‹ Réflexions d'un solitaire (volume 5)Chapitre 70 sur 97 · SUR LE TEMPS QU'IL FAUT POUR OUBLIER SES PEINES · texte numérisé non relu

SUR LE TEMPS QU'IL FAUT POUR OUBLIER SES PEINES

Les traces du chagrin doivent s'effacer brièvement dans l'enfance et la vieillesse. Dans le premier âge, les organes de la sensibilité ne sont pas confectionnés; dans le dernier, ils ont perdu une partie de leur force active et vitale. Ce n'est donc qu'au bel âge qu'appartient le droit de savourer vivement le plaisir et de ressentir amplement les peines.

La vieillesse sent peu, ou prend son parti sur cent choses, puisqu'elle doit le prendre sur les angoisses qui annoncent sa fin. La jeunesse, qui sent sa force ascendante, se mutine contre la douleur. Elle a, dit-on, la force pour souffrir; non, c'est pour jouir; la douleur lui semble injustice de la nature. Pourquoi me faisois-tu naître? lui dit-elle, même quand elle paye les excès de ses pères.

Aux deux extrêmes de la vie, l'instinct de l'homme se montre assez dans le choix de ses alimens ; enfant, il boit du lait, vieillard, du vin et de l'eau-de-vie. C'est par analogie avec les humeurs de ces deux âges que cet instinct existe. Les humeurs sont douces, laiteuses dans l'enfance ; elles sont acres dans la vieillesse. Le lait n'auroit pas assez d'action sur un corps dur, l'eau-de-vie déchireroit les substances molles de l'enfance ; d'où

est venu le proverbe : le vin est le lait des vieillards. Cependant, un homme m'a dit qu'à défaut de nourrice, il avoit été élevé, chez son aïeul, ancien officier de marine, uniquement avec du vin de Bordeaux, et cet homme est fort, nerveux et jamais malade. Tout est pesé, compensé, proportionné dans la nature. Une peine vive, un plaisir vif ne peuvent exister et ne peuvent être ressentis que par les organes qui les donnent; d'où il résulte que la proportion des peines et des plaisirs est toujours en raison des facultés organiques qui nous constituent. L'enfant et le vieillard périroient s'ils pouvoient jouir et souffrir au-delà de leurs forces ; la mort subite des individus trop affectés de peines ou de plaisir ne provient que du manque de proportion entre les organes et la commotion reçue. Donc, la nature a tort dans ce cas, pourroit-on dire. — Non, car ce n'est que par une force, une prévention morale, que ces commotions extraordinaires tuent l'individu; les bêtes, en général, ressentent peu les peines morales, et moins que nous celles physiques : n'ai-je pas vu un serin chantant gaiement son air, perché sur la tête de sa maîtresse morte et ensevelie !

Votre enfant, votre amante se noyent ou sont écrasés sous un char à vos yeux; ces catastrophes malheureuses sont morales; la nature ne pouvoit y parer sans vous nuire davantage ; il auroit fallu qu'elle nous dotât de la faculté de prévoir l'avenir, pour nous préserver des malheurs présens ; un de ses premiers miracles (miracle de bonheur et de malheur) est de nous faire vivre au jour le jour, en croyant que demain nous appartient comme hier et aujourd'hui. C'est pour nous laisser jouir en paix du présent qu'elle jette un voile sur l'avenir; elle ne pouvoit nous constituer autrement sans nous rendre malheureux ; elle nous donne aussi l'oubli du passé; en nous changeant nousmêmes, elle change forcément nos regrets en indifférences. Le temps de tout console; nous pleurons aujourd'hui l'objet de notre amour parce qu'il fait notre félicité actuelle, parce qu'il contribue à satisfaire notre passion dominante, notre besoin le plus urgent; mais ce besoin s'oblitère avec les organes qui le sollicitoient, et la douleur se change en regrets vagues et généraux du passé; disons plus : ce qui nous étoit jadis si nécessaire, nous seroit nuisible aujourd'hui, et l'on sent enfin que si l'objet

regretté nous étoit rendu, il ne pourroit l'être avec le charme qui nous le faisoit aimer et préférer à tout; il ne seroit plus que le confident de nos plaisirs passés, il ne pourroit influer sur notre bonheur ni présent ni à venir. Mais que de tourmens il faut souffrir, dira-t-on, avant d'arriver à cette métamorphose physique qui, à l'aide du temps, rend les maux supportables! Est-il bien sûr que ce soit l'objet même de nos chagrins qu'on regrette? N'est-ce pas aussi, et plutôt, les florissantes facultés dont nous jouissions alors, que nous regrettons aujourd'hui? On ne peut faire un pas dans le labyrinthe des passions de l'homme sans rencontrer son égoïsme ! Revenons. La condition de l'homme est de souffrir plus que les autres créatures, mais il a aussi plus de jouissances ; la sensibilité n'est qu'une pour la peine comme pour le plaisir ; avec les avantages d'une chose, il faut forcément recueillir ce qu'elle a de désavantageux.

Si vous possédez un trésor, vous aurez la peine de le surveiller, mais que seroit-ce qu'un plaisir permanent ou une douleur constante? Tout homme ne sent-il pas que cette situation d'âme est pour lui hors nature? Que seroit-ce que la faculté de prévoir l'avenir, dont nous parlions tout-à-1'heure? Les dieux mêmes du paganisme s'étoient soumis au destin pour éviter la monotonie d'un bonheur sans fin, et toujours pareil. Quelle seroit l'existence de l'homme, s'il pouvait prévoir et compter les événemens inévitables qui l'attendent? La certitude d'un mal à venir le rendroit insensible à tous les biens actuels. L'espoir (le plus grand des consolateurs) lui seroit ôté ; pourroit-il jouir

Ien calculant les jours, les instans qui le rapprochent d'un mal assuré? Alors, il lui faudroit aussi son destin pour le soumettre; et, tout calculé, il est plus heureux dans sa frêle existence passagère, en se leurrant d'espérance, que de lire dans le livre des destinées les maux qui l'attendent. Qui voyons-nous de plus heureux dans ce monde? Est-ce l'homme instruit, sensible à l'excès, qui se forme un avenir du passé et du présent? Est-ce le bon réjoui qui roule bonnement son corps en prenant sa part des plaisirs et des festins de tout le monde? Le choix n'est pas douteux. Revenons aux causes.

Notre sensibilité provient des nerfs; ils nous donnent des sensations comme les cordes tendues sur un instrument de

musique donnent des sons; des sons faibles et aigus si la corde est mince, forts et graves si elle est grosse et tendue en proportion de la grosseur. C'est donc en proportion de la tension de nos nerfs, plus ou moins forts, que nous ressentons les impressions. Si la peine est subite, vive et poignante, la commotion peut être mortelle ; si elle est légère, elle n'est que passagère. Aussi pouvons-nous calculer par la secousse première de nos nerfs, à l'instant que nous la ressentons, combien de temps se fera sentir en nous l'impression d'une peine légère ou d'un violent chagrin. Oui, ayant expérimenté notre genre de sensibilité, nous pouvons prédire, au moment de l'affection, combien de jours, de semaines, de mois, et même d'années, l'affection nerveuse se fera sentir chez nous.

Est-il un supplice pareil à celui de l'individu sensible forcé de vivre avec ces gens à gros nerfs, qui se jouent des êtres délicats par tempérament qui leur sont assujettis, et que si peu de contradiction affectent ? Fuyez-les, âmes tendres, ce sont vos bourreaux et souvent sans croire l'être; ils vous jugent par eux; et, pour émouvoir leur sensibilité, ou plutôt leur insensibilité, il leur faut des secousses majeures ; tandis que, votre âme correspondant avec toute la nature animée, vous participez aux impressions douces ou pénibles de tout ce qui respire. Combien nous serions plus heureux si l'affection de nos nerfs ne se prolongeoit pas plus que la résonance des sons! Mais que savonsnous si le son qui frappe l'air près de nous ne se communique pas au loin? Puisque l'air forme partout une pleine continuité, que savons-nous si l'air, frappé dans un endroit quelconque, ne communique pas de proche en proche son mouvement, en circonvallation, jusqu'aux bornes de notre atmosphère, et si, peut-être, il ne traverse pas les régions éthérées (i)? Tu connois donc, ainsi, les mouvemens les plus secrets de nos cœurs, Etre suprême, si ton trône occupe le centre de l'univers.

Pourroit-on vivre, dira-t-on, si l'on ressentoit vivement les peines des autres comme les siennes propres? Non, sans doute ;

(i) Il est inutile d'insister sur le caractère hautement fantaisiste de cette hypothèse. Si les fracas de la foudre ou de l'artillerie franchissent des distances considérables, les ondulations aérienne» régulières d'où naît le son, plus ou moins amples d'après la force d'ébranlement, s'éteignent à une médiocre distance du lieu d'origine.

mais aussi , el les ne sont pas ressenties par nous comme les nôtres ; je crois l'avoir dit quelque part : les peines des autres sont pour nous comme l'écho est au son ou au bruit; c'est-à-dire qu'en proportion de l'intérêt que nous prenons au bonheur ou au malheur de nos amis, de nos proches ou de notre prochain, c'est pour nous une impression en perspective, comme le son de l'écho plus ou moins éloigné (1).

Combien nous tenons, nous dépendons de notre mère naturel Il semble, à nous entendre, qu'elle soit faite pour nous, tandis que c'est nous qui sommes faits par ou pour elle : nous sommes, en vérité, comme des enfans qui croiroient avoir engendré leur père.

Disons encore que la sensibilité diffère dans les deux sexes. L'homme constitué fortement, respectivement à la femme, veut être frappé plus fort qu'elle, pour recevoir pareille impression. L'injure, qui fait sourire de pitié l'homme robuste, fait verser des larmes à la femme tendre. Au moral, l'homme agit rondement; il seroit sans défiance si jamais il n'eût été trompé. Être femme et fine est à peu près même chose. Après avoir usé d'une finesse trompeuse, si elle est déçue, elle en ajoute une seconde pour cacher la première, une troisième pour dissimuler les précédentes, et ainsi de suite. Ce tissu, aussi fin que la toile d'araignée, échappe aux regards de l'homme, qui n'est jamais plus lourd que quand il veut lutter de finesse avec la femme. Dans sa bonhomie, il aperçoit bien qu'on le trompe ; il reste comme suspendu entre la vérité et le mensonge; mais, ne se sentant pas l'esprit assez délié pour convaincre, il se trouve comme dans un pays dont il n'entend pas la langue ; il reste sans preuves et demande grâce au lieu d'accorder le pardon.

Dans la théorie et la pratique de la finesse, l'homme est donc fort au-dessous de la femme; il en devoit être ainsi à l'égard de celle qui inspire l'amour, d'où résulte la régénération de l'espèce humaine. La finesse du tact féminin discerne d'un coup d'oeil si tel homme a les qualités requises pour donner un résultat utile.

(i) A propos d'écho, je relève ici une faute qui se trouve dans mes Essais sttr la musique. J'y dis qu'en Ecosse, il y a un écho qui répète à la quarte. Le livre où j'ai lu ce pamge, ou la personne qui me l'a communiqué, se trompe, je pense; on a voulu dire : qui répète quatre fois, ce qui est bien différent. (G.)

« Cet homme me déplaît », dit la jeune fille qu'on veut marier de force; un jour, une conversation lui suffit pour juger son homme, pour juger si tel être possède ou ne possède pas les rapports intimes qui lui plaisent ou lui déplaisent, et que la nature exige pour son profit. Si le moral entraîne le physique, si le faste, l'opulence, les dignités, les décorations de l'homme la séduisent et la décident, son existence vaniteuse peut la consoler, mais ses soupirs attesteront les véritables sentimens de son âme, quand on lui chantera les vers qui disent :

Ce sont les nuits heureuses Qui font les beaux jours.

En général, avec de l'or on a la femme qu'on désire; mais c'est un corps sans âme qu'on achète; l'âme est sans prix ; son essence est tout au-dessus de la matière, et elle s'enfuit quand cette dernière croit l'assujettir à ses loix grossières. Le philosophe d'Athènes disoit avoir possédé Laïs sans que Laïs l'eût possédé. Combien de fois les femmes pourroient nous dire aussi : « J'ai ton nom et ton or, cependant, mon âme ne sera jamais en ta possession. » Laïs disoit peut-être aussi en lorgnant son philosophe : « Je te force à me rendre les armes et tu ne me posséderas jamais. » Le philosophe plaçoit sa vanité au matériel, et la courtisane étoit le vrai philosophe, qui n'obéit qu'à la nature. Mais quoique la nature ait sur nous, en général, une force invincible, il est cependant des cas où le moral nous force à lui résister. Rousseau dit, dans Emile, qu'il faut donner pour époux à la jeune fille l'homme qu'elle aime, fût-ce le fils du bourreau. L'homme qu'elle aime, oui ; mais quant au reste, rien de plus outré que cette proposition, à laquelle j'ajoute ce correctif : père et mère, si votre fille s'amourache de cet homme avant de connoître son état, conduisez-la à la place publique le jour que son amant brisera les os de son semblable, et si, après l'exécution, elle persiste dans son tendre penchant, croyez que Messaline a voit plus de pudeur et d'humanité que le monstre femelle auquel vous donnâtes le jour. Il n'en fallut pas tant à la jeune Angloise dont j'ai parlé ailleurs; elle s'étoit éprise de Garrick jouant le rôle d'un homme aimable; elle fut guérie en lui voyant jouer celui d'un ivrogne.

On peut faire deux sortes d'observations sur le sentiment nerveux de la femme, où se trouvent force et foiblesse alternativement. Voici comment j'entens ce phénomène. Ayant plus de sensibilité que l'homme, la femme doit se passionner plus et plutôt que lui; ses nerfs lui commandent, elle ne peut leur résister; et, par la même raison de cette facile exaspération provenant de sa foiblesse, elle tombe dans l'abattement sitôt après l'accès. Tant qu'elle a la fièvre de l'action qui l'occupe, elle est plus forte que l'homme ; mais après, elle est infiniment plus foible ; elle est tout ou rien ; c'est un lion qui se trouve mal chaque fois qu'il a combattu; violente ou lâche, fidelle ou inconstante, passant d'un désir à l'autre, mais toujours de bonne foi, ayant la conscience de ce qu'elle veut, de ce qu'elle sent, et cependant, malgré ces variations, plus déterminée que le commun des hommes, qui souvent balancent entre deux volontés. Le contrepoids de sa raison étant plus solide, il en doit être ainsi; il retient l'impression de ses nerfs; ils veulent, dit-il, et moi je ne veux pas; son âme plus forte sait apprécier, différencier, et concilier le physique qui voudroit commander avec la raison qui l'emporte. La femme emportée n'est plus elle, c'est la nature délirante. Telles étaient les Sibylles qui voyoient dans l'avenir ; telles étoient nos prêtresses gauloises. Au midi comme au nord, c'est toujours des femmes qu'on prend pour deviner ce qui sera ; tant mieux si elles réussissent ; mais on ne doit pas trouver étonnant qu'un état convulsif et délirant, qui est de l'essence du sexe, qu'un état d'âme qui abstrait toute convention morale, les laisse tout entières à la nature. Cette reine des prodiges est seule alors; sans résistance aucune, elle obéit aux questions qu'on lui fait. L'art des prêtres de Delphes, celui de nos magnétiseurs n'est autre chose que le moyen de communiquer à la femme une force double, soit en la tourmentant avec excès, ce qui met en effervescence et comme en ébullition son sang et ses humeurs, soit qu'on la pénètre de telles substances métalliques, soit enfin que l'homme, plus vigoureux qu'elle, lui souffle, pour ainsi dire, son âme dans la sienne. Alors, parvenue à une autre existence, elle parle, s'explique, quelquefois énigmatiquement, mais ses éclairs de vérité peuvent être très conséquents. C'est

une femme, je le répète, que nos magnétiseurs choisissent pour opérer; peu d'hommes sont propres à cette expérience physique. Voici sur cet article un fait qui me concerne :

A Lyon, pendant la Révolution de France, l'abbé Rozier(i), chez lequel je demeurois, voulut me conduire chez une comtesse que son médecin magnétisoit, pour qu'elle révélât ce qui se passoit à Paris dans ce temps d'orages politiques. L'abbé désiroit que cette dame s'expliquât sur la cause et le danger de mon crachement de sang habituel. Nous arrivons dans un salon très peu éclairé, et rempli de curieux. Je vois la dame seule, assise dans un fauteuil ; c'étoit une femme d'environ trente ans, maigre, pâle et encore jolie, que sa fortune ne rendoit pas suspecte de jouer le rôle de devineresse pour gagner de l'argent. Voici, à mon sujet, le colloque qui eut lieu entre la comtesse et son magnétiseur. Après m'avoir approché de la pythie : «Vous voyez, lui dit-il, Madame, un homme intéressant pour les arts; il est sujet à un crachement de sang qui se renouvelle souvent : est-il dangereux?» Silence, qui fut suivi d'un non bref. — « Dans quel endroit le vaisseau est-il déchiré?» Long silence ; après quoi, la pythonisse lève les yeux, qui étoient troublés comme ils sont dans le délire des passions, ou quand nous sommes prêts à rendre l'âme ; elle soulève une de ses mains et montre sa poitrine à environ quatre épaisseurs de doigt au-dessous du cou, en disant : « Là. » — «Y a-t-il du remède? » Silence, et point de réponse. Même question répétée ; même silence. — « D'où lui vient cette maladie?» Long silence, en remuant la tête de droite à gauche ; puis elle dit : « Il va trop vite, il va trop vite », articulé très rapidement.

Hommes infatués de votre savoir, riez, moquez-vous d'aperçus physiques que vous ne concevez pas plus que nous : mais, au fait, sachez que ce dédain n'explique que votre suffisance. Hommes instruits qui savez combien nous sommes loin de pouvoir pénétrer tous les secrets de l'immense nature, voyez,

(i) L'abbé Jean Rozier, né à Lyon en 1734, se fit en France une réputation méritée par ses études et ses travaux sur l'agriculture. On lui doit un Cours d'agriculture, en dix vol. in-8°. La cour de France l'avait nommé au prieuré de Nanteuil-le-Hardouin. Quand la Révolution éclata, il retourna à Lyon, où il fut nommé curé constitutionnel d'une des paroisses de cette ville. C'est alors qu'il connut Grétrv, qui avait loué chez lui un appartement. Bientôt après, en 1793, il fut tué, dans la rue, par une bombe.

observez, expérimentez, et % croyons qu'il y a pour nous à apprendre dans le grand livre cent mille fois au-delà du terme de notre vie. Mais à qui osai-je faire cette observation ! Hommes instruits, hommes illustres, vous n'avez nul besoin de cet avertissement ; la crainte que vous montrez d'affirmer ce dont vous n'êtes pas sûrs ; votre modestie, en possédant plus de savoir que cent impudens qui tranchent sur toutes choses, vous font assez connoître et respecter de ceux qui sont dignes de vous apprécier et de vous admirer.

^&ij$i

IMMlKVllMlVïIITVlttVriY

iiïxinnmnnini iiittit^

»'"»""""■ miiuiiKvllim nmiiiininnii

Page 1