juger quelles concessions il est expédient de faire, et quels droits il est

4 Red : | opportun de réclamer, selon les occurrences nances de son Conseil d'Etat, d'un Gouver- | °P! ' $ sun à ) vi à ? à (jour S Arieure. | à à , .

neur de Province, ou d'une Cour Supérieure, | doute, jamais nous ne pourrons trop étudier,

pour le plus grand bien de la Religion. Sans

| dans les sources pures des Actes Pontificaux,

les saintes et nobles doctrines de l'Eglise sur les questions politico-religieuses ; jamais nous n’aurons un zèle trop ingénieux pour répandre

tions. Mais voici que le Concile du Vatican, dont l'aurore nous fait tressaillir d'espérance, ne tarilera pas à lancer ses rayons sur le monde entier, et à dissiper ce qui reste d’obscurité dans les âues vraiment catholiques. Bientôt nos Evêques sortiront tout radieux de ce foyer de lumière, de sagesse et de vie, pour venir reprendre le gouvernement de leur troupeau bien-aimé.—Ne serait-:l donc pas expédient de leur laisser toute l'initiative, ou du moins de réserer à leur contrôle paternel, les ardentes aspirations qui pullulent du zèle de la justice et de la vérite, quand on s'y abandonne sans mesure ?

[1] La Constitution Apostolicæ Sedis, à laquelle nous faisons a lusion, est datée du 12 octobre 1869,

te 0 eile n'a été promulguée que deux mois plus

ce que nous ir: que {a Foi ne un dogme dance de l'E.

S inléréls cler-

ment à des e récomhense ues priviléges plus souvent, concessions, >s, au moyen . Conventions hire inviolable ulles, elle ne tree à aucune 16, en ce qui plus elle ge S concessions pie d'énergie, érogatives di.

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is un devoir elle déclara imunication, éme couron- ‘ilége sur ses riôtés, ou qui divine juris- Vieux Droit 166$ et renou- Ir, par une x Pie IX. (l) ler ici notre et de l'Etat e il n'existe mplet entre érable Corps haute direcbparlent, ce Cessions il lroits il est )CCurrences, gion, Sans ‘0p étudier, Pontilicaux, Eglise sur Jamais nous ur répandre nes Convic- U Vatican, ‘espérance, sur le mond’obscuriues. Bienlieux de ce vie, pour e leur trou.

pas expétive, ou du iternel, les du zèle de s'y aban-

À laquell iabre 1869, mois plus

8 XIIT.—Raisons que l'on ullègue pour jus- Lifier l'intervention de l'aulorité séculière dans les choses ecclésiasliques.

Les documents légaux de l'affaire Gu'bord en suraboudent ; qu'il suMise d'en recveillir et d'en di-cuter quelques-unes :

lo. L'aulorilé séculière est loujours intervenue dans ces sorles de queslions :—Si l'on veut affirmer un Droil, c'est une doctrine hérétique, car les prérogatives de l'Eglise sont imprescriptibies ;—si l'on prétend constater un Fail, c'est une assertion historique, qui contient un fond de vérité, mais qui, grâce à Dieu, est bien exagérée,

20. L'aulorilé séculière doit proléger tous | les dr'oil, du ciloyen :—Tous ses droits civils el politiques, d'accord ;—Tous ses droits r'eligreur ; 11 faut avant de répondre dissiper toute équivoque: si vous failes consister celte Proleclion à soutenir des enfants drsobéissants contre l'autorité des chefs de la famille | religieuse, et à contraindre ceux-ci à rendre compte de l’exercice de leur puissance surnaturelle, oh ! alors, de grâce, appelez les choses par leur nom ; ce n'est plus qu'une Oppression, d'autant plus amère, qu'elle est cachée sous un pretexte dérisoire! Mais si vous prenez le mot Proleclion dans la signitication | que le sens commun y attache, c'est-à-dire | pour le concours loyal du pouvoir séculier, à l’eflet de procurer que les lois et jugements de l'autorité spirituelle soient observés par | tous ceux qui font profession de reconnaitre | cette même autorité, à la bonne heure, rien de | plus noble et de plus louable; mais aussi | rien de plus éloigné de l'Inlervention de l'Etat ; dans les questions ecclesiastiques.—Eh quoi! | l'Institut Canadien de Montréal a le droit de | frapper de l'ercommunication majeure, c'est- | à-dire de retrancher de son sein, quiconque | néglige de payer sa contribution annuelle: sans | que l'Etat s'avise d'intervenir pour protéger le proscrit;—notre Législature, en incorporant Journellement des associalions éphémères et insigniliantes, approuve et protège leurs Ré. glements ! Y aurait-il donc une exception unique, contre l'Eglise Catholique, la plus an- | cienne, la plus solide, et la plus considérable des Corporations du Bas-Canuda ?

30, L'Eglise ne peut condamner une Associalion approuvée par l'Elal.

Bien qu'il nous paraisse impossible que l’on parle ainsi sérieusement, néanmoins nous prendrons la peine de répondre:—que l'Eglise a | le droit de défendre à ses enfants d'entrer ou de demeurer dans une association, quand elle la juge mauvaise ou dangereuse ; et qu’elle peut même condamner cetle societé comme anti- | catholique,sans que l'Etat se croie aucunement | blessé, Autrement on ne pourrait plus sans | manquer de respect à l'autorité civile, blâämer | un catholique qui voudrait s’affilier à une au-

40. Les PARLEMENTS FRANÇAIS ONT CONNU AU TREFOIS DES LOIS ET SENTENCES ECCLÉSIASTI- QUES.

Qu'on veuille bien relire la réponse faite, il y a quelques instants, à la première objection. Nous y ajouterons quelques autres considérations spéciales.

lo. Les Magistrats qui composaient ces Cours «te Justice, étudiaient beaucoup moins les sources pures de l’enseignement traditionnel de l'Eglise, que le texte et les commentaires du Droit Romain, qui, n'ayant jamais été que superticiellement moditié par l'esprit du Christianisme, avait adouci sans l'effacer, le vieux principe païen, d'après lequel César,

| revêlu non-seulement de la aignit- impériale,

mais encore du Pontilicat Suprème, étendait son pouvoir absolu et arbitraire sur les corps et sur les âmes.—Parmi ces magistrats et ces légistes, quelques-uns, imbus de jinsénisme et de philosophisme, n'avaient de catholique que le nom; d’autres, il est vrai, nourrissaient un certain fond de foi et de soumission à l'Eglise, qu'ils s’efforçaient de concilier avec les principes césariens dont ils étaient saturés. Ce fut ainsi que les Parlements français se créèrent un système bâtard et incohérent, baisant les pieds de l'Eglise, et lui garrollant les mains; la vénérant comme leur mère, et prétendant la réduire en curatelle; la proclamant Juge Suprème en matière de doctrine, et défendant

| aux fidèles de recevoir une Bulle dogmatique,

avant qu'elle fûl enregistrée en Parlement ; la reconnaissant pour la dépositaire d’une autorité infaillible, et invoquant contre elle le jus cavendi; honorant les prêtres comme les dispensateurs des trésors célestes, et les condamnant à porter leS. Viatique, escortés de quatre hommes de police, à des schismatiques obstinés {—Quel bizarre tissu de contradictions!

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