‹ Réflexions d'un solitaire (volume 4)Chapitre 7 sur 98 · FONTENELLE · texte numérisé non relu

FONTENELLE

... Sans doute, Messieurs, l'Opéra est le pays des sensations; mais, d'abord, je dirai que l'odorat n'a que faire ici ; nous pouvons le retrancher pour le reléguer et en parler dans un festin, ou à la toilette d'une jolie femme.

DIDEROT (encore jeune).

Ah! Monsieur de Fontenelle, on voit bien que vous n'avez jamais réfléchi sur vos sensations en entrant dans cette salle, et que vous n'avez pas pénétré dans le sanctuaire mythologique, j'entens les loges des actrices et des acteurs, les coulisses, les corridors intérieurs où l'encens des sacrifices, les essences, le salpêtre même qu'on brûle pour annoncer Jupiter tonnant, la fumée des lampions... Tout ce mélange entretient ici, en tous temps, certaine odeur d'opéra que l'imagination rend fort extraordinaire, quand on songe à tout ce qui se fait dans cet Olympe fantastique.

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