‹ Réflexions d'un solitaire (volume 4)Chapitre 12 sur 98 · LE TACT · texte numérisé non relu

LE TACT

Et surtout moi; car c'est en tombant, c'est en empruntant ma faculté conjonctive que vous existez tous. Vous êtes tous, ainsi que moi, dans la tête de l'animal; mais chez lui, un sens n'est qu'un sens. Il ne voit que par les yeux, n'entend que par les oreilles, n'odore que par le nez, ne goûte que par la bouche. Moi seul (le tact), je suis universellement répandu par tout son individu; c'est une prééminence qu'on ne peut me contester d'ailleurs. Rappelez-vous ce qu'on voit, ce qu'on dit, ce qu'on fait ici, vous serez convaincus. En effet, est-il une satisfaction plénière sans moi? Voir, entendre l'objet de ses ardeurs, sentir, goûter les plus douces émanations, ne sont que les biens préliminaires; il faut en venir à moi pour arriver au plaisir vrai. Vous ne servez, Messieurs, qu'à fomenter les désirs que moi seul j'ai le droit d'assouvir. Vous êtes tous mes initiatifs, des ambassadeurs qui faites désirer ma présence.

TOUS LES SENS, excepté LE TOUCHER.

Ce qu'il dit feroit soupçonner qu'il est un sixième sens qui nous réunit, qui nous possède tous.

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